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GEMS Etoy: le propriétaire confirme 10 millions de loyers impayés

Un peu moins d’un mois après la fermeture brutale de l’école privée GEMS à Etoy, 10 millions de loyers restent dus et les clés ne sont toujours pas restituées, empêchant la visite du site par d’éventuels repreneurs. GEMS vient pourtant de finaliser la cession de 25% de son capital pour 1 milliard.

L'école privée avait fermé ses portes

Crédits: Keystone

Suite à la récente enquête de Bilan sur la fermeture de l’école privée GEMS à Etoy révélant plusieurs fournisseurs locaux sur le carreau, c’est désormais le propriétaire, Meigerhorn II Etoy, une société luxembourgeoise de la holding britannique Aerium, qui confirme des arriérés de loyer de plus d’un an, totalisant la somme de 10 millions de francs.

Eric Geimer, directeur d’Altum management, en charge depuis le Luxembourg du portefeuille Suisse d’Aerium, fustige l’attitude de GEMS, qui aurait laissé entendre notamment aux parents d’élèves un refus du propriétaire suite à une proposition raisonnable de rachat des locaux: «Effectivement, GEMS nous a offert de se porter acquéreur, mais pour 60 millions. Or, une telle transaction ne couvrirait même pas le coût de revient d’un tel bâtiment. Apparemment ils auraient suggéré que la responsabilité nous incombait, alors que la proposition n’était simplement pas acceptable. Nous sommes toujours restés ouverts à la discussion et avons tenté de faire au mieux, malgré des arriérés qui s’accumulaient jusqu’à représenter 10 millions à ce jour.»

En attente des clés, la situation reste bloquée

Autre préoccupation pour Eric Geimer, les clés du bâtiment n’ont toujours pas été restituées, empêchant toute visite pour les éventuels repreneurs intéressés dont certains se sont déjà manifestés : «Je ne comprends pas bien leur jeu. Nous avons essayé de les contacter à plusieurs reprises, aucune réponse. Je viens moi-même une fois par mois en Suisse, sans avoir pu les rencontrer. Je suis en contact avec le syndic d’Etoy José Manuel Fernandez, car les clubs et associations scolaires de la commune utilisaient les infrastructures sportives, notamment la piscine. Mais on ne peut rien faire pour eux tant que les clés n’ont pas été récupérées.» Eric Geimer a mandaté un de ses gérants sur place pour «sonder plus en profondeur» la situation.

Bilan a cherché à obtenir des réponses de GEMS, sans parvenir à joindre quiconque. Difficile pour autant d’imaginer un manque de liquidité ou de moyens de la part du leader mondial de l’éducation privée pour régler la situation, notamment financière. Bilan relayait déjà des investissements de près de 600 millions en Arabie Saoudite annoncés en mai.

Récemment, l’information de l’acquisition de 25% du Capital de Gems par CVC Capital partners pour 1 milliard de dollars tombait. De quoi assainir une situation tendue, puisque le site d’Etoy n’est pas le seul du groupe GEMS concerné par des défauts de paiement. En effet, suite à un «désaccord avec le propriétaire», ayant abouti à un blocage des comptes, un porte-parole de GEMS a déclaré ne pas être en mesure de payer les enseignants en juillet sur le site de Fujairah aux Emirats Arabes Unis.

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

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Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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