Bilan

«La place de marché fonctionne très bien»

Leader en Suisse romande, le site de petites annonces gratuites Anibis souhaite encore renforcer sa position dans tout le pays. Sandro Zosso, son directeur, mise sur des technologies innovantes.

Sandro Zosso: «Il y a auprès des utilisateurs romands une forte identification à la plateforme.»

Crédits: Dr

Avec en moyenne 12 000 annonces publiées quotidiennement, anibis.ch est aujourd’hui l’une des plus importantes plateformes en ligne de petites annonces gratuites de Suisse. Fondée en 2004 par un étudiant de l’EPFL, elle appartient depuis 2009 au groupe Ringier. La société s’attaque alors au marché suisse alémanique où la concurrence est déjà très présente. Rencontre avec le directeur d’Anibis

Quels sont les liens entre Anibis et Scout 24? Qu’en est-il de la concurrence?

Anibis.ch appartient à Scout24 qui est détenue à 50% par Ringier et 50% par la compagnie d’assurances La Mobilière. La marque Scout24 regroupe les plateformes ImmoScout24, AutoScout24, MotoScout24 et anibis.ch. Le business modèle de Scout24 se base ainsi sur des plateformes verticalisées (spécialisées et payantes) d’une part et d’autre part sur des plateformes horizontales (et gratuites)comme anibis.ch. Au niveau suisse, notre principal concurrent est Tutti.ch, détenue par le groupe Tamedia (éditeur de Bilan). Malgré des business modèles différents du nôtre, Facebook Marketplaces et Ricardo.ch peuvent aussi être considérés comme des concurrents directs d’anibis.ch.

Comment expliquez-vous le succès d’anibis.ch?

Les acquéreurs peuvent trouver rapidement les objets qu’ils veulent à des prix très intéressants et dans leur région. Inversement, les vendeurs peuvent très vite vendre les objets qu’ils n’utilisent plus et en retirer un peu d’argent. La place de marché fonctionne très bien en Romandie, où nous sommes clairement les leaders. Il y a auprès des utilisateurs romands une forte identification pour la plateforme. En Suisse alémanique, nous n’avons pas la même pénétration,le nombre d’objets et d’utilisateurs sont plus faibles, donc les transactions moins fréquentes. 

Quel est votre modèle d’affaires?

60% du chiffre d’affaires vient des annonces placées (premium) et 40% de la publicité sur le site. Nous ne dévoilons pas le chiffre d’affaires, mais la croissance annuelle au niveau du trafic, des objets mis en vente et des ventes effectives est de plus de 10%. L’entreprise est rentable sans que nous enregistrions un très gros chiffre d’affaires. 

Combien avez-vous de collaborateurs?

Entre 40 et 50 personnes.

Qu’est-ce qui se vend le mieux?

Les accessoires – vêtements, jouets, poussettes – pour enfants se vendent très bien. Les objets qui restent plus longtemps sur la plateforme sont des objets de collection, par exemple des timbres.

Quels sont les plus grands défis, actuels et futurs, des places de marché en ligne comme Anibis?

Les trois grands défis des places de marché en ligne, indépendamment de leur localisation, se situent au niveau de la sécurité des transactions (paiements), de la détection des messages inappropriés (sécurité) et de la logistique entre vendeur et acheteur (transport). Nous testons en ce moment différentes solutions innovantes pour pallier ces besoins qui permettront à anibis.ch de rester pérenne. 

Comment luttez-vous contre les annonces frauduleuses et autres tentatives d’escroquerie sur la plateforme?

Depuis deux ans, nous utilisons, avec succès, une application basée sur l’intelligence artificielle pour reconnaître et bloquer un maximum d’annonces frauduleuses. Mais le «machine learning» ne remplacera jamais l’humain. Les cas les plus complexes ne peuvent être détectés que par des spécialistes formés pour repérer les fraudes les plus subtiles. Grâce à un échange régulier avec des plateformes du monde entier, des associations actives dans la lutte contre la fraude et les contrefaçons et les autorités suisses, nous sommes en mesure d’identifier les nouveaux mécanismes de fraudes dès qu’ils apparaissent et d’adapter notre application de contrôle en ce sens. Malgré tout, certaines catégories continuent à être contrôlées manuellement par nos agents et spécialistes, comme la catégorie «animaux».

Donnez-nous un exemple d’annonces frauduleuses?

Lorsque vous tombez sur des annonces pour des biens immobiliers à des prix excessivement bas, vous pouvez être certains qu’il s’agit de fraudes. Ou lorsqu’on vous demande de verser un acompte pour pouvoir visiter un logement. 

Fin décembre 2018, Anibis comptabilisait 956 000 annonces et 9,7 millions de visites. (Crédits: Dr)

Quelles sont les plaintes les plus fréquentes et commentles gérez-vous?

En cas de litige, c’est à l’utilisateur de porter plainte en son nom. Anibis.ch n’est pas partie prenante dans la transaction et ne connaît pas les accords passés entre un vendeur et un acheteur. 

Les plaintes les plus fréquentes sont liées à des objets payés en avance mais jamais livrés. Les victimes nous signalent une majorité de cas. Nous leur conseillons ensuite la bonne marche à suivre pour dénoncer le cas auprès des autorités. De notre côté, nous contrôlons le profil de l’utilisateur incriminé, enregistrons son historique et le bloquons immédiatement. Pour des raisons de protection des données, nous ne transmettons les informations d’un utilisateur qu’à la police dans le cadre d’une enquête. 

Qu’en est-il de la gestion des annonces coquines?

Nous contrôlons automatiquement puis manuellement toutes les annonces, soit les images et les textes, afin de garantir qu’elles respectent nos conditions d’insertion. 

Vos prochains challenges au sein d’Anibis?

Anibis.ch souhaite continuer à croître en Suisse romande et renforcer ainsi sa position de leader. Pour y parvenir, nous allons investir dans le produit, donc la plateforme elle-même. Nous allons utiliser les technologies actuelles et futures pour simplifier la création d’annonces et la recherche. Nous allons ajouter des fonctions qui permettent de simplifier la transaction (par exemple des services de paiement sécurisés pour l’acheteur et le vendeur ou un service logistique).  

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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