Bilan

Le jeune chevalier de la table verte

A 18 ans, le Vaudois Jean-Valentin de Saussure a lancé une pétition afin d’instaurer en Suisse les Lundis verts, sans aucune viande au menu. Son but: préserver la planète et notre santé.

«Plus nous serons nombreux à suivre ce mouvement, plus l’impact sera important.»

Crédits: Lionel Flusin

Après la France, le mouvement du Lundi vert fait son apparition en Suisse. Cette initiative, lancée début janvier dans l’Hexagone et soutenue par plus de 500 personnalités du monde sportif, politique et du cinéma, consiste à manger végétarien tous les lundis pour le bien de la société et de l’environnement. Des actions similaires ont déjà été mises en place dans d’autres pays anglo-saxons avec le Meatless Monday. L’idée est de lutter en partie contre le réchauffement climatique à travers l’alimentation. En effet, selon le 55e rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), limiter la consommation moyenne de viande de ruminants à 10 g par jour et la consommation des autres viandes, du poisson et des œufs à 80 g par jour (lire aussi l’infographie pages 12 et 13) permettrait de réduire de 36% les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine agricole, ce qui représente plus de 8,5% des émissions de GES totales. Sans compter que l’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation au Brésil. Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable de 63% de la destruction de la forêt amazonienne. 

«Plus nous serons nombreux à suivre ce mouvement, plus l’impact sera important», commente Jean-Valentin de Saussure, jeune Vaudois de 18 ans qui a lancé une pétition pour le Lundi vert en Suisse, visant à inciter les établissements scolaires, les entreprises ainsi que les restaurants à proposer un plat végétarien tous les lundis. Mais l’idée est aussi de motiver les citoyens à cuisiner sans viande le premier jour de la semaine. «Instaurer une tradition une fois par semaine permettrait d’avoir un réel impact sur l’environnement, sur la santé des consommateurs et également sur leur porte-monnaie», indique celui qui a également créé un forum où chacun peut publier ses recettes végétariennes pour inspirer les chefs confirmés ou les amateurs en herbe. «Nous cherchons à créer une communauté autour du Lundi vert en motivant les gens à consommer local et végétarien.» En 2017, les habitants de Suisse ont consommé en moyenne 50 kg de produits carnés chacun, en léger recul par rapport à 2016. Quatre cinquièmes de l’ensemble de la consommation de viande est issue de la production indigène, selon la coopérative Proviande.

Responsabiliser les citoyens

Jean-Valentin de Saussure a deux passions depuis toujours: la cuisine – plus spécifiquement la pâtisserie – et l’environnement. Pas végétarien pour un sou, il consomme de temps en temps de la viande locale et ne se rend guère dans les fast-foods. «Je mange de la viande de qualité que j’apprécie particulièrement.» 

Sa démarche vise ainsi à prôner une diminution de la consommation de produits carnés, en responsabilisant les consommateurs. «Notre génération est sensibilisée à cette problématique car c’est elle qui va subir les conséquences des excès passés», ajoute celui qui rêve de travailler dans le secteur
de l’alimentation durable et, pourquoi pas, d’ouvrir un jour une pâtisserie. 

«Avec le réchauffement climatique, des régions entières vont disparaître», s’inquiète toutefois le Vaudois qui se souvient avec nostalgie de sa professeure de géographie du gymnase qui lui a donné cette fibre environnementale. Ainsi, son travail de maturité aura comme thème le gaspillage alimentaire. «Même en Suisse, l’état des lieux est effrayant, explique Jean-Valentin. Heureusement, de nombreuses solutions se profilent, comme l’application Too Good to Go qui permet aux citoyens de récupérer les invendus.» Le mouvement pour sauver l’environnement est en marche. 

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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