Bilan

La consommation de gaz russe ne peut qu'augmenter

Gazprom assure que la part de gaz russe consommé en Europe, déjà record, ne peut qu'augmenter malgré la concurrence du gaz naturel liquéfié (GNL) américain et les tensions avec l'UE.

Les relations se sont tendues ces dernières années entre Gazprom et l'UE, qui accuse Moscou d'utiliser le gaz comme arme politique et d'abuser de sa position dominante.

Crédits: AFP

La part de gaz russe consommé en Europe, déjà record, ne peut qu'augmenter à l'avenir malgré la concurrence du gaz naturel liquéfié (GNL) américain et les tensions avec l'Union européenne, a assuré jeudi le patron du géant gazier russe Gazprom.

Quelles que soient les livraisons de GNL des Etats-Unis, "la part de marché de Gazprom va de toute façon augmenter", a martelé Alexeï Miller lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de l'assemblée générale annuelle des actionnaires.

Le directeur général du groupe public, détenteur du monopole des exportations de gaz russe par gazoduc, a souligné que la part de marché de Gazprom sur le marché européenne avait atteint un "record" à 31% en 2015 et que la demande continuait d'augmenter cette année.

Selon Gazprom, au premier semestre, les livraisons de gaz vers l'Europe et la Turquie ont augmenté de 14% par rapport à l'an dernier, en particulier grâce à de fortes croissances vers l'Allemagne, la Pologne et la France.

"Si la dynamique actuelle se maintient (...), les livraisons atteindront 170 milliards de m3", a estimé M. Miller. "On peut dire avec un niveau élevé de certitude que les exportations de Gazprom en 2016 se situeront entre 166 milliards et 170 milliards de m3", a-t-il poursuivi, ajoutant que cette fourchette pourrait être dépassée en cas de début d'hiver froid.

Jusqu'à présent, le groupe public russe s'attendait à une croissance de ses exportations vers l'Europe et la Turquie à 165 milliards de m3 en 2016 contre 159 milliards l'an dernier, un niveau sans précédent.

Les relations se sont tendues ces dernières années entre Gazprom et l'Union européenne, qui accuse Moscou d'utiliser le gaz comme arme politique et d'abuser de sa position dominante. Bruxelles cherche à réduire la dépendance au gaz russe et certains pays comme la Pologne investissent dans des projets de GNL pour s'approvisionner ailleurs, comme aux Etats-Unis ou en Norvège.

"Nous ne sommes pas inquiets des livraisons de GNL américain", a insisté M. Miller, soulignant que la tendance était à "la baisse de production locale" en Europe, d'où un besoin croissant d'importer.

Selon le patron de Gazprom, d'ici à 2025, l'Europe aura besoin d'importer 100 milliards de m3 de gaz en plus par an et 150 milliards d'ici à 2035. "2015 a montré que le gaz transporté par gazoduc vers l'Europe était plus demandé que le gaz naturel liquéfié" (GNL), a-t-il insisté.

Depuis l'abandon du projet de gazoduc South Stream dans le sud de l'Europe, bloqué par l'UE, Gazprom a lancé un autre projet via la Baltique, Nord Stream 2, avec la participation de groupes énergétiques européens.

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