Bilan

Le NY Times salue le champion de hip-hop du Credit Suisse

Les exploits de ce banquier danceur de breakdance de niveau mondial ont retenu l’attention du prestigieux quotidien.
Le jeune prodige (à droite) participe à une trentaine de représentations annuelles avec la troupe lausannoise Les Enfants Perdus. Crédits: DR

Pas banal: la photo de cet employé du Credit Suisse Genève en équilibre sur une main dans une figure de hip-hop s’est retrouvée sur le site du New York Times. Certes, le profil de Michael Tshiyoyo (32 ans) n’est pas banal non plus. Banquier le jour, il devient Easyman la nuit, un danseur de breakdance de niveau international.

Parfois, Easyman se substitue à Michael et fait irruption dans les bureaux du Credit Suisse, comme le relate la revue interne de la banque dans un article repris par eFinancialCareers. En conversation avec ses collègues, Michael Tshiyoyo fait tout d’un coup voler la veste pour se jeter sur les mains et virevolter sur un seul poignet dans une figure qui a fait sa gloire: le jackhammer (marteau-piqueur). «C'est plus fort que moi, déclare le jeune homme au Magazine des collaborateurs de Private Banking & Wealth Management. Il faut que je danse, que je me trouve sur le Golden Gate Bridge ou sur Hollywood Boulevard.”

Head spin, windmill, ninety nine ou encore airflare, ces figures n’ont aucun secret pour ce Lausannois tombé dans le hip-hop alors qu’il avait 9 ans et accompagnait ses frères aînés au centre de loisirs du quartier. «Nous sommes cinq frères, dont deux paires de jumeaux. Dans la famille, on nous surnomme «les photocopies», mon jumeau et moi », a-t-il déclaré à 24 Heures.

Prof de breakdance et de comptabilité

Aujourd’hui, il donne durant son temps libre des cours de breakdance dans l'école fréquentée par une soixantaine de jeunes qu'il a cofondée il y a deux ans. Ce jeune prodige participe toujours à une trentaine de représentations annuelles avec la troupe lausannoise Les Enfants Perdus, ainsi qu'à des compétitions, les «battles».

«Mes plus beaux succès remontent à 2009 et 2010, quand j'ai été sacré champion du monde dans la catégorie Turtle Jump. Depuis, les battles sont moins importantes pour moi mais j'apprécie toujours l'échange sur scène, ouvert et fraternel. Je me mesure à l'élite mondiale une fois par année au minimum, surtout pour le plaisir.»

Cet hyper-actif enseigne encore la comptabilité, le droit et l'économie à l’école privée lausannoise Lemania. Dès ses quinze ans, il rêvait de travailler dans une grande banque, confie-t-il à la revue du CS. «Sûrement parce que je suis fier d’être suisse. Qu’est-ce qu’il y a de plus suisse qu’une banque », sourit le Genevois originaire de la République démocratique du Congo, naturalisé en 2002.

Elève en difficulté, c’est une rencontre avec le service d’orientation scolaire qui l’a marqué. «Durant la moitié de ma vie, j’ai été un cancre, avoue-t-il. Mais, à ce moment-là, on m’a dit que je devais viser le niveau académique pour atteindre mon rêve », raconte-t-il à 24 Heures.

Joueur de Street Fighter de rang mondial

Un autre talent rapporté par 24 Heures, Michael Tshiyoyo compte parmi l’élite mondiale des joueurs de "Street Fighter", le plus populaire des jeux vidéo de combat.

L’adresse web du New-York Times dédiée aux affaires dealbook.nytimes.com souligne que chez les banques, il reste très rare de voir un employeur mettre en avant un collaborateur pour d’autres raisons que sa réussite professionnelle. La même source rapporte qu’un employé de Goldman Sachs passionné de rap a reçu un accueil glacial de ses supérieurs quand l’histoire est parue dans les médias. Morgan Stanley a même mis à la porte un banquier qui a dévoilà au Wall Street Journal la manière dont il abordait des inconnus dans le métro pour tenter de nouer des liens d’amitié.

Or, l’article d’origine de Credit Suisse est disponible en quatre langues sur le site de la banque. La revue comprend encore un entretien avec le président du CS Urs Rohner, ainsi que les portraits d’un employé bénévole durant ses heures de loisir et d’un autre marathonien d’altitude.


 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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