Bilan

Formation continue: faites le bon choix

Un nombre croissant d’organismes proposent des cursus, parfois sur les mêmes thématiques. Conseils pour s’assurer de suivre ceux qui seront valorisés sur le marché du travail.

Il existe près de 27 000 formations différentes dispensées en Suisse par plus de 3000 organismes spécialisés.

Crédits: Hero/Getty images

Le choix est difficile tant l’offre est pléthorique. Le site orientation.ch comptabilise près de 27 000 formations différentes dispensées en Suisse par plus de 3000 organismes spécialisés. Stéphane Haefliger, directeur des ressources humaines chez Compagnie Bancaire Helvétique (CBH) à Genève, estime qu’aujourd’hui «la formation continue est devenue une industrie à part entière dont les objectifs sont davantage financiers que pédagogiques».

L’Ifage, fondation pour la formation des adultes à Genève, est certifiée eduQua 2012. (Crédits: Frautschi)

Le label ne suffit pas

Afin de garantir des standards de qualité, des labels ont été progressivement mis en place pour certifier les organismes de formation, et plusieurs dizaines cohabitent actuellement. Une inflation jugée logique par le spécialiste de la formation continue Michel Kalika, professeur à l’IAE Lyon School of Management
et président du Business Science Institute: «Le principe, c’est d’essayer de rendre tangible par des éléments quelque chose qui est par définition intangible. Il convient toutefois de différencier les labels reconnus comme sérieux de labels de complaisance.»

Parmi ceux jouissant de la plus forte notoriété sur la formation continue, le label suisse eduQua concerne environ un tiers des organismes du pays et compte parmi ses partenaires le Secrétariat suisse à l’économie (Seco), ainsi que la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA). En matière de reconnaissance internationale, on citera la norme ISO 9001, ou encore certains labels spécifiques à une branche précise, comme Equis pour les écoles de management. Toutefois, Stéphane Haefliger estime «que les recruteurs ne se fient pas plus à Equis qu’à eduQua, mais plutôt à la crédibilité qu’ils donnent à une formation, diplômante ou non, à un établissement, réputé sérieux ou non, ou au corps des enseignants, reconnus ou non».

Des certifications fédérales toujours prisées

Le DRH de Compagnie Bancaire Helvétique relève en particulier l’intérêt porté «aux CAS et DAS délivrés par les hautes écoles ou encore les brevets fédéraux, des diplômes perçus comme répondant à des critères solides». L’Ifage de Genève, en 2017, a proposé 60% de l’ensemble des cycles certifiants reconnus, dont 20% de brevets, diplômes fédéraux et ES. Lesquels diplômes fédéraux peuvent donner lieu à une subvention de la moitié de l’écolage par la Confédération. L’Ifage, qui communique par ailleurs les taux de réussite aux différents examens, affiche ainsi un «taux d’écolage pris en charge» de 41%, incluant tous types de subventions et avantages accordés par l’administration, mais aussi par les entreprises. Une donnée à prendre en compte selon Stéphane Haefliger: «Le fait même que des entreprises sérieuses financent un certain type de formations dans leur intégralité ou même partiellement rend visible, crédibilise et légitime cette formation.» 

Stéphane Haefliger, DRH, relève l’intérêt porté aux CAS et DAS des hautes écoles. (Crédits: Dr)

L’élément réputation 

Le professeur Michel Kalika, qui dirige un doctorate in business administration (DBA), conseille également d’«être attentif aux entreprises qui financent la formation. Des noms comme Nestlé, L’Oréal ou McKinsey constituent une forme de reconnaissance.» Il estime par ailleurs que «la certification d’Etat ne peut pas toujours être recherchée, surtout dans le cas de domaines qui évoluent très rapidement comme l’impact du digital sur le management». Michel Kalika relève l’importance du réseau d’alumnis auprès desquels «les candidats demandent souvent à s’informer», ainsi que la réputation des enseignants et de l’établissement. 

Se faire un nom par la spécialisation est la stratégie de l’école CREA INSEEC, active depuis 2010 dans le digital, comme l’explique Frederic Dumonal, responsable de la formation continue: «Nous avons fait le choix d’enseignants exclusivement du milieu professionnel, pour lesquels certains de nos alumnis travaillent désormais. Notre force est d’avoir su nous faire un nom dans un domaine précis dans lequel nous faisons jouer l’effet réseau.» CREA évalue régulièrement la perception de la formation par ses anciens élèves, tout comme l’Ifage, par le biais d’enquêtes et questionnaires dans les douze mois.

Stéphane Haefliger reconnaît l’importance de la «crédibilité d’une institution» tout en invitant à rester attentif au contenu pédagogique: «Quelques jours seulement à Harvard, à l’Insead ou à l’IMD restent souvent valorisés. Mais attention à ne pas se faire piéger par l’image marketing de ces maisons et de porter son attention sur la valeur ajoutée pédagogique qu’elle propose, sur les innovations formatives, Mooc ou serious game, par exemple, et sur les références scientifiques qui les sous-tendent.Le but premier de la formation continue reste l’acquisition de compétences pour demeurer vivant professionnellement.» 

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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