Bilan

La place économique suisse serait plutôt favorable aux entreprises

Les PME estiment que la Suisse reste un lieu d'implantation favorable par ses conditions-cadre, mais le contexte économique actuel les préoccupe fortement, selon une étude de Credit Suisse.

Pour lutter contre les désavantages de la place économique suisse, une large majorité des PME mise aussi sur l'introduction des nouvelles technologies.

Crédits: Keystone

La place économique suisse est globalement favorable au succès des petites et moyennes entreprises. La situation conjoncturelle et la concurrence étrangère restent cependant des facteurs négatifs, selon une étude de Credit Suisse. Pour y remédier, les PME misent sur les nouvelles technologies.

Dans l'ensemble, ces sociétés estiment que la Suisse reste un lieu d'implantation favorable par ses conditions-cadre, a indiqué jeudi la grande banque. Mais le contexte économique actuel les préoccupe fortement.

La force du franc semble ainsi peser encore pour la plupart des quelque 2000 petites et moyennes entreprises interrogées par les chercheurs de Credit Suisse dans le cadre de leur étude annuelle sur les facteurs de succès des PME.

Beaucoup d'entreprises industrielles exportatrices avaient déjà perdu en compétitivité en raison de l'appréciation du franc entre 2010 et 2011. L'abolition du taux plancher par la BNS en janvier 2015 a aggravé la situation et "toutes les PME n'ont probablement pas entièrement absorbé le choc", expliquent les auteurs de l'étude.

L'affaiblissement des secteurs exportateurs a aussi eu pour effet d'affaiblir la demande intérieure, poursuivent-ils.

Infrastructures critiquées

Par branches, les entreprises du secteur des transports sont les plus réservées sur les avantages de la place économique suisse. Leurs reproches concernent les infrastructures et la réglementation, a expliqué Emilie Gachet, économiste de Credit Suisse, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Les PME orientées vers le marché intérieur, comme les branches des services aux entreprises, de la santé ou des technologies de l'information, sont à l'inverse plus positives.

Les micro-entreprises, employant moins de dix personnes, sont aussi pessimistes. Pour les auteurs de l'étude, il se peut que les conditions de financement moins avantageuses pour elles que pour les plus grandes et leur problème à recruter de la main-d'oeuvre hautement qualifiée expliquent ce point de vue.

Craintes pour l'immigration

Ce que l'étude relève d'étonnant, c'est que malgré les signes de reprise, les PME se montrent sceptiques concernant l'avenir, a ajouté Mme Gachet. Il est possible que les entreprises sondées craignent l'arrivée de nouveaux facteurs négatifs.

Dans ce cas, il pourrait s'agir par exemple de l'application de l'initiative contre l'immigration de masse, a-t-elle remarqué. Il se peut aussi que toutes les PME n'aient pas encore pris toutes les mesures pour contrer la force du franc, selon elle.

Pour 56,5% des PME interrogées, la Suisse souffre, comparé à la concurrence étrangère, de coûts de production élevés. Les entreprises de l'industrie traditionnelle, celles qui ont des sites à l'étranger ou qui exportent davantage, sont souvent les plus pessimistes à ce sujet.

Délocalisation possible

Pour lutter contre les désavantages de la place économique suisse, près d'un quart (23,8%) des entreprises citent une délocalisation. Mais une large majorité (72,3%) mise aussi sur l'introduction des nouvelles technologies pour gagner en compétitivité.

Plus d'un cinquième des PME interrogées les utilisent déjà fortement ou très fortement. Il s'agit principalement de systèmes de production auto-organisés ou des analyses de big data. Les jeunes entreprises, les PME de plus grande taille et les entreprises spécialisées dans l'information et la communication sont les plus avancées dans ce domaine.

La Suisse compte plus d'un demi-million de petites et moyennes entreprises. Ces sociétés de moins de 250 employés représentent plus des deux tiers des emplois. Credit Suisse a mené son enquête entre mars et avril auprès de 1942 d'entre elles.

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