Bilan

Goldman Sachs plombée par de grosses amendes en 2015

La banque Goldman Sachs a vu ses bénéfices chuter en 2015, plombée par de grosses amendes, liées aux poursuites juridiques des autorités américaines sur ses pratiques dans l'immobilier.

Le bénéfice net annuel a dévissé de 31% à 5,57 milliards de dollars, dont seulement 574 millions (-72%) au quatrième trimestre, selon des résultats publiés mercredi.

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La prestigieuse banque d'affaires Goldman Sachs a été affectée par de lourdes amendes en 2015, année marquée par un rééquilibrage du rapport de force en interne entre traders et banquiers.

Le bénéfice net annuel a plongé de 31% à 5,57 milliards de dollars, dont seulement 574 millions (-72%) au quatrième trimestre, selon des résultats publiés mercredi.

Cette contre-performance est due à de lourdes charges d'un montant total net de 4,01 milliards de dollars. En 2014, l'ardoise juridique affichait seulement 754 millions de dollars.

La banque, fondée en 1869 à New York, est en effet parvenue à un accord de principe de 5,06 milliards de dollars avec les autorités américaines pour solder un litige immobilier remontant à la crise financière de 2008.

Elle est accusée d'avoir vendu de 2005 à 2007 un portefeuille titrisé de prêts hypothécaires résidentiels (RMBS), c'est-à-dire des crédits immobiliers convertis en produits financiers qui ont par la suite causé des pertes abyssales aux acheteurs finaux.

L'accord, qui doit encore être finalisé, prévoit que les autorités renoncent à engager des poursuites judiciaires.

Si Goldman Sachs est connue pour réussir à sortir indemne des crises, la banque américaine n'est pas épargnée cette fois-ci par le ralentissement de l'économie mondiale et le plongeon des prix du pétrole qui font tanguer les Bourses mondiales depuis plusieurs mois.

Les activités de courtage, sa force traditionnelle, ont vu leurs revenus stagner en 2015 à 15,15 milliards de dollars et reculer de 9% au quatrième trimestre.

"C'est un environnement difficile pour l'ensemble de l'industrie", a fait remarquer le directeur financier Harvey Schwartz lors d'une conférence avec les analystes.

Les recettes annuelles du courtage d'obligations, de devises, de taux et de matières premières (FICC) ont notamment diminué de 13% l'an dernier à 7,32 milliards de dollars, et de 8% à 1,12 milliard au quatrième trimestre, soit la plus mauvaise performance trimestrielle depuis 2008.

Source de gros profits au lendemain de la crise financière, le "FICC" est en déclin, avec un recul des revenus sur 18 des 22 derniers trimestres. Il ne représentait plus que 21% des revenus annuels en 2015 contre 25% en 2014. En 2009, le FICC, activité spéculative, comptait pour près de la moitié des revenus de Goldman Sachs.


La revanche des banquiers


Outre l'environnement économique, il pâtit en outre d'un encadrement strict de la spéculation et du changement de cap de politique monétaire aux Etats-Unis.

Les difficultés du courtage semblent avoir rééquilibré les rapports de force entre traders et banquiers au sein de l'établissement au profit des seconds qui ont le vent en poupe.

La division de banque d'investissement qui englobe les conseils financiers prodigués aux entreprises et aux gouvernements a enregistré une hausse de 9% de son chiffre d'affaires à 7,03 milliards de dollars.

Les commissions perçues pour avoir conseillé des sociétés dans des opérations de fusions-acquisitions ont augmenté de 40% à 3,47 milliards de dollars.

Conséquence: Goldman Sachs a promu en novembre davantage de banquiers que de traders. Environ 152 banquiers ont été élevés au rang de "directeurs", soit l'avant-étape avant le titre ultime d'associé. Les activités de courtage et de produits financiers ont fourni seulement 103 nouveaux "directeurs", avaient indiqué à l'AFP à l'époque des sources internes.

Les banquiers semblent tenir leur revanche sur les traders: longtemps vedette de la vénérable institution, le banquier d'affaires avait perdu de son prestige avec la nomination en 2006 de l'actuel PDG Lloyd Blankfein, ancien courtier.

Côté coûts, Goldman Sachs n'a pas suivi l'exemple de ses rivales qui se sont reposées sur les économies pour préserver leur rentabilité. L'enveloppe des rémunérations (salaires, bonus et autres avantages) s'élève à 12,68 milliards de dollars, soit 37,5% du chiffre d'affaires contre 36,8% en 2014.

La banque a dû étoffer ses effectifs pour faire face aux nouvelles exigences règlementaires et mener à bien son développement dans la banque de détail et la création de sa propre monnaie numérique.

A Wall Street, le titre reculait de 0,96% à 155,31 dollars vers 15h15 GMT.

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