Bilan

L’expérience zéro gravité de S3 menacée

La société suisse Swiss Space Systems sera-t-elle en mesure d’assurer les 7 vols agendés en 2017 depuis Payerne? Les nuages s'accumulent autour de la start-up vaudoise et mettent en péril une offre qui semblait très attrayante face aux propositions concurrentes.
  • L'Airbus A 340 avec la futur navette prévue dans un deuxième temps.

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  • Swiss Space Systems (S3) avait prévu de longue date la construction d'un SpacePort à Payerne.

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  • Pascal Jaussi, CEO et fondateur de Swiss Space Systems (S3).

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Alors que le Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois doit décider de la mise en faillite ou non de la compagnie suisse S3 (Swiss Space Systems) comme le relate Le Matin, l’agence de voyages Fert à Genève mise sur une poursuite de l’aventure de la «Zero Gravity Experience». «L’avion a été repeint aux couleurs de S3 cet automne et il doit arriver ces jours chez SR Technics pour effectuer les modifications intérieures. Pour nous le premier vol aura lieu le 30 janvier. Nous attendons les premiers vols tests pour recommencer la commercialisation», nous indique Jean-Claude Fert.

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Son agence détient le contrat exclusif pour le monde. Le représentant de la cinquième génération de cette entreprise familiale préside par ailleurs l’association ITP (International Travel Partnership) qui collabore étroitement à la commercialisation des vols de S3 en étant présente dans 60 pays. «En dehors de la Suisse, il y a un très fort engouement au Moyen-Orient et en Extrême-Orient», relève Jean-Claude Fert.

Seuls trois autres avions dans le monde proposent une expérience similaire. Aux Etats-Unis, avec un Boeing 727, en Russie avec un Ilyushin-76 MDK (utilisé par Star City pour la formation des cosomnautes) et en France (avec Air Zero G) avec un Airbus A310. «L’avantage avec S3 c’est que la société exploite un A340 qui offre davantage d’espace et qui est à commandes électriques.» Pour faire vivre cette expérience unique, le vol prévu se composera d’une quinzaine de paraboles d’une durée de 20 à 25 secondes durant lesquelles l’expérience d’un vol en apesanteur peut se dérouler. L’avion grimpe d’une altitude de 24 000 à 34 000 pieds en l’espace de 20 secondes, intervient ensuite l’apesanteur nulle, avant que le pilote redescende à 24 000 pieds, et ainsi de suite une quinzaine de fois. Précisons que le vol est censé durer environ 90 minutes.

Possibilité d'affréter l'avion pour une soirée

Pour quel prix ? Le client peut choisir entre trois formules: la VIP Room où l’on peut être au maximum 12 personnes dans un espace d’un peu moins de 50 m2 ; la zone Premium où 24 personnes peuvent prendre place ; et la « Party zone », plus accessible et qui peut prendre 35 passagers. Dans les zones VIP et Premium, le client reçoit également une montre exclusive réalisée par TAG Heuer et une combinaison S3. Il existe aussi un package comprenant un repas en soirée avec l’équipage, etc.

Le prix de la zone VIP est communiqué sur demande. Il est fixe que l’on soit seul, deux ou 12. En zone Premium, cela revient à CHF 7500.- et en zone « party » à CHF 2950.-. « Nous avons déjà loué la totalité de l’avion pour des clients en Extrême-Orient», indique le patron de Fert. Il sera aussi possible d’affréter l’avion pour une soirée avec sa clientèle, sans forcément aller chercher le zéro G... sauf si la justice suisse vient mettre en terme prématuré à l’aventure S3.

Car tout reste menacé par les actions engagées actuellement devant la justice par les parties prenantes et les difficultés financières de Swiss Space Systems. Si les juges venaient à trancher en défaveur de Pascal Jaussi, CEO de la start-up, les rêves de stratosphère et de vol en micro-gravité pourraient s'évanouir pour les clients ayant déjà réservé leur billet. 

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Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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