Bilan

A Genève, de nouveaux hôtels pour les digital nomads

Branchées mais minimalistes, de nombreuses chaînes hôtelières qui ont pris le parti de casser les codes débarquent à présent sur le marché genevois.

L'hôtellerie s'adapte à la génération Y.

Crédits: Genève Tourisme

Habituée des grands palaces et d’un large choix hôtelier, Genève accueille désormais une nouvelle gamme d’enseignes plus abordables, plus urbaines et équipées de manière novatrice. Parmi les représentants de cette vague émergente, le dernier arrivé: Citizen M, a ouvert ses portes mardi dernier.

Un minimalisme 2.0 efficace

Pour son vingtième hôtel à travers le monde, la chaîne Citizen M s’est lancé un double défi en s’installant à Genève. Celui de débarquer avec un concept encore peu présent aux abords du Léman, mais surtout, le lancer en temps de pandémie. 

«Démarrer durant une période de faible demande ajoute de la complexité à la pression financière que nous subissons actuellement mais nous sommes prêts, ouverts et n’avons rien réduit de notre offre», appuie Michael Levie, COO de la marque. Malgré un taux d’occupation oscillant entre 25 et 30% pour ses débuts, le Citizen M possède plus d’un tour dans son sac pour contrer le frein touristique du Covid-19.

Premièrement, l’un de ses piliers, l’hyperconnectivité, s’est avéré utile pour développer une application qui dépasse le simple outil de réservation et permet d’effectuer un séjour entièrement sans contact humain rapproché. Enregistrement, ouverture des portes, réglages de la chambre, paiements… tout peut se faire à distance. Des bornes d’accueil et une tablette dans les chambres peuvent également prendre le relais. Pour attirer la clientèle, le Citizen M peut aussi compter sur son côté minimaliste, dans l’ère du temps. «Son secret, c’est de donner au client tout ce qu’il souhaite mais sans le superflu. Un lit king-size mais pas de grands rangements, une télévision HD et une bibliothèque de films mais pas de corbeille à fruits…», souligne le COO.

De même pour l’espace de vie commun occupé par un imposant bar-café en son centre. Des boissons chaudes, des cocktails et de la petite restauration peuvent être préparés mais pas de service à table, ni d’espaces prédéfinis pour travailler ou manger. A la place, des micro-ambiances avec des tables hautes, des sièges incrustés dans les murs ou encore un salon décoré avec des fournitures Vitra, de quoi faire comme chez soi. «En cas de besoin, nos employés, les ambassadeurs, choisis pour leur personnalité charismatique et pas systématiquement issus de la filière hôtelière, se tiennent prêts pour le résident de l’hôtel comme pour l’externe qui déboursera 15 francs à la journée pour se servir de l’espace», indique Filippo Delponte, directeur de l’établissement. Point névralgique du concept: la localisation. Ainsi, entre deux rendez-vous au centre-ville, il est désormais possible de s’installer confortablement pour travailler.

L’avenir de l’hôtellerie?

Parfois critiqué pour ses chambres identiques, modulaires, disposées tels des Lego, Citizen M s’est légèrement écarté de sa systématique pour son établissement genevois. Installé dans l’ancienne Maison Bonnet de la principale rue commerçante du centre-ville, le cachet de l’immeuble, agencé autour d’une cour intérieure et d’un puit de lumière, donne un charme qui contrebalance avec le visuel préfabriqué et moderne parfois décrié de la chaîne. De même, bien que les chambres soient toutes de même taille, une poignée d’entre elles disposent d’une vue sur le lac qui tranche avec l’aspect non catégorisé des chambres Citizen M habituelles. Un modèle plébiscité dans le monde depuis 2008 mais qui doit désormais trouver son public à Genève.

Les pionniers du secteur, Ibis Styles, ont pour leur part déjà réussi à intégrer le bout du lac, avec pas moins de cinq hôtels établis dans le canton. Eux aussi basés sur une décoration branchée, des prix et des services minimalistes, ils ont su s’imposer ces dernières années. 

«Ces hôtels représentent un nouveau genre et visent la génération Y des 25-40 ans. Ce n’est pas l’avenir de l’hôtellerie genevoise mais cela correspond à une évolution de la branche», commente Thierry Lavalley, président des hôteliers de Genève. Avant d’ajouter: «Les chambres ne sont pas leur priorité, ils misent tout sur les lieux de vie et de rencontre. Il est important de se démarquer dans notre métier et c’est ce qu’ils font.»

Une recette que d’autres marques souhaitent exploiter. Moxy, propriété du groupe Mariott, inauguré à Lausanne en décembre dernier, se projette à son tour dans le canton. «Malgré la conjoncture, Genève représente un potentiel très important pour nous», précise Manuela Stockmeyer, porte-parole du groupe SV, exploitant les hôtels Moxy. 

Le groupe Yotel a lui aussi prévu deux ouvertures à Genève courant 2021, l’une à Plan-les-Ouates, l’autre à Prégny-Chambésy. Nul doute que ces nouveaux acteurs du secteur hôtelier genevois, tous axés sur le design, le confort, la localisation, l’aspect communautaire renforcé et surtout la technologie, sauront séduire la clientèle touristique «next-gen» de la cité de Calvin.

Mullerjulieweb
Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

Du même auteur:

Malgré les turbulences, les agences de voyage gardent le cap
Bouche à oreille, le laissé pour compte du marketing

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."