Bilan

General Electric va supprimer 1300 emplois en Suisse

General Electric envisage de biffer jusqu'à 1300 emplois en Suisse sur 6500 en Europe dans les activités énergétiques reprises à Alstom l'année dernière. Les sites helvétiques de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden sont concernés.

GE a finalisé en novembre 2015 l'acquisition du pôle énergie d'Alstom pour 9,7 mrd EUR, ce dernier se concentrant désormais sur ses activités dans les transports.

Crédits: AFP

General Electric (GE) envisage de biffer jusqu'à 1300 emplois en Suisse sur 6500 en Europe dans les activités énergétiques reprises au français Alstom l'année dernière. Les sites helvétiques de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden sont concernés, sans que l'entreprise n'envisage la fermeture de l'un d'entre eux, précise mercredi le mastodonte américain dans un communiqué.

Un processus de consultation a été initié avec les représentants du personnel en Suisse et les employés ont été mis au courant de ces projets.

GE Power dispose de deux sièges internationaux à Baden, pour ses entités Power Services et Steam Power Systems, souligne le conglomérat. Les restructurations sont destinées à gommer les problèmes de compétitivité des anciennes unités Power et Grid d'Alstom en vue de leur intégration dans la structure de GE.

L'entreprise s'engage à conserver une représentation importante et durable en Suisse, comme en témoigne le transfert dans le pays de nombreux responsables de haut rang. Le groupe y est actif dans les domaines des services, du gaz, de la vapeur, des énergies renouvelables ou encore de la gestion énergétique.

GE a finalisé en novembre 2015 l'acquisition du pôle énergie d'Alstom pour 9,7 mrd EUR, ce dernier se concentrant désormais sur ses activités dans les transports. L'opération avait déjà engendré la suppression de l'unité Thermal Power à Baden, comptant 110 employés.

Alstom avait jugé en 2013 infondées des rumeurs faisant état de la suppression de près de 4000 postes en Argovie, sur les 6000 employés concernés par la reprise.


Course au profit dénoncée

Le syndicat Syna se dit "consterné" par l'annonce de la suppression de 1305 emplois en Suisse, dans une prise de position, dénonçant une "volonté de maximisation du profit".

L'arrêt de la production de turbines à gaz dans le pays pour la concentrer sur le site de Belfort en France n'est pas inéluctable, estime le syndicat. L'organisation rappelle que le groupe italien Ansaldo a repris les 430 salariés d'une unité que GE a été contrainte de céder dans le cadre du rachat des activités d'Alstom.

Syna s'insurge également, à l'instar d'Unia et d'Employés Suisse, contre le fait que ce type de stratégie est plus facile à mettre en oeuvre en Suisse, où la législation sur le travail est plus libérale que dans des pays comme la France, dont les autorités demandent habituellement des garanties dans ce genre de cas.

Face à l'ampleur de la coupe annoncée, le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, s'est dit touché, évoquant une "situation dramatique pour les employés concernés". Mais on ne peut rien faire d'autre que "montrer les avantages de la Suisse", a regretté le ministre de l'économie.

Interrogé sur un "lobbying" insuffisant de la Suisse auprès de GE, le conseiller fédéral a botté en touche, rappelant que le groupe a tenu parole en basant par exemple deux sièges en Suisse.

Les autorités argoviennes ont pour leur part qualifié la décision de GE de "coup dur" et manifesté leur désir de soutenir les personnes touchées et de rechercher avec la direction et les partenaires sociaux les solutions les plus acceptables. Une task force a été créée à cet effet, sous la direction du chef du bureau cantonal de l'économie et de l'emploi.

"Nous allons nous engager afin que la suppression de postes soit la moins importante possible, et pour trouver des solutions socialement supportables pour les personnes touchées", a assuré à l'ats le conseiller d'État Urs Hoffmann, en charge du département de l'économie du canton d'Argovie.

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