Bilan

La banque Mirabaud perce en Europe

L'établissement genevois a gagné de nouveaux clients en 2015, mais le marché des entrées en bourse était à l’arrêt.
  • Le franc fort et les taux négatifs ont pesé dans le bilan 2015 de la banque Mirabaud.

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  • Lionel Aeschlimann, associé de la banque privée genevoise Mirabaud.

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  • Antonio Palma, associé de la banque privée genevoise Mirabaud.

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«C’est un exploit»: Antonio Palma, l’associé de la banque Mirabaud se réjouit que l’établissement ait gagné des avoirs de clientèle en six mois. Entre juin et décembre 2015, les avoirs administrés sont passés de 31,4 à 32,8 milliards de francs. Les divisions banque privée et Asset Management (gestion institutionnelle) ont attiré 1 milliard de nouveaux apports nets, qui ont permis de compenser l’impact négatif de la baisse des marchés et les effets du franc fort. «Il ne faut pas oublier qu’en janvier 2015, la fin du taux plancher avait causé une baisse soudaine de 10% à 15% de tous les portefeuilles en monnaies étrangères», rappelle l’associé de la banque privée genevoise. Sachant que 80% des actifs d’une banque comme Mirabaud sont libellées dans d’autres monnaies que le franc, l’impact était important. «Les banques de gestion sont probablement le premier secteur exportateur en Suisse, souligne Antonio Palma, et sont donc les premières affectées par la force du franc suisse».

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Mirabaud a attiré de nouveaux actifs en France et en Espagne, notamment, deux bureaux devenus des succursales de sa banque du Luxembourg. Son bureau de Londres développe également la gestion de fortune, et une tête de pont a été inaugurée à Milan en 2015. Dans la gestion institutionnelle, le groupe fait état de collectes d’avoirs, ayant notamment gagné le mandat de l’un des plus grands fonds souverains du monde, celui de Norvège.

Un bénéfice en recul de 16%

Le bénéfice 2015 du groupe est toutefois en recul de 16% par rapport à 2014. Ceci est dû à son activité plus cyclique, celle de l’intermédiation sur le marché des entrées en bourse (ou « corporate finance »). Dans ses activités de courtage, la banque emploie 100 personnes à Londres, Genève, Madrid, Zurich et Hong Kong. Or le nombre d’entrées en bourse a chuté l’an dernier. Alors qu’il y a cinq ans, la banque avait participé à une vingtaine de mises en bourse, l’an passé a connu seulement deux transactions. «Nous n’avons toutefois pas licencié, ni fermé de bureaux», souligne Antonio Palma. «Nous sommes des entrepreneurs, et nous avons la main sur ce que nous voulons investir».

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Avec les taux d’intérêt négatifs, la clientèle internationale qui appréciait d’avoir un compte courant en francs suisses s’est tarie, car ces dépôts leur coûtent désormais de l’argent. «Il s’agit de trouver des alternatives à ce type de placement qui perd ses qualités défensives ; par exemple, des fonds obligataires plus flexibles en termes de durations», relève Lionel Aeschlimann, associé qui a développé depuis cinq ans l’activité de l’asset management de Mirabaud.

L'impact des taux négatifs

S’ils ne s’opposent pas aux taux négatifs, les associés de Mirabaud en critiquent les modalités d’application, car elles désavantagent les banques privées par rapport aux grandes banques et banques cantonales. Fixés à -0,75% actuellement par la BNS, les taux négatifs sont essentiellement supportés par les banques privées, qui typiquement ont des fonds propres supérieurs aux exigences réglementaires (à l’instar de Mirabaud, dont le ratio de fonds propres Tier 1 atteint 21,06%). Pour les déposer auprès de la BNS, elles doivent s’acquitter des taux négatifs sur ce capital. Les autres banques sont exonérées des taux négatifs du fait de leur obligation de déposer des réserves minimales plus importantes à la BNS. Pour les associés de Mirabaud, la BNS devrait changer sa clé de répartition : « si toutes les banques payaient un taux identique, par exemple de -0,25%, au lieu d’un taux de -0,75% payé par les banques privées, la mesure serait à la fois plus efficace et plus équitable », conclut Lionel Aeschlimann.

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Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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