Bilan

Le dernier projet de Bernhard Russi

L’icône du ski suisse va ouvrir un restaurant sur les hauteurs d’Andermatt. Il croit beaucoup en l’avenir d’une station en plein essor et raconte sa reconversion réussie.

Un rêve de plus réalisé par le champion olympique.

Crédits: Michael Kappeler/Keystone

Toujours aussi actif et omniprésent dans la pub alors qu’il vient de fêter ses 71 ans, Bernhard Russi, inusable icône du ski suisse, intelligent et modeste, est l’exemple même du champion qui a réussi sa reconversion. Dernier projet en date: cet hiver, il va ouvrir un nouveau restaurant sur les pistes de sa station d’Andermatt (Uri), en association avec l’homme d’affaires anglais Al Breach. Les deux hommes ont racheté un ancien bâtiment militaire transformé en resto d’altitude. «Pour nous, sourit l’ancien skieur, c’est plus
un hobby qu’une affaire. De là-haut, on jouira de la plus belle vue sur la vallée.» Deux cuisiniers ont été engagés et priorité sera donnée aux spécialités locales. «Des rösti plutôt que des frites et du risotto, le seul plat que je sais faire.»

Bernhard Russi nous raconte cela au buffet de la Gare d’Andermatt. Avant de nous rejoindre, on ne compte plus le nombre de mains qu’il a serrées. «Je suis né ici même, dans le bâtiment de la gare. Je voyage beaucoup, mais je suis toujours content de revenir chez moi. Ici, j’ai mes copains, mes racines, ma vie.»

Situé au pied de la Furka et du Gothard, entre le Valais et les Grisons, Andermatt est la station suisse qui a connu le développement le plus spectaculaire de ces dernières années grâce à l’argent investi par le richissime homme d’affaires égyptien Samih Sawiris – on parle de près d’un milliard. Nouvelles installations, nouveaux hôtels, dont le luxueux Chedi à 700 francs la nuit, et même une nouvelle halle de concert de 700 places inaugurée cet été par rien de moins que l’Orchestre philharmonique de Berlin.

Alors que certains fustigent une folie des grandeurs, Bernhard Russi, membre du conseil d’administration d’Andermatt Swiss Alps, société de Samih Sawiris, croit beaucoup au potentiel de sa station. «On est idéalement placés à 1 h 30 de Kloten et à 1 h 40 de Malpensa, à Milan. Alors qu’Andermatt était surtout apprécié des bons skieurs pour ses pistes raides et à l’ombre du Gemmstock, les nouvelles installations offrent de belles possibilités aux familles. Et nous ne dépasserons jamais notre capacité de 4600 lits, faute de place tout simplement. A Andermatt, on sera toujours plus rösti et saucisson que caviar et champagne.»

Infatigable ambassadeur

Preuve d’une popularité intacte, le champion olympique de Sapporo en 1972 est toujours aussi prisé par la pub. Record de longévité, il vient de fêter ses 40 ans de contrat avec Subaru. «J’ai Subaru comme tatoué sur le front», rigole-t-il. Les vêtements Willy Bogner, les magasins Intersport et l’opticien Visilab l’ont aussi choisi comme ambassadeur. «Si je n’avais pas eu moi-même besoin de lunettes, je n’aurais jamais signé avec Visilab. Le plus important, c’est d’être authentique.» Dans cet esprit, il a décliné de multiples offres, de marques de bière, de cigarettes, de partis politiques aussi.

Et s’il a mis fin, l’hiver dernier, à son rôle de consultant télé, il continue à être l’architecte de descentes le plus demandé du monde. Il vient de signer celle des prochains JO de Pékin, comme pour toutes les pistes olympiques depuis 1988. «Les JO constituent le grand objectif de Pékin, je l’ai bien ressenti sur place. Ce sera une très belle descente que j’ai conçue avec Didier Défago et qui sera testée en février prochain.»

Silhouette inchangée, sportif invétéré, Bernhard Russi, à 71 ans, continue à «chercher ses limites». Après les 590 kilomètres de la course cycliste Oslo-Trondheim, il courra en mars prochain la mythique Vasaloppet, en ski de fond. «Dans la vie, il faut avoir des rêves même s’il reste des rêves. J’en ai toujours une douzaine répertoriés que je trace à mesure.»

Bertrand Monnard*

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