Bilan

La Chine gourmande en entreprises allemandes

"Avec 37 acquisitions réalisées, l'Allemagne reste la cible d'investissement numéro un en Europe" de la Chine, montre une étude du cabinet Ernst & Young (EY) publiée jeudi.

Le rachat du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea constitue la troisième plus grosse acquisition d'un groupe européen par un chinois.

Crédits: AFP

L'appétit de la Chine pour les entreprises européennes, et surtout allemandes, a atteint sur la première moitié de l'année 2016 un niveau inédit, montre une étude du cabinet Ernst & Young (EY) publiée jeudi.

"Avec 37 acquisitions réalisées, l'Allemagne reste la cible d'investissement numéro un en Europe", résume EY dans un communiqué.

C'est au total pas moins de 10,8 milliards de dollars qui ont été placés par des investisseurs chinois dans des entreprises allemandes, pour beaucoup industrielles, sur le seul premier semestre 2016, contre 526 millions pour l'ensemble de l'année 2015.

Le rachat en cours, malgré des grincements de dents à Berlin, du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea constitue la troisième plus grosse acquisition d'un groupe européen par un chinois, derrière celle du chimiste suisse Syngenta, pas encore bouclée, et celle annoncée fin juin du concepteur finlandais de jeux vidéos Supercell.

"Avec une croissance ralentie sur leur marché domestique, les entreprises chinoises se voient forcées de développer de nouveaux champs d'activités et de se déplacer de la production de masse vers la haute-technologie et la spécialisation" et "le chemin le plus rapide pour cela est l'acquisition de leaders de marché étrangers", explique Yi Sun, partenaire de EY Allemagne, citée dans le communiqué.

Sur l'ensemble de l'Europe, ce sont 164 entreprises qui ont été entièrement rachetées ou bien ont vu des Chinois prendre une participation dans leur capital. Le record de 2015 avec des investissements dans 183 entreprises en Europe, dont 39 en Allemagne, devrait être largement dépassé en 2016.

Après l'Allemagne, c'est la France et le Royaume-Uni qui ont le plus les faveurs des investisseurs chinois.

La Chine est quant à elle au troisième rang des investisseurs en Allemagne au premier semestre 2016, derrière les Etats-Unis (64 acquisitions) et la Suisse (45 acquisitions).

"La plupart des investisseurs chinois poursuivent une approche stratégique et de long terme, qui peut profiter tant à l'acheteur qu'à l'acheté", assure Yi Sun, soulignant que la plupart des entreprises rachetées sont des entreprises à la pointe technologiquement et donc guère délocalisables.

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