Bilan

Generali délocalise de Nyon à Adliswil

Le premier assureur italien, Generali, envisage de supprimer jusqu'à 8000 emplois à travers le monde. Generali Suisse a décidé de délocaliser une centaine de postes de Nyon (VD) vers Adliswil (ZH).

Generali Suisse précise que les quelque 100 collaborateurs de Nyon se verront tous proposer une possibilité de continuer à travailler à Adliswil.

Crédits: Keystone

Le premier assureur italien, Generali, envisage de supprimer jusqu'à 8000 emplois à travers le monde, ont annoncé mardi deux sources au fait du dossier. Generali Suisse a décidé de délocaliser une centaine de postes de Nyon (VD) vers Adliswil (ZH).

Les employés de Generali à Nyon ont été informés mardi matin. Ils ont ensuite contacté Fabienne Freymond Cantone. La députée socialiste a confirmé à l'ats une information du quotidien vaudois La Côte. Elle a déposé une interpellation auprès Grand Conseil où elle siège.

La Municipalité de la ville a été informée par Generali Suisse dans l'après-midi. Bien qu'elle ait entendu les contraintes auxquelles le groupe était soumis, elle déplore la décision, a-t-elle indiqué dans un communiqué en fin d'après-midi.

Inquiète de l'impact sur les employés concernés, elle demande au groupe d'assumer sa responsabilité sociale. Elle espère aussi fermement que Generali Suisse entamera le dialogue avec les représentants du personnel, comme s'y est engagé le groupe auprès de la Municipalité.

Dans un premier temps, Generali Suisse, joint par l'ats, n'a pas souhaité s'exprimer, annonçant des informations pour jeudi. L'assureur, qui emploie un peu plus de 2000 personnes en Suisse, dont 350 sur son siège de Nyon, a finalement diffusé un communiqué vers 19h30. Il y confirme le déplacement d'une centaine de postes de Nyon à Adliswil.

Nouvelle orientation stratégique

Generali Suisse précise que les quelque 100 collaborateurs de Nyon se verront tous proposer une possibilité de continuer à travailler à Adliswil. Ce transfert devrait être achevé fin 2017. Il découle d'une nouvelle orientation stratégique décidée par le groupe, pour laquelle il investira 100 millions de francs durant les quatre prochaines années.

Le nouveau modèle d'affaires devrait être mis en place d'ici à 2020. Il prévoit notamment de réunir plusieurs unités, qui seront pilotées principalement depuis le siège à Adliswil.

L'Italie ne sera pas affectée par les suppressions de postes. Le premier assureur italien, qui tiendra une journée des investisseurs mercredi, s'est refusé à tout commentaire.

Le troisième assureur européen, qui réalise la plus grande partie de son chiffre d'affaires et de ses bénéfices en Italie, en France et en Allemagne, compte un peu plus de 76'000 employés.

Alors que des informations de presse ont fait état mardi de 8000 possibles suppressions d'emplois, le patron de Generali, Philippe Donnet, a rappelé lors d'une conférence téléphonique que le groupe faisait "attention à tous les coûts, y compris de personnel", mais a contesté ces spéculations.

"Nous n'avons jamais annoncé un plan de 8000 suppressions d'emplois, ce chiffre n'existe pas", a-t-il affirmé, tout en affirmant: "nous sommes efficaces et nous voulons devenir encore plus efficaces".

L'assureur, qui présente sa stratégie mercredi à Londres aux investisseurs, a confirmé vouloir porter son cash flow net disponible à plus de 7 milliards d'euros d'ici fin 2018, avec un rendement des fonds propres opérationnel (RoE) de plus de 13%. Il compte par ailleurs toujours verser plus de 5 milliards d'euros de dividendes cumulés à ses actionnaires d'ici-là.

M. Donnet s'est félicité de la confirmation de ces objectifs, en soulignant que le contexte était aujourd'hui beaucoup plus compliqué qu'en mai 2015, quand ils avaient été annoncés.

"Notre objectif est d'être leader dans les marchés où nous opérons, non par rapport à la taille mais en terme de profitabilité", a-t-il souligné.

"Generali est financièrement solide et exerce un contrôle minutieux sur une base de coûts déjà contenue", a-t-il dit, en ajoutant que le groupe allait "continuer à améliorer sa performance opérationnelle".

Generali, qui veut augmenter sa productivité moyenne de 15% d'ici 2019, entend "optimiser sa présence géographique": il va ainsi "sortir de marchés moins rentables".

Ce "processus de rationalisation déjà commencée avec la cession d'activités au Guatemala et au Liechtenstein" doit "générer au moins un milliard d'euros d'ici 2018", selon le groupe.

Priorité au numérique


Par ailleurs, la restructuration et simplification de ses activités va débuter dans les marchés matures, avec un objectif de réduction nette des coûts de 200 millions d'euros. A ce sujet, M. Donnet a souligné qu'"il n'y aura pas de plans de restructuration".

"L'Italie a déjà fait sa part ces trois dernières années" pour atteindre "une plus grande efficacité. Nous cherchons à faire plus ou moins la même chose dans les autres pays", a souligné le dirigeant français.

Le groupe entend par ailleurs "sécuriser ses investissements dans des marchés de croissance clés".

Afin de "créer de la valeur sur le long terme", l'assureur va parallèlement poursuivre les actions engagées en 2015 pour améliorer la fidélisation de la clientèle et les bénéfices, qui "ont déjà conduit à des résultats importants", selon lui.

Parmi ses priorités: une plus grande clarté dans la communication avec une police présentée seulement sur une seule page, une plus grande rapidité dans la résolution des dossiers avec une utilisation des SMS et des applications, et la digitalisation des dossiers des clients.

Le groupe entend recourir davantage aux technologies liées aux smartphones, avec une communication directe entre l'assuré, l'agent et la compagnie d'assurance, et favoriser l'usage du numérique par ses 70.000 agents.

Concernant son actionnariat, alors que la banque d'affaires Mediobanca (qui détient aujourd'hui 13% de l'assureur) n'a pas exclu de réduire sa part au-delà de 10%, M. Donnet a indiqué ne "pas être préoccupé par la stabilité de l'actionnariat". "Il n'y a pas de problème" à ce sujet, a-t-il dit.

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