Bilan

Foncia Domicim change de directeur

Nommé à la tête de la plus grande agence immobilière de Suisse, Olivier Peyrot présente ses projets et revient sur son départ du groupe Naef. Il prône l’économie de partage.

Olivier Peyrot succède à Laurent Staffelbach.

Crédits: Lionel Flusin

L’homme qui va prendre la tête du groupe Foncia Domicim le 1er novembre est un pur autodidacte. Pour Olivier Peyrot, 49 ans, «on ne doit pas motiver les collaborateurs mais libérer leur motivation personnelle». L’ancien actionnaire et dirigeant du pôle de gérance et du pôle de promotions du groupe Naef est quelqu’un de très atypique. Sans doute parce que son père n’est autre qu’Yves Peyrot, l’artiste de la famille, qui a connu quelques succès en coproduisant La città delle donne de Fellini en 1980, Le juge Fayard dit le Shériff avec Patrick Dewaere en 1977 ou encore le cinéma suisse avec Claude Goretta, Michel Soutter ou Alain Tanner.

Succédant à Laurent Staffelbach, Olivier Peyrot se réjouit de diriger la plus grande agence immobilière de Suisse romande: 450 collaborateurs (non compris Brolliet, qui sera managé par un directeur pas encore recruté). «Après mon départ de chez Naef, je suis devenu indépendant en rachetant la société Naef Promotion, mais je me suis rendu compte que je ne pouvais m’épanouir sans une équipe à diriger. Car ce qui me motive c’est le contact humain. Ici, il y a tout à faire. Parallèlement aux fusions comptable et procédurale qui sont en cours, il reste à réussir la fusion identitaire entre Foncia et Domicim. J’y suis très sensible. Les équipes en place méritent qu’on se batte pour elles.»

Sans revenir sur les raisons qui l’ont poussé à quitter sa zone de confort voici une année, on sent néanmoins qu’il reste meurtri par ce départ. Même s’il était mûrement réfléchi. En avril dernier, Anthony Collé, président du conseil de Domicim, lui avait proposé un mandat correspondant à un jour par mois pour inventer le Domicim de demain avec les équipes. La capacité d’Olivier Peyrot à challenger les hommes est réputée. «Naef l’a appris alors que je n’avais encore rien signé. J’ai préféré y renoncer au grand dam de Domicim», confie sobrement le nouveau CEO. 

La formation, sa «fierté»

Olivier Peyrot s’est toujours beaucoup investi dans le milieu associatif, notamment dans la formation au sein de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI), où un programme de réorientation professionnelle a été mis sur pied, remarqué par l’office de l’AI Vaud. «Nous sélectionnons 70 dossiers de candidats dans le cadre d’un recrutement très professionnel afin d’en retenir une vingtaine. Ils sont ensuite formés pendant neuf mois et placés en stage dans une agence membre de l’USPI. Aujourd’hui, 80 nouveaux professionnels de l’immobilier ont trouvé un emploi stable grâce à ce programme. C’est ma plus grande fierté.»

Ayant relevé ce challenge, il lui a été demandé de prendre la présidence de l’USPI Formation et la vice-présidence de l’USPI Suisse. Il a accepté le défi et a donné les impulsions nécessaires à la mise sur pied d’une école, qui dispose de ses propres locaux. Le nombre d’étudiants a bondi de 700 à 1200 et les sessions de 36 à 46. Pouvoir continuer son mandat de président de l’USPI Formation était une condition clé posée à la signature de son contrat chez Foncia Domicim.

Désormais à la tête de la plus grande régie romande, ce manager intuitif entend mettre en œuvre l’immobilier 3.0. Autrement dit introduire l’économie de partage dans l’immobilier. Comment? «Cela passe par la mise en place d’outils informatiques, comme une plateforme électronique à laquelle l’ensemble des intervenants aurait accès. Outre un gain de productivité et une baisse de la paperasse, cela permettrait de créer un système de notation des fournisseurs: durée de réaction, prix, notation du client final, etc.» Bref, une sorte de TripAdvisor de l’immobilier. De quoi disrupter ce milieu. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."