Bilan

La Finma bloque les dividendes prévus par UBS

UBS prévoyait de verser un dividende pour 2014 déjà. Mais c'était compter sans l'autorité de surveillance des marchés financiers (Finma) qui vient de couper l'herbe sous les pieds de la banque. Et ainsi fragiliser son directeur général.
Le directeur général Sergio Ermotti lors de l'assemblée générale d'UBS en mai 2013.
UBS voulait verser un dividende au plus tôt, histoire de faire oublier toute une série de déconvenues ces dernières années, comme l'épisode des subprimes ou encore le dossier Kweku Adoboli. L'autorité de surveillance des marchés financiers (Finma) vient de mettre fin à ces ambitions.

L'instance a en effet décidé au début octobre d'augmenter temporairement de moitié les actifs de la banque pondérés en fonction du risque opérationnel. Comme l'explique UBS, cette décision a été prise pour «des questions liées à des litiges, à la conformité et autres questions en matière de risque opérationnel connues ou non connues.»

Retard dans les objectifs d'UBS

Dans les chiffres, UBS devra augmenter ses actifs de 28 milliards de francs. Elle pourra en atténuer l'effet avec l'intégration des fonds du StabFund, dont le rachat a été consenti par la Banque Nationale Suisse (BNS). La banque confirme qu'elle veut maintenir un ratio de capital de 13% pour 2014 conformément à Bâle III mais elle n'en sera qu'à 11,6% une fois toutes ces mesures intégrées.

Dans ces conditions, autant dire que l'objectif d'un ratio de distribution global de plus de 50% tombe quasiment à l'eau. Et l'objectif d'un rendement des fonds propres à de 15% subira un retard d’au moins une année «si l’augmentation de la Finma n'est pas éliminée», ajoute UBS.

La Finma resserre les boulons

La Finma se justifie en s’appuyant sur une comparaison entre les pertes subies dans son passé récent et le capital disponible pour faire face aux risques opérationnels. Les résultats du modèle ne cadraient pas avec une estimation conservatrice, a ajouté le porte-parole Tobias Lux à Tages Anzeiger.ch/Newsnet.

La Finma veut ainsi parer au manque de contrôle qu'elle avait pu constater dans l'affaire Kweku Adoboli. L'arrivée de Sergio Ermotti a permis de redresser la situation avec un programme de contrôle mais le directeur général voulait faire du retour au dividende le symbole de son succès.

Ses actionnaires devront donc encore patienter: à part des distributions de réserves en 2011 et 2012 ou un dividende sous forme d'option en 2007, ils n'ont plus vu de dividende en espèces depuis 2006. Une nouvelle qui ne plait pas en bourse, où le titre d'UBS plonge depuis son ouverture.

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