Bilan

L’Unil s’adapte aux sportifs d’élite

Une structure ouvrira ses portes à Lausanne en 2014 pour permettre de mener de front carrière sportive et formation académique.
Grégoire Millet, directeur de l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (ISSUL). Crédits: Jeremy Bierer

En 2011, Swann Oberson devient la première Suissesse à accéder au titre de championne du monde de natation. Un titre qui vient couronner un travail de longue haleine: trente heures hebdomadaires passées dans l’eau et de nombreux voyages. Consciente que la carrière de sportif est éphémère, la jeune femme se fixe alors un nouveau défi en parallèle: une formation académique.

Elle s’intéresse aux sciences du sport et à la géographie,et se donne pour objectif d’enseigner. Arrivée à l’Université de Lausanne l’année passée, la nageuse commence son bachelor sans aménagement particulier. Impossible. Elle réalise toute la difficulté de mener de front ses deux projets sans bénéficier de conditions spécifiques. 

Cursus flexible

Celles-ci lui seront bientôt offertes par une nouvelle structure qui ouvrira ses portes à Lausanne en 2014. L’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne (ISSUL) soutiendra les sportifs répondant aux critères Swiss Olympic. Il s’agit d’un contrat tripartite entre l’athlète, la fédération sportive concernée et l’Université. 

Le premier pilier de cette structure repose sur l’aménagement du temps d’étude. Plus flexible, le cursus académique s’adaptera aux impératifs de voyage, d’entraînement ou encore de compétition. La deuxième mesure concerne le suivi de l’athlète.

Grégoire Millet, directeur de l’ISSUL, explique vouloir «un suivi individualisé sous la forme d’un tutorat». Accompagnement et soutien au plus près de l’étudiant, sur le plan sportif comme académique. Swann Oberson raconte avoir manqué trois semaines de cours afin de se rendre à un camp d’entraînement. Dans ce type de situation, le professeur sera mis à disposition pour un soutien personnalisé.

Valeur ajoutée

Une poignée d’étudiants-sportifs aura donc pour lourde tâche de poursuivre un double projet. «Je serais moins performant si je ne faisais que du sport», entend souvent Grégoire Millet. Ce qui est sûr, c’est qu’une fois la carrière sportive terminée, ces profils hors norme sont loin d’être inintéressants pour les entreprises.

Souvent décrit comme «la plus belle école de la vie», le sport de haut niveau est porteur de valeurs que les entreprises souhaitent retrouver chez leurs collaborateurs: objectifs à atteindre, performance, respect, sérieux, gestion des doutes, de l’échec ou encore des succès. «Pour les plus médiatisés, il y a en plus un vecteur d’image qui peut être positif pour les entreprises, ajoute Grégoire Millet. Avant de préciser qu’«il y a cependant un moment de fragilité quand vient l’heure de la reconversion». 

Toutefois, être porteur de ces valeurs ne suffit pas. «Les compétences professionnelles restent un prérequis pour avoir une vraie valeur ajoutée en entreprise.» A quand un grand patron champion du monde?

Yves Smadja

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