Bilan

L’appétit grandissant du patron de Remicom

Olivier Nimis, entrepreneur hyperactif, développe désormais ses affaires dans les activités de fiduciaire et dans les assurances.

  • Olivier Nimis a notamment déniché des arcades en Suisse pour la chaîne américaine de restauration rapide Five Guys.

    Crédits: Lionel Flusin
  • Parmi ses clients, le chocolatier suisse Läderach, Décathlon et Darty.

    Crédits: Lionel Flusin

Il ne manque pas d’appétit. A côté de son réseau d’une vingtaine d’agences de remise de commerces et de transmission d’entreprises (Remicom), Olivier Nimis vient de créer Remifid, qui a déjà racheté deux fiduciaires. La première à Genève (7 employés), la seconde à Lausanne (8 collaborateurs). «Cela me permet de gagner du temps et des compétences. J’ai récupéré ainsi un expert-comptable, une denrée rare», confie le Genevois de 47 ans. Ce dernier a démarré en 1989 à l’âge de 18 ans avec une arcade aux Eaux-Vives (GE) sous le nom de Distribution Electronique où il distribuait notamment des ordinateurs. Une affaire qu’il a bien développée puisqu’il avait même créé une petite usine de production de PC pour la grande distribution.

C’est au moment où il décide de vendre ses affaires qu’il constate «que rien n’existe pour venir en aide aux personnes désireuses de remettre leurs commerces ou entreprises». Il crée alors Remicom Immobilier en 2004 sur Genève. Cinq ans plus tard, ne tenant pas en place, il décide de s’attaquer au reste de la Suisse via le système des franchises. Il débute dès avril 2009 par Nyon et Lausanne, puis suivent très vite Montreux, Fribourg, Yverdon et Sion. Aujourd’hui, il possède en propre les agences de Genève, La Côte, Lausanne, la Riviera, Neuchâtel et Fribourg et a laissé à des franchisés celles de Sion et six agences en Suisse alémanique (Zurich, Berne, Argovie, Lucerne, Bâle et Zoug). «Mon objectif  pour 2019 est d’ouvrir deux agences supplémentaires sur Zurich et une seconde sur Berne.» 

De 2008 à 2009, jamais à court d’idées, il lance l’aventure de Remicom TV. Près de 100 émissions, diffusées via son site internet, ont été réalisées avec l’aide de l’animatrice populaire Natalie Sbaï.

Quelques obstacles

Olivier Nimis déborde d’énergie. Ainsi, après avoir «attaqué» le marché alémanique à partir de 2013, il a dû concéder avoir sous-estimé la difficulté de s’y implanter. «C’est presque un autre pays, avec d’autres codes.» L’année suivante, il annonce vouloir s’implanter en France et vise l’ouverture de 100 agences. «C’est un joli défi. La première sera située à Annecy», déclare-t-il dans la presse. Qu’en est-il aujourd’hui? «J’ai essayé d’y ouvrir des agences mais pour cela il faut avoir une carte professionnelle de transaction immobilière. Pour l’obtenir, vous devez avoir été pendant dix ans employé dans une agence ou être au bénéfice d’un bac +3 en commerce ou immobilier. J’ai, par exemple, eu un candidat pour l’ouverture d’une agence Remicom à Montpellier qui était directeur de banque, avec 120 collaborateurs, qui n’a pas obtenu le fameux sésame. Désormais, je ne renonce pas à ce marché, mais je m’oriente vers une master franchise», confie Olivier Nimis, qui refuse de s’avouer vaincu. 

En parallèle à cette conquête, pour l’instant contrariée, le quadragénaire a recruté Chloé Lavie pour fonder ensemble Remi(Dev). Cette autre société du groupe Remicom s’est spécialisée dans le développement de réseaux de franchise, licences de marque et groupements coopératifs. «Notre métier consiste à mettre en relation des partenaires qualifiés avec des enseignes de qualité. Notre ambition est de permettre à chaque candidat de trouver l’enseigne qui le mènera au succès et à chaque enseigne de trouver les partenaires de son développement.» Chloé Lavie a accompagné de nombreuses enseignes dans le développement, la structuration et le management de leur réseau de franchise. Elle est par ailleurs l’auteur du livre Devenir franchisé pour les nuls.

Des locaux plus grands 

Pourquoi s’intéresser aux fiduciaires et ouvrir Remifid? «J’estime que je peux récupérer 50% de mes clients Remicom pour leur proposer des activités de fiduciaire. L’idée est de coupler l’établissement de sa comptabilité et une forme de coa-ching tout au long de l’année.» Il cherche désormais à racheter une fiduciaire sur Fribourg et une autre sur Neuchâtel. 

Concernant Remirisk, l’entrepreneur veut proposer à ses clients une garantie de loyer et la gestion de toutes les assurances. «Nous avons signé un partenariat avec le groupe Helvetia Assurances qui nous délègue du personnel.» Alors que cette dernière société vient de démarrer, elle a déjà signé 17 contrats uniquement via son agence de Lausanne et durant le seul mois de janvier. Remicom ne publie pas son chiffre d’affaires, mais le groupe réalise pour environ 60 millions de francs de transactions par année. «Mon objectif est de passer à 80 millions.» Souhaitant que chacune de ses sociétés dispose de ses propres locaux, Olivier Nimis vient de signer pour une surface supplémentaire de 400 m2 pour son siège de Genève. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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