Bilan

Le roi du bagel se met au hamburger

En vingt ans d’existence, l’enseigne Edward’s a ouvert 5 points de vente à Genève et vendu plus de 5 millions de sandwichs. Entretien avec son fondateur Edouard Ragueneau.

Edouard Ragueneau, fondateur et CEO d’Edward’s.

Crédits: Christophe Michaud/Legangmedia

«Nous avons réalisé un été fantastique, avec 400 couverts par jour quand il faisait beau le dimanche», s’enthousiasme Edouard Ragueneau, fondateur et CEO de l’enseigne de restaurants de sandwichs sur mesure Edward’s, à propos de son dernier-né, sa première arcade située sur la rive droite de Genève, au 16, rue du Mont-Blanc. Alors qu’Edward’s va célébrer ces prochains jours son 20e anniversaire, son fondateur a accepté de revenir sur son parcours, sachant qu’il a failli céder sa société à des tiers voici un peu plus d’un an.

Ce fils d’un directeur général d’IBM France a vécu quelques années à New York. C’est là qu’avec ses camarades du lycée français il a découvert la chaîne Jackson Hole avec ses fameux hamburgers sous cloche, dont la particularité est de rester moelleux, ainsi que la chaîne House of Bagels. Après être revenu pour passer son bac à Paris et diverses hésitations quant à la suite à donner à sa formation, il opte en 1991 pour l’Ecole hôtelière de Lausanne. Un choix qu’il ne regrettera jamais. Il jouera au sein de l’équipe interne de rugby, devenue championne de Suisse, et va ainsi fraterniser avec Jonathan Stent-Torriani, le CEO et cofondateur de Newrest (28  000 salariés), ou encore Claude Membrez, le directeur général de Geneva Palexpo.

Ce passionné de rugby (et grand amateur de pêche à la mouche) a gardé plusieurs clés de management, comme la règle qui consiste à ne pas tirer la couverture à soi. «Vingt ans après, je continue de tourner entre les différents points de vente pour rencontrer mes équipes. Même si j’ai une entière confiance en mes managers, qui ont entre six et quinze ans d’ancienneté. J’ai toujours écarté les gens trop égoïstes.» Il prend garde à entretenir un bon état d’esprit au sein de sa PME. Pour y parvenir, il ne se contente pas d’appliquer la CCT: il accorde l’intégralité des vacances demandées.

Après son passage à l’EHL, Edouard Ragueneau décroche son premier job en tant qu’assistant food & beverage au Méridien du Caire. A son retour d’Egypte, il devient responsable du Restaurant Lina’s à Neuilly, une enseigne devenue incontournable qui a réussi à prouver que le sandwich peut être autre chose que de la malbouffe. Effaré par le chiffre d’affaires réalisé quotidiennement, il décide de se lancer et vient s’installer à Genève. Ouverte le 2 mai 1996, sa première arcade, rue du Vieux-Collège, atteindra le seuil de rentabilité en à peine deux mois! 

4,4 millions de chiffre d’affaires

Avec l’ouverture le 24 décembre dernier de son 5e point de vente, l’enseigne Edward’s devrait pouvoir réaliser un chiffre d’affaires annuel de quelque 6 millions de francs, cela avec 40 employés (dont 9 postes créés grâce au point de vente du Mont-Blanc). «Depuis nos débuts, nous avons un chiffre d’affaires cumulé de 71,55 millions de francs. Notre record annuel, avec quatre points de vente, a été atteint en 2014 avec 4,4 millions», indique Edouard Ragueneau. Concrètement, cela a représenté la vente de 5,565 millions de sandwichs de toutes sortes, y compris 1,113 million de bagels.

A l’occasion de ses 20 ans, il a décidé, avec son associé Jean-Pierre Bussaume, de proposer désormais également des hamburgers. Le tout avec des des sauces maison. «Une sauce barbecue, c’est 19 ingrédients et quatre heures de cuisson», insiste-t-il. Outre un site internet dédié à la livraison, il peaufine un projet de food court pour une banque de la place. Qui a dit: Edward’s aux mains d’argent? 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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