Bilan

Le retour en force des idéaux

La philanthropie vit un renouveau. Les jeunes générations affichent un engagement plus précoce et novateur et visent un impact mesurable de leurs dons, aidées par les possibilités de la numérisation. Plongée dans les nouveaux préceptes de la «Next Gen».

  • Elliott Aeschlimann et Massimiliano Gritti découvrent avec un ami les beautés artisanales lors d’un voyage en Asie mineure, avant de fonder le site Bombinate.

    Crédits: Dr
  • Le philanthrope et entrepreneur français Alexandre Mars rencontre des enfants de Nyaka, Ouganda.

    Crédits: Epic

Les nouveaux visages de la philanthropie

La philanthropie n’est plus l’apanage de personnes aisées ou âgées. De plus en plus de jeunes se mobilisent pour «changer le monde». Les nouvelles générations sont davantage portées sur la «philanthropie en cours de vie active» que leurs prédécesseurs, et séparent moins la dimension du don de leurs ambitions professionnelles. Ces tendances ont apporté un renouveau à la philanthropie depuis une décennie environ. Outre l’arrivée d’entrepreneurs sociaux et de nouvelles approches philanthropiques empruntant aux méthodes du venture capital, ce secteur a vu l’arrivée de la Next Gen, terme utilisé pour désigner les jeunes héritiers de grandes familles qui ont une vision et une façon de faire différentes. Mais les millennials font aussi partie de ce mouvement en devenant une source de changements majeurs pour la philanthropie. Ces tendances sont attestées par au moins deux ouvrages récents, celui du philanthrope français Alexandre Mars, La révolution du partage, ou celui des Américains Sharna Goldseker et Michael Moody, Generation Impact, how Nex Gen donors are revolutionizing giving.

L’arrivée de la «Next Gen»

N’ayons pas peur des clichés. Dans notre esprit, typiquement, un «philanthrope» est une personne fortunée et distinguée, d’un certain âge, montre de collection au poignet, pochette en soie ou collier de perles, qui donne à des causes chères à sa catégorie d’âge (musées, recherche médicale), se rend à des galas de charité, siège dans des conseils d’administration. Mais vous ne verrez pas ces philanthropes-là retrousser leurs manches pour intervenir d’urgence pour les causes qui vous touchent le plus au quotidien ou vous semblent les plus pressantes du moment. 

Les donateurs «next gen» ne ressemblent plus du tout à cela. Cette génération veut donner maintenant et non pas lorsqu’elle aura atteint la retraite. Elle ambitionne de redéfinir les normes de la philanthropie qui prévalent depuis l’âge d’or marqué par les pionniers de l’ère industrielle. Leurs descendants eux-mêmes redéfinissent le don. Un trentenaire, Justin Rockefeller, héritier de la mythique famille d’industriels du pétrole et de philanthropes, mène une carrière dans la tech, mais consacre beaucoup de son temps à aider sa famille à choisir des investissements respectueux de l’environnement, et conseille d’autres qui cherchent à aligner leurs investissements avec leurs valeurs. Katherine Lorenz, petite-fille de George Mitchell, pionnier texan du gaz de schiste devenu milliardaire, a orienté la fondation de sa famille vers les causes liées à la durabilité environnementale au Texas. John Seydel, petit-fils de Ted Turner, fondateur de CNN, veut se consacrer à la philanthropie et à l’entrepreneuriat social. 

Ces jeunes donateurs et d’autres pourraient avoir un impact considérable sur le monde, estiment les auteurs de Generation Impact, ne serait-ce qu’en raison des ressources philanthropiques sans précédent dont ils disposent. Ce sont eux qui décideront quelles maladies recevront le plus de financement, quelles organisations climatiques feront les plus grandes campagnes, quelles idées pour la réforme de l’éducation recevront le plus de soutien, écrivent Goldseker et Moody. C’est pourquoi il s’agit pour les auteurs de «canaliser le potentiel historique de ces nouveaux donateurs d’une manière qui puisse rendre le monde meilleur». Bien entendu, le phénomène est nettement plus avancé dans le monde anglo-saxon. Pas moins d’un cinquième des étudiants qui rejoignent Stanford ambitionnent de travailler dans l’économie sociale et solidaire. Ce serait également valable pour ceux qui rejoignent Harvard ou Oxford, mais aussi, en France, HEC ou Sciences Po. «Ce taux aurait été de 0% il y a dix ans», estime Alexandre Mars dans son livre. Quant aux 80% restants, ils privilégient de manière écrasante les entreprises qui se soucient du bien social. 

En général, les quadragénaires et les générations suivantes préfèrent se fier à des «banques éthiques», à des fabricants qui ne font pas de l’obsolescence programmée, à des entreprises qui ont le sens du bien commun, qui sont socialement responsables, qui respectent la planète, qui n’éludent pas leurs impôts. A Genève, Keyvan Ghavami, Vaudois d’origine germano-iranienne, bouscule  les idées reçues sur l’engagement citoyen et la philanthropie. Lui, comme d’autres de sa génération, a décidé très tôt de s’engager pour la société. A 27 ans déjà, il lançait la Fondation Act On Your Future qui mène de nombreux projets de sensibilisation de la jeune génération aux droits humains.

Epic soutient l’association indienne Apnalaya qui aide les habitants des bidonvilles de Bombay. (Crédits: Apnalaya)

«Activiste de la justice sociale»

L’abbé Pierre disait: «Le contraire de la misère, ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage.» C’est cette citation qui ouvre le livre d’Alexandre Mars, entrepreneur français de 46 ans, qui a fait fortune grâce à la création et à la vente de plusieurs startups, et qui s’est ensuite engagé dans la philanthropie. Le partage, c’est son mantra, et il estime que ce sera la norme pour les nouvelles générations. Pour lui, l’esprit du partage va se propager au monde de l’économie et des affaires. Aujourd’hui, il se décrit comme un «activiste de la justice sociale», en préface de La révolution du partage, paru en 2018 aux Editions Flammarion.

Se comparant au reste de la condition humaine, il estime avoir eu de la chance en matières de conditions familiale et sociale et n’avoir été privé de rien pour ce qui est des soins de santé et de l’éducation. Dès lors, partager, peu importe la quantité, est à ses yeux un devoir, la base même de la vie en société. Dans une démonstration de la chance qu’il a eue de naître «au bon moment, au bon endroit », Alexandre Mars souligne qu’il est venu au monde en 1974, année qui a permis qu’à la vingtaine, dans les années 1990, il fasse partie des entrepreneurs de l’internet, alors en plein essor. Il rappelle que les plus grandes fortunes (Rockefeller, Carnegie, Vanderbilt) sont nées à la même époque (1831-1840) et au même endroit (Etats-Unis), au moment du décollage des chemins de fer et de la Bourse américaine, ce qui montre bien la fenêtre d’opportunités de s’enrichir qui peut exister à certains moments clés de l’histoire. Il cite, à l’inverse, les chiffres de la Banque mondiale: 3,8 milliards d’humains vivent avec moins de 2 dollars par jour. Un quart de milliard d’enfants ne sont même pas inscrits à l’état civil et un demi-milliard meurent littéralement de faim. Alors, l’entrepreneur philanthrope a décidé de changer les choses, à son échelle.

Cela a été possible grâce au succès d’abord entrepreneurial qu’il a réalisé. Il avait commencé comme dynamique entrepreneur, dès la vingtaine, en fondant plusieurs sociétés liées à l’informatique, au marketing et aux médias sociaux. Au départ, les sociétés n’avaient qu’une valorisation virtuelle, si bien que, à 30-32 ans, et alors qu’il était PDG de deux sociétés (PhoneValley et ScrOOn), il devait emprunter 2500 euros pour s’acheter un scooter ou vendre sa voiture pour partir en vacances en famille. Ce n’est que les années suivantes, après avoir revendu ses entreprises à des groupes aussi prestigieux que Publicis et Blackberry, qu’il est passé, au seuil de la quarantaine, dans le camp de fortunés. Mais avec une forte conscience sociale. En effet, Alexandre Mars pressent qu’«une révolution est en marche et qu’elle est inéluctable», car les citoyens savent dés-ormais que 1% les plus riches se partagent la moitié des richesses du monde. Il pense
que les «Picsou» d’hier, ces têtes grises qui ont amassé des fortunes importantes mais ne se sentent pas concernés par ce qui se passe autour d’eux, sont en voie de disparition. Que la relève de la nouvelle génération se prépare.  Les causes, elles, ne manquent pas. Lui a été marqué par le travail des enfants au Pakistan dans les usines sous-traitantes de Nike, et par tous ces cas qui ont réveillé une éthique accrue dans les affaires.

Les méthodes du business appliquées à la philanthropie

S’identifiant aux activistes du bien social, comprenant que ni l’Etat social ni la religion ne remplissent plus autant qu’avant les fonctions de redistribution, Alexandre Mars s’est voulu porteur d’une action complémentaire en se lançant à sa manière propre dans le don. En 2014, il a fondé Epic, qu’il surnomme sa «6e startup», «startup à but non lucratif»: un mouvement qui a pour but de lutter – de façon mesurable – contre les injustices sociales et les inégalités. Il a, par exemple, choisi d’aider une entreprise sociale en Inde qui aide les enfants de prostituées à s’affranchir de ce milieu et à obtenir une éducation. Mais il donne aussi de nombreuses conférences, avec cette conviction à la base: personne, en jouant son rôle économique, ne peut faire abstraction de l’action sociétale, qu’il estime «obligatoire afin de se construire à tous un monde meilleur pour demain». 

Et pour lui, ce ne sont pas de vains mots. Epic récolte les dons pour les orienter à 100% vers des entreprises sociales ou des ONG sélectionnées selon des critères très rigoureux. Les donateurs ont la garantie d’avoir un impact social mesurable. Le Français vivant aux Etats-Unis avait en effet mené une étude de marché avant de se lancer dans la philanthropie, et un constat ressortait: les gens donnent peu car ils n’ont pas confiance en l’utilisation de leurs dons. D’entrepreneur à entrepreneur social, il a alors appliqué les méthodes du business à la philanthropie, en développant une méthodologie sophistiquée pour évaluer l’impact des fonds. Bref, l’occasion, pour Alexandre Mars, après avoir innové dans les nouvelles technologies, de se lancer dans l’innovation philanthropique. 

Le timing a été parfait selon lui: en 2014, les générations Y et Z, moins matérialistes que celles, «bling-bling», qui les ont précédées, amorçaient à ce moment la révolution du don. Pour Alexandre Mars, il s’agit de cibler des entreprises sociales, puis de les aider à se développer et à dupliquer leur modèle ailleurs dans le monde. Pour ce faire, il finance entièrement sa structure, Epic, en y injectant environ 2 millions de dollars par année, tirés des revenus de son family office, qui représente ses investissements personnels dans les high-tech.

Ces 2 millions permettent de couvrir l’entier des coûts de la structure philanthropique, de telle sorte que les donations que cette dernière reçoit sont intégralement reversées aux associations. Une méthode très rodée permet de sélectionner les entreprises sociales qui ont le plus d’impact, sont les mieux structurées, ont une approche systématique, que l’on peut dupliquer, et ont une certaine taille critique. Le but, pour le philanthrope, étant d’atteindre l’efficacité.

Sensibiliser les plus jeunes

Avec sa Fondation Act On Your Future, Keyvan Ghavami (cité plus haut) fait, lui aussi, partie de cette nouvelle génération d’acteurs qui souhaitent s’engager pour avoir un impact positif réel sur la société ou sur l’environnement. Le 6 décembre 2018, cette fondation décernera pour la quatrième année consécutive le Prix de photographie des droits humains. «De nombreux jeunes, qui ont eu la chance de naître dans un milieu privilégié, veulent rendre à la société et laisser une trace», explique celui qui travaille également à 50% pour l’Unicef en tant que consultant en innovation financière. 

Il préside par ailleurs le réseau Nexus Suisse, lancé à Genève en 2014 et qui vient de commencer ses activités à Zurich. Nexus organise entre trois et quatre événements annuels avec de jeunes philanthropes, des investisseurs d’impact, des entrepreneurs sociaux et des acteurs du changement social, autour de conférences et d’ateliers dans le dessein de faire évoluer la société vers un modèle plus équilibré. «Notre but est de ne pas prêcher qu’auprès des convaincus. Il faut sensibiliser les jeunes qui n’ont pas forcément la culture de la philanthropie», ambitionne le jeune qui a fait ses armes auprès de l’ONG Human Rights Watch. Pour lui aussi, donner n’est pas un acte de charité, mais un travail concret et ciblé. «La jeune génération veut agir directement, attaquer les problèmes à la racine et maximiser l’impact de son action. Les jeunes veulent surtout laisser une trace et donner le bon exemple à leurs enfants», ajoute Keyvan Ghavami.

L’entrepreneur et philanthrope Yann Borgstedt, qui préside la Fondation Womanity, abonde dans ce sens: «Les jeunes se rendent compte que l’argent n’est pas une fin en soi et que réussir ou hériter vient avec une certaine responsabilité.» Le fils de Jean-Jacques Borgstedt, descendant de la famille Pelichet, a 47 ans mais a toujours été précurseur. Dès la trentaine, il s’était lancé dans cette philanthropie de nouvelle génération, menant ses projets à travers le monde avec un ordinateur portable sous le bras et utilisant les réseaux sociaux et les radios pour diffuser des messages d’ouverture dans des régions du monde où les femmes n’ont pas les mêmes chances que les hommes. 

Ainsi, la Fondation Womanity soutient depuis 2009 Radio Nisaa, la première station de radio commerciale du Moyen-Orient destinée aux femmes. Grâce à une programmation progressiste et à des informations fiables, cette radio s’est rapidement hissée au cinquième rang des radios les plus écoutées de Palestine.

La fondation Womanity de Yann Borgstedt soutient Radio Nisaa destinée aux femmes du Moyen-Orient. (Crédits: Daniel Hitzig)

La révolution de l’impact

A en croire Goldseker et Moody, nous entrons dans un «âge d’or du don» qui surpassera celui des débuts de l’ère industrielle, car la concentration des richesses et la transmission d’héritages ont atteint des niveaux sans précédent. Des sommes plus grandes, avec des impacts plus importants, «une révolution de l’impact», même, écrivent les auteurs de Generation Impact.

Etienne Eichenberger, cofondateur de WISE, entreprise de conseils en philanthropie (lire sa chronique p. 39), estime quant à lui que l’«impact investing» n’est pas prêt à remplacer la philanthropie traditionnelle, mais qu’il est une approche utile dans la boîte à outils de l’impact. «Quand on a 20 ans, on ne donne pas pour les mêmes raisons que lorsqu’on en a 60», explique le Genevois. Ainsi, la jeune génération s’engagerait plus spontanément pour des causes ponctuelles, étant plus frileuse des engagements sur le long terme. «Sa force, c’est d’oser expérimenter plutôt que de chercher la démonstration en amont. Impatiente, elle souhaite obtenir des résultats, tout de suite, et questionne la dichotomie entre intérêt public et privé. Hyperconnectée, elle agit en communauté, en utilisant les réseaux sociaux. Forts de cette audace, ses représentants peuvent même devenir des lanceurs d’alerte», observe Etienne Eichenberger. Cette approche est très différente de celle, plus traditionnelle, des administrateurs de fondations philanthropiques, notamment en Suisse. Le pays n’en dénombre pas moins de 13 000, dont la grande majorité travaille plus ou moins dans l’ombre. 

Quant à Act On Your Future, fondée par Keyvan Ghavami... (Crédits: Karine Bauzin)
... centrée sur droits humains, elle permet à de jeunes migrants de raconter par l’image leur expérience d’intégration. (Crédits: Iris)

Le numérique change tout

Néanmoins, les fondations, dont certaines suivent de près les évolutions du numérique, participent elles aussi à la modernisation du secteur philanthropique. Début octobre, la Banque Lombard Odier et sa fondation se sont associées avec la Fondation de France pour organiser un séminaire dans les locaux de Facebook, à Paris, sur l’impact du numérique sur la philanthropie. Y participaient notamment Yann Borgstedt  et Accenture Development Partnerships.

Premier constat: «Le numérique transforme toute la chaîne philanthropique, du fundraising aux projets eux-mêmes», explique Maximilian Martin, Global Head of Philanthropy de Lombard Odier. Pour Frédéric Théret, directeur du développement de la Fondation de France, «avec le numérique tout change: la prescription, les choix, la façon de communiquer… et tout doit être adapté aux attentes des donateurs, qui ne veulent plus soutenir une structure mais des projets». 

En matières de levées de fonds, Maximilian Martin rappelle que le fundraising a un coût. «Une étude de Stanford estimait il y a quelques années que sur 100 dollars levés aux Etats-Unis, le fundraising lui-même avait coûté entre 22 et 43 dollars. La numérisation est synonyme d’optimisation de ces processus de la collecte à la canalisation des fonds.» Cela passe entre autres par une communication plus horizontale. «Le modèle descendant inspiré par la vente par correspondance a vécu. Les ONG ne doivent plus parler d’elles mais de ce qu’elles font, de leurs objectifs, plutôt que des moyens», poursuit Frédéric Théret. Comment faire? Si les grands philanthropes peuvent accélérer leur numérisation, ce n’est pas le cas de nombre d’ONG qui n’ont pas les ressources humaines nécessaires. D’autant que s’ajoutent de nouveaux défis comme celui de la «compliance», que Maximilian Martin voit pointer avec des régulateurs comme le GAFI, qui s’intéressent aux flux de capitaux du monde de l’humanitaire.

Yann Borgstedt, fondateur de Womanity... (Crédits: Dr)
... et Maximilian Martin, Global Head of Philanthropy de Lombard Odier, constatent que le numérique transforme toute la chaîne philanthropique. (Crédits: Magali Girardin)

Un logiciel pour les disparus 

Faute de marché, il y a encore peu d’outils numériques consacrés à la philanthropie. Frédéric Théret voit cependant des solutions dans certaines formes de mutualisation. «Le mécénat des entreprises tend à passer du don de produits à celui de la mise à disposition de compétences. Il y a là tout un champ de collaborations possibles, sous réserve de mettre ensemble des partenaires pertinents.»

C’est probablement au niveau des projets que l’on trouve le plus cette pertinence. Un bon exemple est celui du soutien apporté par la Fondation Lombard Odier au Center for Digital Trust de l’EPFL pour développer des applications technologiques pour l’humanitaire. Dans ce cadre sont ainsi mis au point des logiciels, basés sur l’analyse du big data, pour aider le CICR dans ses recherches de personnes disparues. «Un défi énorme si l’on songe qu’en Irak, entre 2003 et 2013, on estime qu’entre 250 000 et un million de personnes ont disparu sans que l’on sache si elles sont décédées, réfugiées ou émigrées», rappelle Maximilian Martin.

La baisse des coûts induite par le numérique donne aussi la possibilité aux philanthropes de créer de nouveaux médias. La Fondation Philanthropia, créée par Lombard Odier pour rassembler plusieurs donateurs, a par exemple soutenu le Tumor Board, réseau d’informations entre tous les oncologues de la région lémanique qui partagent les dernières connaissances afin d’en faire bénéficier les patients.  


«Non à la philanthropie sentimentale»  

Extrait de «La révolution du partage» d’Alexandre Mars: 

«Mais il est un piège dans lequel je ne tomberai pas: celui de la philanthropie sentimentale, des pratiques paternalistes d’hier, certainement très généreuses mais totalement inefficaces, qui consistent à saupoudrer d’aides une multitude d’associations, à donner à toutes les saintes personnes qui le demandent, sans jamais chercher à en savoir plus, Je ne suis pas un saint laïc et je ne veux pas de cette philanthropie molle qui rassure l’ego. Je n’en ai pas le temps: il y a urgence à agir, c’est-à-dire à aider de façon réelle, durable et de qualité.» 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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