Bilan

Kering progresse en 2014 mais sa star Gucci a marqué le pas

Le groupe, également propriétaire de Puma ou encore Balenciaga, a plus que décuplé son bénéfice net en 2014. Mais les ventes de Gucci, principale source de profits de Kering, ont reculé.

Kering entend poursuivre en priorité sa croissance organique en 2015, en se concentrant sur "la revitalisation de Gucci" et "la relance de Puma", selon le directeur financier Jean-Marc Duplaix.

Crédits: DR

Le groupe de luxe et d'habillement sportif Kering a décuplé son bénéfice net en 2014 à 529 mio EUR et ses ventes ont progressé de 4% à 10 mrd EUR, mais sa marque phare Gucci a marqué le pas.

L'activité de Kering a été "soutenue" dans les pays matures, Japon et Amérique du Nord en tête, et s'est développée dans les pays émergents, mais Gucci a souffert des troubles à Hong Kong, a indiqué le groupe mardi.

Pour la première fois depuis des années, les ventes de la marque italienne, principale source de profits de Kering, ont reculé.

Cette baisse, combinée aux coûts de relance chez Puma et aux effets de change, a pesé sur le résultat opérationnel courant du groupe, qui recule de 5% à 1,67 mrd EUR.

Gucci a vu son chiffre d'affaires diminuer de 1,8% à 3,5 mrd EUR (-1,1% à données comparables) et son bénéfice opérationnel chuter de 6,7% à 1,06 mrd EUR.

La dynamique de Gucci s'est toutefois améliorée au quatrième trimestre, avec un recul des ventes de seulement 0,5% à données comparables, contre -2,4% au deuxième trimestre et -1,9% au troisième.

Le quatrième trimestre de Kering a d'ailleurs été meilleur qu'attendu par les analystes.

La remontée d'activité du géant sportif allemand Puma s'est confirmée au second semestre, notamment sur le segment majeur des chaussures, au terme d'une "année charnière", se félicite Kering.

Pour autant, Puma a vu son bénéfice opérationnel reculer d'un tiers en un an à 128 mio EUR, pour un chiffre d'affaires de 3 mrd EUR (+3,4% à données comparables).

Sous le poids de Gucci, de Puma et des parités de devises, le taux de marge opérationnelle de Kering a baissé d'un point et demi en 2014, de 18,1% à 16,6%.

Et le bénéfice net a été amputé de près d'un demi-milliard d'euros en raison notamment des charges liées à la cession des dernières activités de Redcats (La Redoute, Relais Colis...)

Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net atteint 1,18 mrd EUR, en baisse de 4,4% sur un an.

Côté ventes, l'activité du groupe a de nouveau été tirée par le pôle luxe, qui progresse de 6% à 6,76 mrd EUR (+4,9% à données comparables), alors que les ventes du pôle Sport et Lifestyle, emmené par Puma, sont restées stables à 3,25 mrd EUR (+3,5%).

POSSIBLE VENTE DU CHAUSSEUR SERGIO ROSSI

Outre Gucci, le portefeuille de luxe de Kering comprend Bottega Veneta et Saint Laurent, deux marques aux performances restées élevées, mais aussi Balenciaga, Brioni, Stella McCartney, Alexander McQueen, Boucheron, Pomellato, Qeelin...

Bottega Veneta a plus que doublé ses ventes depuis 2010, atteignant 1,13 mrd EUR en 2014 (+12,6% à données comparables), pour un résultat opérationnel en hausse de 8% sur un an à 357 millions d'euros et une rentabilité de 31,6%.

Saint Laurent a doublé son chiffre d'affaires en trois ans, progressant de plus de 27% en 2014 et franchissant la barre des 700 mio EUR. Le directeur financier Jean-Marc Duplaix a souligné la "trajectoire financière remarquable" de Saint Laurent, dont le résultat opérationnel a grimpé de 37% en 2014 à 105 mio EUR, pour un taux de marge de près de 15%.

A contrario, les montres ont souffert, comme chez les concurrents, alors que le joaillier "Boucheron a été profitable".

Kering a laissé entendre qu'il était prêt à vendre sa marque de chaussures Sergio Rossi, à la traîne. "A ce jour toutes les options sont en train d'être regardées", a dit M. Duplaix.

Kering, qui fait 4/5e de son chiffre d'affaires hors de la zone euro, prévient que les effets de change pourraient gonfler les ventes de 2015 tout en pesant sur les résultats.

"Il pourrait y avoir un effet défavorable au premier semestre sur la profitabilité relative", a déclaré M. Duplaix.

Le PDG François-Henri Pinault est "confiant dans la capacité du groupe à assurer une croissance pérenne et rentable".

Kering entend poursuivre en priorité sa croissance organique en 2015, en se concentrant sur "la revitalisation de Gucci" et "la relance de Puma", selon M. Duplaix.

Le groupe prévoit de verser un dividende en hausse à 4 EUR par action.

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