Bilan

Le directeur de l'OFS défend les données sur les entreprises

Dispenser les entreprises de moins de 50 employés de participer aux enquêtes de l'OFS, comme l'exige l'UDC, aurait de lourdes conséquences, avertit le directeur de l'institut.

Si l'on suit cette exigence, il n'y aura tout simplement plus de données ni de renseignements pour les petites sociétés, avec tous les problèmes de comparaison que cela pourrait poser, notamment sur le plan international, explique le directeur de l'OFS.

Crédits: Keystone

Dispenser les entreprises de moins de 50 employés de participer aux enquêtes de l'Office fédéral de la statistique (OFS), comme l'exige l'UDC, aurait de lourdes conséquences, avertit le directeur de l'OFS, Georges-Simon Ulrich. Il défend fermement l'utilité des données récoltées.

Ces petites et moyennes entreprises (PME) représentent 98% du tissu économique suisse, rappelle M. Ulrich dans un entretien publié par Le Matin Dimanche. "A quoi correspondraient des statistiques qui ne s'occuperaient que de 2% des entreprises d'un pays?", interroge-t-il.

En septembre, le Conseil national a adopté deux motions, déposées par les UDC Ulrich Giezendanner (AG) et Ernst Schibli (ZH), qui demandent notamment de libérer les entités de moins de 50 collaborateurs, y compris les exploitations agricoles, de la charge de participer aux enquêtes statistiques. Le Conseil des Etats ne s'est pas encore prononcé.

Si l'on suit cette exigence, il n'y aura tout simplement plus de données ni de renseignements pour les petites sociétés, avec tous les problèmes de comparaison que cela pourrait poser, notamment sur le plan international, explique le directeur de l'OFS. "Nous ne pourrions plus produire de statistique économique au sens actuel, notamment en matière de développement conjoncturel, sur la base des prix ou du produit intérieur brut (PIB)".

En excluant les entreprises de moins de 50 employés, on ne pourrait par exemple plus interroger les médecins. L'adaptation des rentes AVS sur la base de l'indice mixte combinant les salaires et les prix ne serait plus possible. "Il manquerait même les données nécessaires à l'établissement du niveau des salaires en Suisse, si important pour les négociations salariales", poursuit Georges-Simon Ulrich.

Et le directeur de l'OFS de souligner que son office sollicite moins les PME qu'Eurostat (l'équivalent de l'OFS pour l'Union européenne), "précisément parce que nous voulons éviter de trop charger les entreprises". Le coût global des statistiques pour les entreprises est de moins de 10 millions de francs. "C'est extrêmement bas, par comparaison avec d'autres domaines".

Les questionnaires envoyés aux entreprises portent sur leur structure, leur fonctionnement, leurs comptes, leurs employés, entre autres. "Nous faisons attention à ne pas toujours solliciter les mêmes sociétés", relève le directeur de l'OFS. Et la charge sur les sociétés consultées a été réduite d'environ 65'000 heures par année.

Pour M. Ulrich, il est évident que les entreprises retirent un bénéfice, car il est vital pour elles de connaître le marché, la région, les conditions de travail et le cadre politique dans lequel elles évoluent. "De manière plus générale, les statistiques sont indispensables pour comprendre le passé et se projeter dans l'avenir".

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