Bilan

Le Prix Strategis voit toujours plus grand

Pour cette dix-huitième édition du Prix Strategis, elles ont été 31 start-up à tenter leur chance. Et pour se distinguer les unes des autres, leurs dossiers devaient répondre à trois critères déterminants: l’innovation, la viabilité économique et le potentiel d’expansion à l’international de l’entreprise. Etant donné la grande qualité des candidatures, le jury, composé de douze personnes dont le rédacteur en chef de Bilan, a désigné quatre finalistes au lieu des trois habituels: Poken, NexThink, Secu4 et Crysalix. Le nom du gagnant sera annoncé début novembre lors d’une cérémonie officielle à Lausanne.

Depuis que l’association HEC Espace Entreprise de l’Université de Lausanne, formée d’une vingtaine d’étudiants fascinés par l’entrepreneuriat, cherche chaque année à récompenser une jeune start-up romande au fort potentiel de croissance, le Prix Strategis se veut être aujourd’hui une référence en matière de soutien à la création d’entreprise. Pour s’en convaincre, il suffit de se référer aux anciens lauréats qui ne sont autres que JobUp, LeShop ou encore Sensometrix, vainqueur en 2009. Une année qui a vu pour la première fois le gagnant toucher un chèque de 50 000 francs, grâce notamment au soutien de sponsors comme Philip Morris International et Deloitte, et remporter encore un accompagnement de Genilem pour une durée de trois ans. Quant aux autres finalistes, ils reçoivent des prestations en conseils et coaching ainsi qu’un bon en média training offert par Bilan. Les quatre lauréats de l’édition 2010 sont:

SECU4 L’alarme de poche contre les vols et pertes d’objets personnels.

Ralph Rimet CEO de Secu4 entreprise qu’il a fondée en 2007 à Sierre.

 

C’est à l’aide d’un boîtier de la taille d’une carte de crédit, d’une application sur le téléphone portable et de la technologie Bluetooth que Secu4 aide à se prémunir contre le vol ou la perte d’objets comme son ordinateur, son téléphone portable ou encore son portefeuille. Un outil de protection à la fois simple et pratique d’utilisation conçu par Ralph Rimet, CEO et fondateur de la strat-up implantée à Sierre.

Il suffit d’insérer le BlueWatchDog (BWD) dans son sac à main, au fond de son porte-documents ou dans l’objet à protéger et d’envoyer un simple SMS sur son téléphone mobile pour activer le système. Si l’objet s’éloigne à plus de 10, 20 ou 50 mètres, le téléphone sonne puis affiche un message d’alerte et quelques secondes plus tard une alarme de près de 100 décibels s’enclenche pour protéger l’objet et encourager un voleur à s’enfuir. Il est également possible d’utiliser le système sans alarme en programmant la fonction vibrante pour vous signaler l’oubli d’un sac à main sur la table d’un café. De par la qualité de son dispositif, Secu4 va entrer prochainement dans le monde très sélectif des accessoires Apple avec une version du BWD spécifique et compatible avec l’iPhone et l’iPod. D’ailleurs, pour le géant américain, ce système est une des innovations les plus excitantes et désire les aider ardemment à communiquer.

La PME compte actuellement 6 employés dont l’ancien directeur marketing de Logitech Breandon Mac Ferran, qui vient d’être engagé. En 2012, la start-up désire étendre sa ligne de produits avec le BlueWatchGPS (protection de biens et personnes via la géolocalisation, utile par exemple pour les clés) et prévoit pour 2014 la mise au point de BlueWatchKid (protection de proximité des enfants ou de personnes). Après un ralentissement de ses ventes en 2008, l’entreprise envisage d’écouler 500 000 unités au cours de ces cinq prochaines années sur les marchés européen et nord-américain ainsi que 150 000 pièces en Asie. En 2009, Secu4 a fait partie des 100 entreprises à plus fort potentiel de croissance au monde selon le dernier classement de la société américaine Red Herring.

POKEN Le leader des cartes de visite virtuelles

Stéphane Doutriaux Patron de Poken, start-up créée à Lausanne en 2008.

 

Fondée en 2008, cette start-up lausannoise, employant aujourd’hui 23 personnes, est dirigée par Stéphane Doutriaux, un entrepreneur d’origine québécoise dont le but avoué et assumé est de faire de sa société «le nouveau Logitech». La force du Poken réside dans sa capacité à échanger rapidement et en toute sécurité des informations avec un autre détenteur de cette carte de visite digitale de la taille d’une clé USB qui peut facilement s’accrocher à un porte-clés. Pour y parvenir, il suffit de rapprocher un Poken de l’autre. Non seulement cette technologie, développée en collaboration avec l’école technique de Bienne, donne la possibilité de se transmettre les habituels noms, numéros de téléphone et adresses, mais elle crée aussi un lien direct vers les réseaux sociaux auxquels sont inscrits les utilisateurs. Toutes les données sont ensuite acheminées sur la plate-forme Internet PokenHub pour en faciliter la gestion, la circulation et l’utilisation.

En transformant ainsi une cartothèque laborieuse à gérer en un carnet d’adresses électronique mis à jour en quelques secondes, l’entreprise a connu le succès. Elle a vendu 400 000 Poken au prix de 20 francs dans plus de 30 pays au cours de ses douze premiers mois d’exploitation. Ce qui a généré un chiffre d’affaires de près de 3 millions de francs en deux ans. Puis la PME, distinguée par de nombreux prix, a bénéficié d’une renommée au plan mondial avec plus de 1000 blogs et a été qualifiée de start-up prometteuse par des médias tels que le Washington Post, CNN ou encore Fox News. Elle a également reçu le soutien financier de divers organismes, dont un prix de 850 000 francs de la part du Gouvernement suisse en 2009. La société lausannoise a encore séduit Swisscom Venture, qui y a investi près de 2 millions de francs, ainsi que la marque de jeans italienne Angel & Devil qui a intégré la technologie Poken dans sa collection 2011.

NEXTHINK Le logiciel qui maîtrise et contrôle un parc informatique.

Pedro Bados et Vincent Bieri Le CEO de NEXThink avec le vice-président en charge des ventes.  

Lancée en 2005 au sein du laboratoire d’intelligence artificielle de l’EPFL, NEXThink a très vite démontré ses compétences dans le domaine de la gestion des ressources informatiques. Sa technologie NEXThink V3 permet de découvrir rapidement les dysfonctionnements de chaque poste de travail, mais également d’analyser des données ou de réaliser des statistiques. Elle arrive ainsi à reconnaître les versions installées sur les postes, la fréquence d’utilisation des logiciels, la correcte installation des différentes mises à jour ou encore les menaces contre la sécurité. En modélisant et en disséquant en temps réel l’ensemble des exécutions et connexions lancées depuis tous les postes de travail vers les réseaux et serveurs de l’entreprise, la solution mise au point par la société lausannoise apporte ainsi un gain de temps et d’argent. En effet, elle débouche sur une économie de 18 à 36% du budget informatique et amène un réel impact positif sur la productivité de l’entreprise.

Fondée par Pedro Bados, Vincent Bieri, Patrick Hertzog et Philippe Eyries, NEXThink compte aujourd’hui plus de 50 clients, équipe plus de 500 000 postes de travail et opère dans plus de dix pays. Une croissance qu’elle souhaite poursuivre pour atteindre les 6 millions de francs de chiffre d’affaires en 2010 et les 20 millions en 2012. Pour y parvenir, la société espère pénétrer les marchés moyen-oriental, européen et américain en renforçant notamment ses partenariats avec IBM, Dell et Unisys. NEXThink est bénéficiaire depuis juillet 2009 avec 3,7 millions de francs issus des ventes de licences et plus de 7 millions de commandes enregistrées.

CRISALIX La technologie en 3D qui révolutionne la chirurgie plastique.

Jaime Garcia et Fabian Wyss Le fondateur et CEO de Crisalix avec le directeur ventes et marketing.

Pouvoir visualiser en trois dimensions la forme d’une poitrine sur l’écran d’un ordinateur avant une intervention médicale n’appartient plus au domaine de la fiction depuis que Crisalix a inventé le logiciel e-Stetix. Une technologie destinée à des chirurgiens plastiques qui consiste à simuler les contours des futurs seins de leurs patientes. Pour cela, il suffit d’une connexion Internet, de quelques minutes nécessaires à la consultation pour relever la texture de la peau, les caractéristiques du corps et prendre des photos de face ainsi que des deux côtés de la poitrine. Ces données sont ensuite transmises au serveur de Crisalix qui calcule et transmet en moins de trente secondes une image reconstituée en 3D sur 360 degrés.

En donnant ainsi la possibilité à leurs patientes de visualiser le résultat final avant une opération mammaire, les chirurgiens ont vu leur taux d’interventions augmenter après les consultations. Cette technologie a eu encore pour effet de diminuer le nombre de corrections qui avaient pour origine, dans 66% des cas, un mauvais choix de la taille de l’implant.

Il a fallu près de quatre ans de recherche et de développement avant que le docteur Jaime Garcia ne crée Crisalix au Parc scientifique de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Aujourd’hui, la start-up, qui emploie une dizaine d’ingénieurs pour maintenir son avance dans son domaine d’activité, envisage d’élargir l’application e-Stetix à la représentation du visage en 3 dimensions pour des interventions comme la rhinoplastie, le Botox ou encore la chirurgie des paupières. Et toujours pour favoriser son expansion, Crisalix vient d’ouvrir un nouveau centre de recherche à Barcelone

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