Bilan

Import Parfumerie: «Il est indispensable d’avoir des filiales»

Import Parfumerie prend le contre-pied de la tendance actuelle en investissant massivement dans ses 112 boutiques en Suisse. Les explications de son directeur Michael Susta.

«La pandémie a certes été un accélérateur. Nous avons doublé la part de nos ventes en ligne en 2020»

Crédits: Import Parfumerie

Bilan: En télétravail et avec les confinements à répétition, les gens se parfument-ils encore?

Michael Susta: Bonne question. Certaines personnes comme moi se parfument même pour jardiner (rires). Il reste vrai que les consommateurs ont plus utilisé ces derniers mois des soins pour le visage et du maquillage pour les yeux que des parfums. Sans compter que les grandes marques ont repoussé plusieurs fois la sortie de leurs nouveautés. Ce qui a forcément entraîné une baisse des ventes de parfums.

Sans compter que l’odorat fait partie des sens affectés par le Covid-19… Est-ce que les parfumeurs devront s’adapter à ces nouvelles données?

Je ne suis pas certain, à vrai dire, de la manière dont ils vont réagir. De notre côté, nous allons nous adapter en augmentant notre offre de soins pour le visage et le corps afin de pouvoir mieux répondre à l’évolution des besoins des clients.

Le groupe allemand de parfumerie Douglas vient d’annoncer la fermeture de 20% de ses magasins en Europe pour se concentrer sur l’e-commerce. Vous avez une stratégie différente en gardant tous vos magasins et en les modernisant. Pour quelles raisons?

Nous avons toujours eu une stratégie «omnicanale» tout en continuant notre développement en ligne. La pandémie a certes été un accélérateur de notre développement en ligne. Nous avons ainsi doublé la part de nos ventes en ligne en 2020. Mais je suis convaincu qu’il est indispensable d’avoir des filiales où nos clients peuvent encore venir se faire conseiller et tester certains de nos produits.

Quel est le pourcentage de votre chiffre d’affaires en ligne? 

Environ 20%.

Combien d’argent allez-vous investir dans la rénovation de vos boutiques?

Nous allons rénover 5-6 boutiques par année, mais je ne peux pas vous donner le montant qui sera investi.

Malgré la fermeture de la majorité des magasins en Suisse, vous avez pu garder vos boutiques ouvertes pendant la pandémie. Les parfums sont-ils un bien essentiel?

Oui, tout à fait. C’est un droit de pouvoir utiliser les parfums, les déodorants et les soins de son choix, même durant les fermetures des magasins non alimentaires. Nous sommes heureux de pouvoir être présents pour nos clients pendant cette période difficile.

Vous avez réalisé un chiffre d’affaires de 147 millions de francs en 2019. Avez-vous connu une baisse d’activité en 2020? Et quel chiffre d’affaires prévoyez-vous pour 2021?

Nous avons enregistré une légère baisse en 2020 mais qui est plus faible que la moyenne générale du marché des parfums (-17%). Nous prévoyons un chiffre d’affaires identique à celui de 2019 cette année.

Pourriez-vous envisager des licenciements à l’avenir?

Non, nous ne prévoyons aucun licenciement en 2021.

Est-ce un avantage d’appartenir à un grand groupe comme Coop qui n’a pas souffert de la crise?

Oui, c’est effectivement un avantage. Toutefois, lorsque nos magasins ont été fermés pendant neuf semaines au printemps 2020, de nombreux employés d’Import Parfumerie ont aidé dans les supermarchés Coop. Le personnel était très reconnaissant de ce soutien.

Quel est votre best-seller?

One Million de Paco Rabanne (le lingot d’or) est le produit que nous vendons le plus.


En chiffres

Avec plus de 19 000 références et 360 marques répertoriées, Import Parfumerie est le premier distributeur de parfums et cosmétiques en Suisse. Détenue par Coop, l’enseigne gère 112 points de vente dans tout le pays et emploie plus de 657 personnes, dont 45 apprentis.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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