Bilan

L'avenir de l'électroménager selon le PDG de BSH

Du four à la machine à laver, la connectivité augmente. Les smartphones permettent de prendre le contrôle à distance, et la tendance va en augmentant. Karsten Ottenberg, le PDG du groupe BSH, issu d'une collaboration de Siemens et Bosch, se réjouit de la nouvelle génération d'objets. Il nous livre sa vision du futur.

Karsten Ottenberg est le PDG du groupe BSH depuis 2013.

Crédits: BSH

Bilan: Que représente le marché suisse pour BSH ?

Karsten Ottenberg: Le marché suisse va bien, il est stable. Les Suisses semblent apprécier nos produits. Le franc fort a provoqué quelques changements, et nous avons dû réagir à l’évolution de cette monnaie, mais dans l’ensemble rien de réellement bouleversant.

Vous êtes l’un des leaders du marché de l’électroménager. Comment maintenez-vous ce rang ?

Nous sommes clairement les numéro 1 en Europe. Je pense que nous avons une bonne stratégie. Nous cherchons surtout à toujours nous adapter dans ce marché dynamique. Nous devons comprendre les consommateurs.

En quoi l’acheteur d’électroménager a changé ces dernières années ?

Avant, il allait au point de vente, et n’avait que les explications du vendeur. Aujourd’hui, il peut se renseigner au préalable, aller voir au magasin ou le commander. Les produits sont complexes, et il y a de nombreuses manières d’en expliquer le fonctionnement. Nous devons connecter les besoins avec les possibilités.

Cela signifie que l’enjeu est aujourd’hui de pouvoir communiquer plutôt que de développer davantage de fonctionnalités ?

Pour l’expérience utilisateur, c’est cela. Ma femme, par exemple, ne connaissait pas une fonctionnalité de notre lave-linge et j’ai dû lui expliquer. Les personnes doivent comprendre nos produits, qui sont complexes. Nous comptons à l’avenir développer nos objets connectés, et surtout l’interactivité. C’est aussi pourquoi nous avons investi dans Kitchen Stories.

Vous avez également lancé un produit exclusivement destiné aux pays en développement. Qu’en est-il ?

Pour rester leader du marché, il nous faut également gagner davantage de consommateurs. Quand nous sommes allés au Kenya, nous avons vu des personnes obligées de jeter les légumes achetés au marché le matin le soir-même. Avec la Freshbox, ils peuvent les garder durant 4 jours ! Être frais là-bas a un sens complètement différent que chez nous...

Est-ce vraiment le rôle de BSH ?

Je dirais que notre but est toujours d’enrichir la vie des personnes. Que ce soit un New Yorkais habitant dans un penthouse ou un Kenyan qui n’a que peu de moyens, ce sont des gens que nous pouvons toucher. Dans le cas de la Freshbox, ce n’est pas un marché qui nous rapportera des millions mais cela nous semble important. Il faut d’ailleurs s’attendre à de nombreuses nouveautés dans les 12 prochains mois.

Ce sont des publics bien différents...

J’aime cela ! Certains n’ont pas le choix, et prennent ce qu’ils peuvent. D’autres ont les moyens de s’offrir un design unique qui se fond dans leur lieu de vie. Ce sont toujours des manières différentes de plaire, et deux visions qui attirent les consommateurs.

Quels sont les différents publics cibles des marques de BSH ? 

Pour moi, Siemens s'adresse davantage aux consommateurs qui aiment se différencier par la technologie. Les cuisiniers qui choisissent Bosch mettent quant à eux l'accent sur la qualité et l’obtention de résultats parfaits.

Et vous, où vous placez-vous ?

Moi je suis davantage Gaggenau. Ma femme est plutôt Siemens.

Auparavant, vous étiez physicien, maintenant vous êtes à la tête de BSH. Que s’est-il passé ?

La vie est pleine de surprises ! Elle est surtout longue, et il faut profiter des expériences à notre portée. Il faut être ouvert et apprendre, et quand j’ai eu l’opportunité d’entrer à BSH, j’ai voulu contribuer et apporter quelque chose au marché.

L’avenir de l’électroménager ressemblera à quoi ?

Nous allons vers un écosystème ouvert, dans lequel les appareils de cuisine sont connectés et liés à des plateformes de service. Je pense que d’ici 2020, les produits seront largement connectés, tout comme les commandes vocales.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de sociétés, au business du sport et aux jeux vidéo.

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