Bilan

«Pour Ikea, le potentiel de croissance est grand en Suisse»

CEO de la filiale helvétique du géant suédois, Jessica Anderen vise des produits à la fois écologiques et le plus abordables possible.

Jessica Anderen: "nos clients ont changé leurs habitudes de consommation".

Crédits: Ikea

Après avoir occupé plusieurs postes de direction au sein d’Ikea en Australie et en Asie, Jessica Anderen, 50 ans, a repris les rênes de la chaîne d’ameublement suédoise en Suisse. Depuis son arrivée il y a dix-huit mois, la CEO a, entre autres, mis en place un service de taxi et de livraison au bord du trottoir plus abordable, baissé les prix d’environ 250 produits, introduit le petit-déjeuner bio à 2,95 francs et lancé une application shopping. Le groupe projette également de vendre 100% de ses produits en matériaux renouvelables ou recyclés d’ici 2030.


La pandémie a-t-elle été bénéfique pour Ikea?

Jessica Anderen: La pandémie a célébré l’importance des domiciles. La sécurité, le confort, le bien-être chez soi sont devenus très importants. Cela a été une opportunité fantastique pour Ikea.

Est-ce que vos ventes en ligne ont profité de cette tendance?

Nos ventes en ligne représentaient 9% de notre chiffre d’affaires avant la pandémie. Aujourd’hui, elles représentent plus de 20% en Suisse, notamment parce que nos clients ont changé leurs habitudes de consommation.

Ikea projetait il y a quelques années de s’installer dans les centres-villes. Est-ce toujours pertinent à l’heure où les ventes en ligne progressent plus que les ventes physiques?

Au niveau mondial, le plan est de se développer partout, en dehors mais aussi au centre des villes. Beaucoup de nos clients ne peuvent pas se déplacer. Pour cette raison, nous souhaitons leur proposer des points de rencontre et de commandes dans les centres, qui ne seront pas forcément des grands magasins. Cela fonctionne déjà dans d’autres pays, c’est pour cela que nous souhaitons l’implanter en Suisse, en commençant par Zurich.

Vous avez baissé les prix de 250 articles depuis votre arrivée. Quelle est la prochaine étape?

Je travaille sur trois objectifs. Rendre nos produits plus accessibles, plus abordables et durables. 8% de la population vit sous le seuil de pauvreté et 15,5% en est proche. Nous allons continuer nos efforts pour être le plus abordables possible avec des produits écologiquement compatibles.

L’Europe connaît actuellement une pénurie de bois. Sachant qu’Ikea utilise 21 millions de mètres cubes de bois par an, soit 1% de la consommation mondiale totale, comment le groupe va-t-il s’approvisionner? Les prix pourront-ils rester stables alors que le prix du bois augmente?

Nous cherchons en permanence à trouver et développer des matériaux innovants et durables comme le bambou. Quant au bois, nous plantons chaque année des milliers d’arbres que nous utilisons pour nos meubles. Notre but est d’être abordable et nous mettons tout en œuvre pour maintenir des prix accessibles à tous.

Ikea accepte aujourd’hui de reprendre des meubles d’occasion pour les revendre. Est-ce un succès?

Oui, nous avons déjà repris 2000 produits d’occasion depuis le lancement de ce programme au début du mois de juin. Nous allons continuer cette offre car elle connait un fort succès en Suisse grâce aux Circular Hubs que nous venons de lancer en magasin.

Est-ce que la Suisse est un marché important pour Ikea? Ce marché peut-il encore grandir?

Le marché suisse est mature car Ikea y est présent depuis cinquante ans. Le potentiel de croissance y est toutefois grand. C’est compter sans le fait que le groupe a de fortes attaches en Suisse notamment parce que son fondateur Ingvar Kamprad s’y était installé.


Ikea en Suisse

1,146 milliard de francs de chiffre d’affaires 2020 (+0,7% sur 1 an)
3250 employés

9 magasins

60 000 visites
par jour sur le site web Ikea Suisse
50 000 clients
par jour

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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