Bilan

Jennah Kriebel, de la science au business

Scientifique et consultante: deux casquettes qui permettent à l’Américaine installée à Genève d’insuffler son expertise dans des projets entrepreneuriaux qui lui plaisent.

Jennah Kriebel: «Genève offre une culture de l’innovation ainsi qu’un immense potentiel.»

Crédits: Lionel Flusin

Passer de la science au business est une transition risquée, parfois ratée. Dans le cas de Jennah Kriebel, c’est un nouveau souffle qu’elle a insufflé à sa carrière. Installée au bord du Léman il y a maintenant une dizaine d’années, elle rigole: «J’ai désormais passé davantage de temps à Genève que nulle part ailleurs. Ce serait dommage de déménager maintenant, puisqu’on trouve ici une culture de l’innovation ainsi qu’un immense potentiel.» Car son travail de scientifique l’a d’abord amenée à travailler à Washington, à Harvard ou encore à Vienne. Elle a beaucoup étudié les nanotechnologies et leur assemblage. Le but étant d’augmenter l’efficacité des matériaux utilisés dans la bioingénierie. Elle a d’ailleurs travaillé sur une technologie développée par la NASA.

Aujourd’hui, Jennah Kriebel a un peu changé d’occupation. Des laboratoires scientifiques, elle est passée au côté entrepreneurial. Son nouveau travail de consultante lui plaît. «Je jongle entre la direction de startups et le conseil aux investisseurs», explique l’Américaine depuis les locaux de l’incubateur Geneus, situé au campus Biotech. Concrètement, son expertise scientifique, couplée à ses diverses expériences professionnelles, lui confère une bonne vision de ce qui fonctionne ou ne fonctionnera pas. «En regardant la technologie elle-même, mais aussi l’équipe, on peut estimer le succès du projet», note-t-elle. Si elle est à la recherche de son prochain grand projet, elle est loin de se jeter sur le premier travail venu. «J’ai quitté des entreprises quand j’ai appris qu’elles profitaient de zones grises», lance Jennah Kriebel avec sérieux.

Des choix rationnels

L’éthique est une valeur centrale pour chaque startup, selon elle. Elle est nécessaire pour des questions morales, mais également au niveau stratégique. «Cela finira par leur retomber dessus», avertit l’entrepreneur. Son travail de consultante l’amène à accepter des mandats, parfois très courts et parfois plus longs. Cela lui permet de choisir à la carte chaque projet qu’elle souhaite porter. Fort de son expérience et de son réseau, elle cherche ensuite ce qu’il manque à l’entreprise pour franchir des paliers. «J’ai eu des propositions très intéressantes… mais trop loin d’ici», glisse-t-elle.

Elle admet que chaque départ était une petite déchirure, mais elle ne se voit pas pour autant rester in aeternum quelque part. Elle se compare à l’un de ses amis, qui travaille depuis plus de vingt ans chez Caterpillar. «C’est une autre vie», rigole-t-elle. Ce qui l’anime est de travailler intensément avec chaque équipe qu’elle rencontre. De peaufiner des projets dont elle a dû tout apprendre en quelques mois. 

Jennah Kriebel résume son parcours ainsi: «J’ai trouvé ce bon groupe de personnes, qui font des trucs chouettes.» Elle a ensuite rejoint les différentes équipes et leur a proposé ses idées. Ce goût, elle l’a peut-être gardé de son doctorat à Harvard. Elle a travaillé dans le laboratoire du professeur Whitesides, qui poussait ses étudiants à travailler les uns avec les autres, peu importe leur discipline. Jennah Kriebel a beau travailler dans les sciences dites dures, elle semble se laisser guider par ses impressions. «Ce n’est pas vraiment que je m’identifie et tombe amoureuse d’un projet, note Jennah Kriebel. Je vois l’équipe, la technologie, l’idée, les conditions autour… c’est finalement assez rationnel.»

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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