Bilan

La sieste au bureau pour booster les performances

Dans les firmes de la Silicon Valley, la possibilité de prendre du repos est largement répandue. Une pratique favorable à la productivité qui gagne nos régions.
  • La sieste gagne en respectabilité et inspire les designers. Lancé ces derniers mois, l'"Ostrich pillow" permet de s'endormir sur un bureau, de même qu'appuyé contre une paroi.

  • Chez Google, des "EnergyPods" permettent aux employés de recharger les batteries.

  • D'après une étude de la Nasa, une sieste de 26 minutes augmente de 34% les performances. Ici l'astronaute Marsha Ivins dans la navette Atlantis.

  • D'après des études scientifiques, la sieste a des effets positifs sur l'hypertension et la mémoire.

  • Le bureau grec Studio NL a fait sensation ces derniers mois avec son invention, le bureau-lit ou "nap desk".

  • Les designers du réseau Studio Banana ont levé des fonds auprès de Startkicker pour développer l'oreiller d'autruche ou "Ostrich Pillow".

S’offrir une demi-heure de sommeil au bureau ? Une habitude qui gagne du terrain, dans le sillage des usages en vigueur chez les géants de la Silicon Valley. Chez Google, les collaborateurs disposent d’«EnergyPods» où ils peuvent recharger les batteries. Attention, il ne s’agit pas d’un bête sofa. Basé sur des technologies développées par la NASA, ce mobilier créé par la compagnie MetroNaps offre à son occupant un espace privé coupé des stimulations extérieures et une position optimale pour la circulation sanguine.

En outre, l’EnergyPod est équipé d’un système acoustique Bose qui diffuse une musique relaxante le temps de plonger dans le sommeil puis passe à un mode « éveil » alliant vibrations, lumière et des sons plus rythmés. Apple, Nike ou le Huffington Post ont aussi introduit des possibilités similaires.

« Quand on voit les gens revenir boostés par leur sieste, cette idée paraît évidente », affirme Pascal Meyer, fondateur du site d’e-commerce QoQa. Il revient avec son équipe d’un voyage à la Silicon Valley où les entrepreneurs ont visité les sièges des géants californiens. Toujours en croissance, QoQa va devoir déménager pour des bureaux plus grands d’ici deux ans. « Aujourd’hui, nos collaborateurs emmènent avec eux un « jumbo bag » dans une salle de réunion vide ou au stock, lorsqu’ils veulent s’assoupir un moment. Dans les nouveaux locaux que nous sommes en train de concevoir, nous avons prévu une salle destinée à cet usage. »  

Les scientifiques semblent s’être entendus pour multiplier les résultats sur le sujet. Une étude publiée cet automne par l’Hôpital Général Asklepieion Voula à Athènes démontre qu’un somme à la mi-journée joue un rôle préventif sur les maladies cardio-vasculaires en régulant. Preuve que la question interpelle, cette nouvelle a été répercutée jusqu’en Asie par The Times of India.

A l’Université de Genève, une équipe emmenée par Kinga Igloi a publié ce mois d’octobre une recherche démontrant que la sieste permet de réguler l’activité des réseaux neuronaux du cerveau et améliore les capacités de mémoire de l’individu. Sophie Schwartz, professeur à l'Université de Genève, détaille: "Une sieste  de 10 minutes permet de restaurer la vigilance, notamment au volant, et améliore les performances dans des tests cognitifs d'attention et de concentration. Une sieste de 30 minutes peut quant à elle entraîner une persistance de la somnolence dans l'heure qui suit." Préférez donc la "turbo-sieste", soit une pause de 10 à 15 minutes, si vous devez être efficace dès votre reveil.

En 1995 déjà, la NASA a quantifié qu’un somme de 26 minutes permet d’améliorer de 34% les performances des pilotes. Sur cette base, la culture de la sieste a aussi été adoptée par les collaborateurs au sol de l’agence américaine.

De leur côté, les designers planchent sur des accessoires de circonstances. Les geeks de StudioBanana, un réseau international basé à Madrid, ont levé des fonds sur Kickstarter pour développer l’Ostrich Pillow, un coussin portable qui permet de s’endormir n’importe où.

En Grèce, le Studio NL a quant à lui imaginé un bureau qui peut se transformer en lit grâce à un espace modulable sous la table, qui permet d'intégrer un matelas. Le « nap desk » suscite les envies sur les réseaux sociaux.

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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