Bilan

La méditation séduit les grands patrons

De plus en plus de chefs d’entreprise recourent à cette technique ancestrale. Ils l’affirment: elle les aide à affronter le stress au quotidien et à prendre les bonnes décisions.
  • Directeur de Genève Tourisme et Congrès, Philippe Vignon pratique le yoga et la méditation tous les jours depuis vingt ans.

    Crédits: Alban Kakulya
  • Cofondateur de Twitter, Evan Williams est un adepte de la pleine conscience...

    Crédits: Dr
  • ... une technique mise au point par le biologiste Jon Kabat-Zinn.

    Crédits: Dr

Stress, agenda surchargé, décalage horaire, manque de sommeil... Confrontés à un rythme de vie effréné, les patrons ont besoin d’exutoires pour évacuer la pression. Et la méditation semble se révéler une solution très efficace. 

«J’organise de plus en plus des cours privés de méditation pour des chefs d’entreprise. Je constate un regain d’intérêt de leur part, d’autant plus qu’ils apprécient d’avoir un horaire flexible au vu de leurs agendas chargés. En outre, la demande est plus masculine pour ces leçons que pour le yoga, par exemple», confirme Alexandre Baechler, professeur de méditation et de yoga à Genève. Pour un leader, le travail constitue près de 90% de son temps. Un leader doit donc apprendre à se détendre et à bien réagir face aux contraintes.

Steve Jobs en avait d’ailleurs fait son credo. Précurseur parmi les patrons, il affirmait que la pratique zen lui avait appris à se concentrer, à ignorer toute distraction et à suivre son intuition. De plus en plus de grands managers, notamment dans le domaine des technologies, ont suivi les traces du gourou d’Apple. Marc Benioff, directeur de salesforce.com, l’a utilisée pour réduire son stress quand il travaillait chez Oracle.

Le CEO de LinkedIn, Jeff Weiner, prétend que la discipline peut permettre de clarifier son esprit. Enfin, Evan Williams, cofondateur de Twitter, a repris ses séances de «mindfulness» (pleine conscience) après le lancement de sa société pour rester performant sur le long terme.

Plus près de chez nous, le directeur général de la Fondation Genève Tourisme et Congrès, Philippe Vignon, exerce le yoga et la méditation depuis deux décennies à titre de développement personnel. «Pour moi, c’est une routine quotidienne de vingt minutes qui me permet de démarrer ma journée. J’ai même dédié une pièce de mon habitation pour m’exercer. Au bureau, il m’arrive parfois de prendre du temps et de poser ma respiration.» 

Au cours de sa carrière, le directeur relève que cette hygiène de vie lui permet de mieux affronter une vie professionnelle en accélération où l’être humain est constamment dans l’action. Souvent, les disciples du «mindfulness» se sentent plus créatifs. «Méditer permet de se donner du temps pour être, pour prendre du recul, pour se rééquilibrer», ajoute encore Philippe Vignon.

En guise de résultat, le manager est plus posé pour recevoir les inputs du monde extérieur et pour gérer les relations avec ses collaborateurs. «La discipline offre beaucoup de clarté pour prendre des décisions. Elle éloigne le doute et la confusion de l’esprit», observe Alexandre Baechler. Les problèmes sont ainsi appréhendés plus rapidement.

La pleine conscience

Il s’agit de s’entraîner, au quotidien, afin de suspendre les activités de l’esprit. Concrètement, l’élève apprend à fixer son attention sur une pensée, un objet, sa respiration… Ce que les initiés appellent la «pleine conscience». Des recherches ont démontré qu’elle pouvait décupler l’attention et la créativité. La démarche permet de se débarrasser de nos affects négatifs et de produire de bonnes émotions dans le cerveau.

En outre, plusieurs études scientifiques ont établi son efficacité dans le traitement de la douleur, de la dépression et également pour atténuer les problèmes d’insomnie. Des cours sont donc souvent intégrés dans les structures hospitalières. On retrouve ainsi des programmes basés sur la méditation dite de «pleine conscience», mise au point en 1979 par le biologiste Jon Kabat-Zinn.

Dénommées MBSR (mindfulness based stress reduction) et MBCT (mindfulness based cognitive therapy), ces techniques sont issues de différentes pratiques bouddhistes et d’éléments de psychothérapie cognitive. Le phénomène s’étend également à d’autres populations.

En Asie, les entreprises offrent même des vacances payées à leurs employés qui partent en retraite pour se recentrer. Certains centres carcéraux et certaines écoles situées dans des quartiers défavorisés américains ont instauré des cours pour désamorcer les conflits et les agressions entre leurs pensionnaires.  

Patricia Meunier

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