Bilan

La Tunisie veut séduire les entrepreneurs

Le pays du Maghreb multiplie les incitations fiscales à l’intention des sociétés étrangères.

Avec 91 entreprises sur place, dont Nestlé, la Suisse ne compte pas parmi les principaux pays investisseurs en Tunisie. Par contre, en termes de places de travail, elle se classe au 5e rang, à en croire une déclaration récente de l’ambassadeur de Tunisie en Suisse, Mourad Bourahla. C’est bien, mais «la Suisse» du Maghreb en aimerait davantage. Pour l’heure, son pays ne se place qu’au 10e rang des pays africains dans lesquels la Suisse investit.

Pluraliste, le gouvernement actuel a adopté un plan stratégique de développement 2016-2020 où il est indiqué l’objectif d’accroître le volume des investissements directs étrangers de 80% sur les cinq ans à venir. La mise en place d’un régime offshore, établi en 1972, a permis aux acteurs étrangers de se multiplier pour dépasser la barre des 3200 entreprises assurant plus de 340  000 emplois.

Aujourd’hui, le pays est 1er exportateur mondial de dattes et d’huile d’olive, 2e producteur africain de composants automobiles, 7e producteur mondial de phosphates ou encore 8e fournisseur de l’Union européenne dans le secteur vestimentaire. 

«L’économie est diversifiée. Des secteurs nouveaux s’affirment à l’international: aéronautique, plasturgie, etc. Le tourisme ne représente que 7% du PIB du pays», annonce Zied Lahbib, directeur de l’agence tunisienne de promotion des investissements étrangers basée à Milan. 

Plusieurs projets

A l’automne dernier, une délégation suisse du Seco s’est rendue en terres carthaginoises avec des représentants d’ABB, de Nestlé ou encore de Bobst. «Nous avons ressenti la ferme volonté de développer le pays malgré une certaine instabilité», raconte Thomas Seghezzi, directeur du Cercle d’affaires Suisse-Afrique.

Présente lors d’une manifestation sur les opportunités d’investissement en Tunisie, Myriam Hernandez dirige le groupe industriel familial Cablisys Holding, établi à Cressier (FR). «Nous sommes spécialisés dans la réalisation de faisceaux électriques et de cordons d’alimentation, notamment. Nous avons l’intention d’utiliser la Tunisie comme une plateforme pour nous développer sur l’Afrique entière.»  Fondé par son père, le site de Sousse en Tunisie va prochainement voir sa capacité de production augmenter de 40%. 

Ces derniers mois, parmi les projets d’investissements directs étrangers annoncés figurent trois extensions d’unités de production: des pièces pour l’aéronautique avec 200 emplois à la clé, des boissons gazeuses (750 emplois) et des stylos et crayons (120 emplois). 

Les entreprises étrangères peuvent bénéficier de multiples incitations fiscales et financières, dont une exonération totale des bénéfices et revenus réinvestis.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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