Bilan

Le spécialiste fribourgeois des équipements électriques Condis revient en mains suisses

Pépite fribourgeoise active dans les équipements électriques, Condis est rachetée par le fonds Renaissance après avoir appartenu pendant 15 ans à l'américain Maxwell Technologies.

La société fribourgeoise Condis revient en mains suisses avec ce rachat.

Crédits: Stemutz

L'heure est davantage aux achats de pépites suisses par des groupes ou des fonds étrangers qu'à leur retour au bercail. D'où la satisfaction quand un leader mondial d'un domaine technique crucial basé en Suisse revient en mains helvétiques.

C'est ce qui arrive ce jeudi 20 décembre avec le rachat de la société Condis au groupe américain Maxwell Technologies par la Fondation Renaissance, fonds suisse actif dans le domaine de la prévoyance avec des capitaux issus des caisses de pension. Basée à Rossens, dans le canton de Fribourg, et disposant d'une antenne à Shanghaï, Condis est une société plus que centenaire, née sous le nom Fabrique suisse de Condensateurs, I. De Modzelewski et Cie, Fribourg, et fondée par Ignacy Moscicki et Jean de Modzelewski.

Un leader mondial depuis plus d'un siècle

Leader mondial dans la production et le développement de produits et solutions haute tension destinés aux infrastructures des services publiques, Condis s'est fait connaître dès ses premières années en fournissant des batteries de 110'000V aux gestionnaires de la Tour Eiffel en 1908.

Depuis 15 ans, la société oeuvrait sous pavillon américain, rachetée en 2003 par Maxwell Technologies. Une décennie et demi plus tard, ce sont les fonds de la Fondation Renaissance et des dirigeants de Condis qui permettent à l'entreprise de retrouver pleinement son identité helvétique.

Premier symbole de ce retour entre mains suisses, la société va retrouver son nom d'avant 2003: devenue Condis by Maxwell Technologies, elle va redevenir Condis.

«L’engagement dans la société Condis représente le premier investissement de la Fondation Renaissance, dans le cadre de son nouveau groupe de placements Renaissance Evergreen orienté sur le long terme afin d’assurer la stabilité de l’actionnariat et un développement durable de Condis. Les capitaux de la Fondation d’investissement Renaissance proviennent exclusivement de caisses de pension suisses», contextualise Xavier Paternot, directeur associé chez Renaissance.

Revenant sur le mariage de 15 ans avec Maxwell, Xavier Paternot précise que «les deux sociétés espéraient asseoir leur positionnement sur le marché, en élargissant leur portefeuille. Les synergies étaient palpables: Maxwell est un expert des condensateurs à basse tension et Condis est un expert des condensateurs à haute tension». Et au sujet de l'opération du jour, il ajoute que «les synergies espérées ne se sont pas concrétisées. À l’avenir, Maxwell Technologies a l’intention de se concentrer sur son activité principale, à savoir les condenseurs à basse tension pour les voitures (mobilité électrique) et a besoin de capitaux pour développer cette division».

Des investissements pour augmenter la R&D

Ce rachat devrait également offrir de nouvelles opportunités de développement: le siège de Rossens compte aujourd'hui 90 employés. Le plan envisagé est de construire une seconde halle de production et d’intensifier les activités de recherche et développement.

«La direction de Condis adhère complètement à ce nouvel actionnaire majoritaire composé de caisses de pension suisses, car il permet un développement durable et sur le long terme», relève Didier Vuilloud, directeur financier de Condis.

Pour Christian Waldvogel, directeur associé de Renaissance Management SA, le rachat ne signifie pas un bouleversement pour le management de Condis, bien au contraire: «L’équipe dirigeante reste en place et rentre au capital de Condis aux côtés de Renaissance, excepté pour son directeur général. Certains membres de l’équipe de direction travaillent depuis plus de 30 ans au sein de l’entreprise. Un nouveau conseil d’administration est mis en place sous la présidence de Per Dybwad et complété par Xavier Paternot en tant que représentant de Renaissance et par des experts indépendants de l’industrie dont Andreas Hürlimann, président de LEM à Genève».

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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