Bilan

Frédérique Constant dévoile sa première montre connectée

La marque genevoise entend créer un pont entre la tradition et la modernité, entre la Suisse et la Silicon Valley. La montre sera commercialisée dès fin mai à un prix avoisinant les 1000 francs suisses.

Frédérique Constant a choisi Genève puis San Francisco pour dévoiler en deux phases sa première montre connectée. Une annonce qu’elle partage avec sa marque sœur Alpina, également en mains d’Aletta et Peter Stas, fondateurs et propriétaires de Frédérique Constant.

En dévoilant sa première « Horological Smartwatch » (nom déposé) suisse, Frédérique Constant entend mettre l’accent sur un objet qui relève à la fois de la montre traditionnelle et de la modernité. Le premier monde s’exprime au-travers d’une montre à affichage analogique qui ne laisse en rien deviner la technologie embarquée, le second via des fonctions, une application et un cloud, soit des éléments de base pour ce type d’objets dits intelligents.

Outre le fait que son apparence ancre cette montre dans l’horlogerie traditionnelle, son affichage analogique présente deux avantages : une faible consommation (d’où la durée de vie de la batterie à 2 ans) et la possibilité de l’utiliser comme une montre à quartz ordinaire, sans nécessairement la connecter à une application via un smartphone. Ainsi, en cas d’obsolescence du système électronique, la montre peut encore être portée. Une démarche exactement opposée à ceux qui ont fait de l’obsolescence le moteur de leur succès.

Soprod dans le coup

Dans les faits, l’ « Horological Smartwatch » de Frédérique Constant (il en est de même de celle d’Alpina) est davantage un capteur qu’un véritable instrument pour geeks. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. Orientées bien-être, les fonctions sont assez standards pour ce type d’appareils : niveau d’activité (l’une des rares indications également affichés sur la montre dans un petit compteur), alertes d’activité, enregistreur du sommeil (même sous l’oreiller), alarmes selon cycle du sommeil, coaching intelligent, sauvegarde et restauration via un cloud. La date et l’heure sont ajutés via le smartphone à chaque connexion (le smartphone donne son heure à la montre), ce qui garantit une mise à l’heure automatique lors de tout changement de fuseau horaire.

Pour développer la plateforme logicielle de sa première montre connectée, Frédérique Constant a collaboré avec la firme californienne Fullpower. Et cette dernière a créé avec Aletta et Peter Stas une joint venture en Suisse, MMT. Cette dernière a pour objectif de faire partager aux plus grands nombre de constructeurs sa plateforme ouverte MotionX-365® Horological Smartwatch. Histoire d’avoir suffisamment de volumes pour rendre les coûts de développement acceptables. L’intérêt des concurrents pour cette plateforme pourrait se révéler déterminant pour espérer exister aux côtés des géants du secteur. A cet égard, Frédérique Constant vient d’annoncer à San Francisco le nom d’un premier client pour sa plateforme : Mondaine.  En Suisse, Frédérique Constant a fait appel à Soprod pour produire ses modules et divers composants du mouvement.

La commercialisation de ces montres interviendra au mieux à la fin mai – soit vraisemblablement après Swatch et Apple - à un prix avoisinant les 1000 francs suisses. Soit à un prix légèrement supérieur à ce qu’il est aujourd’hui nécessaire de débourser pour s’offrir à la fois une montre à quartz classique et un coach électronique standard.

Pour Peter Stas, ce mix de deux univers est pourtant l’avenir de la montre à quartz. Et de rappeler que la Suisse à elle seule produit plus de 20 millions de montres à quartz. Quelle part les montres connectées prendront-elles de ce gâteau ? Réponse dans les mois et les années à venir. Dans l’immédiat, et avant même que quelques géants entrent en scène, Frédérique Constant est parvenue à se faire entendre. C’est déjà un premier succès.

Michel Jeannot
Michel Jeannot

FONDATEUR DE WTHEJOURNAL.COM

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Journaliste spécialisé, fondateur du site WtheJournal.com et des applications iPhone, iPad et Android associées, Michel Jeannot est à la tête du Bureau d’Information et de Presse Horlogère (BIPH), un team de journalistes collaborant avec une quinzaine de médias dans le monde, dont Bilan et le Figaro. Sa plume sûre et parfois acérée est aussi à l’aise sur les questions techniques que sur les enjeux liés à la branche et à son économie. Michel Jeannot est également éditeur et rédacteur en chef du magazine Montres Le Guide / Uhren von A bis Z / 顶级钟表鉴 (225 000 exemplaires).

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