Bilan

Le nouveau paradigme du travail à la carte

Mettre en relation le bon employeur avec le bon employé est un véritable défi. Coople est une plateforme qui entend digitaliser le monde des ressources humaines et qui se spécialise dans le «travail à la demande». Elle vient de lever 32 millions de dollars.

Trouver les bons talents pour des missions de courte durée.

Crédits: Jose Aljovin

Une entreprise qui cherche des candidats peut s’en charger à l’interne, ou elle peut confier cette tâche à un tiers. Adecco, Manpower ou encore Randstad sont connus et font partie des leaders du marché. C’est là que la start-up Coople a vu une opportunité.

Simon Vogel, directeur de l’antenne lausannoise, explique le principe: «Les entreprises ont besoin de personnel rapidement. Elles postent une annonce avec des critères puis l’algorithme que nous avons créé recherche les profils correspondant.»

L’idée est simple, mais elle apparaît alors que beaucoup utilisent encore des tableaux excels et les téléphones. Fondée en 2009, la start-up zurichoise est également implantée depuis 2016 à Londres et compte huit personnes dans ses bureaux à Lausanne ouverts cette année. Elle entend se développer rapidement dans un marché où le volume est roi.

Levées de fonds de 76 millions de dollars

Coople vient d’ailleurs de terminer une levée de fonds: ce sont quelque 32 millions de dollars qui ont été récoltés. Ils proviennent d’un groupe d’investisseurs dirigés par One Peak Partners et par l’entité Goldman Sachs Growth Equity faisant partie de Goldman Sachs Merchant Banking Division. En tout, la start-up aura levé 76 millions de dollars jusqu’à présent,  ce qui en fait l'une des entreprises sur le marché du travail flexible les mieux financées au monde. Ce capital, de série C, sera investi dans l'automatisation technologique de la plateforme en ligne et permettra l’expansion de Coople sur les marchés existants, soit en Suisse et en Angleterre, ainsi qu’une ouverture aux Pays-Bas.

Simon Vogel précise encore: «On a entendu beaucoup d’histoires sur les paiements. Nous les effectuons le cinquième jour du mois suivant le travail.» Quant aux charges sociales, vacances et 13ème salaires, font partie de la prestation de Coople. «L’entreprise qui rejoint la plateforme n’a aucune administration à sa charge car elle n’emploie personne», affirme-t-il. «L’inscription sur la plateforme est gratuite. Les entreprises embauchent le Coopler en payant le salaire ainsi qu’une commission.»

Simon Vogel le reconnaît, l’algorithme de Coople est un élément-clé qui le distingue des autres plateformes de travail temporaire. Du point de vue du business model, Coople est obligé de s’étendre rapidement. «Plus le volume est important et plus on a besoin de volume», commente le responsable romand qui remarque par ailleurs les opportunités grandissantes en Europe. «Nous voulons croître en Europe tout comme à l’international. C’est un volume de marché mondial à plus de 470 milliards de dollars.»

Une tendance de plus en plus marquée

Si Coople a pu sécuriser cette somme, c’est que la start-up a vu un véritable changement de paradigme au sein du marché du travail. «Il y a une démocratisation du travail temporaire.» observe Simon Vogel.

L’Organisation internationale du travail (OIT) écrivait dans son rapport sur les tendances 2018: «Dans les pays développés, certains types de changement structurel peuvent induire une plus grande proportion de postes temporaires et à temps partiel, d’emplois informels et à faible productivité, ce qui nécessite une attention particulière. Par exemple, de nombreux pays développés voient l’emploi se déplacer de la fabrication aux services, où le travail à temps partiel est généralement plus répandu et souvent accepté de manière involontaire, en raison du manque de possibilités d’emploi permanent et à plein temps. Parallèlement, le secteur des services s’appuie de plus en plus sur de nouvelles formes d’emploi, telles que le partage de postes, le travail sur appel et le travail indépendant économiquement dépendant.»

Tout un public qui est contraint de se mettre à - ou réclame - cette nouvelle manière de travailler. «Nous voulons créer une communauté de personnes qui suivent ce modèle d’hyperflexibilité. Notre plateforme accueille pour l’heure plus de 400'000 employés et 20'000 sociétés», explique Simon Vogel. Il poursuit en parlant de ceux qui remettent leur vie sociale et familiale au centre de leurs préoccupations. «Les gens changent d’employeur chaque année pour tester l’industrie avant de se lancer.»

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."