Bilan

Fifty Shades donne un coup de fouet au marché du sex-toy

Un best-seller comme «Cinquante nuances de Grey» a forcément un impact. Sur les catalogues des sex-shops et sur les habitudes des consommateurs. Les Romands ne sont pas en reste…

Le couple de Fifty Shades of Grey a mis le secteur du joujou sexuel en ébullition. En Suisse romande aussi.

Crédits: DR

Tapettes à fessées en cuir cousues main «pour punir votre partenaire», menottes, bâillon, croix de contrainte, masques… Version de luxe ou version classique, les sex-toys et accessoires estampillés Fifty Shades of Grey se démultiplient dans les sex-shops et sur les sites de vente en ligne.

«Tout le monde essaie d’avoir sa part de gâteau, explique Simon Jacquier de KissKiss.ch, site de vente d’objets coquins leader en Suisse romande. La gamme officielle a été lancée par le fabricant anglais Lovehoney qui s’est associé avec l’auteure E. L. James. Et ça marche très fort. Les gens se sentent décomplexés, et la marque rassure. Un peu comme la collection d’accessoires Marc Dorcel.» Le hit absolu de la ligne Fifty Shades of Grey, entre cravaches, vibro et autres pinces à seins: les boules de geisha métalliques.

Un produit dérivé que l’on ne pourra toutefois pas commander sur le site bonbonrose.ch. Marina Bonnet, la directrice de l’enseigne romande de vente en ligne et de soirées sex-toys, a refusé de les vendre. «Pour moi, c’est une arnaque marketing. Ces boules de geisha sont de mauvaise qualité, et ce n’est pas parce que le film sort que je vais changer d’avis.» On ne trouvera donc rien de tout cela sur les stands tenus par Bonbon Rose dans les cinémas romands, à l’occasion de la sortie du film. Ce qui ne l’empêche pas de proposer d’autres types de boules de geisha (environ 1000 pièces de la marque Je Joue écoulées en 2014) ou encore la Passionate Shadow Box qui comprend un kit de bondage. Mais pas l’ombre d’un jouet Fifty Shades au menu des réjouissances.

Un secteur qui tient le bon bout

Malgré tout, elle observe un emballement impressionnant pour le phénomène parmi ses clientes «émoustillées par tout ça». Madeleine*, mariée et mère de famille, fait partie de ces dizaines de millions de lectrices ayant dévoré les fameuses aventures érotiques de Christian Grey et Anastasia Steele. Une lecture qui lui a donné quelques envies... «L’héroïne décrit énormément ce qu’elle ressent, et cela a éveillé ma curiosité. C’est moi qui ai pris l’initiative d’aller dans un sex-shop. On a acheté les boules de geisha de leur marque, un sex-toy, et de quoi attacher mon mari. Ça nous a incités à discuter de ce qu’on avait envie, et de savourer, comme un bon verre de vin!»

Pour Romy Siegrist, étudiante en psychologie et sexologie à Lausanne, «le point positif de Fifty, et plus réellement du BDSM (pratique de bondage et de sadomasochisme, ndlr), c’est bien de montrer que la sexualité peut ne pas être que génitocentrée et qu’elle est plus riche que cela! Du côté sex-toys, cela peut donner des accessoires comme les menottes, les fouets, qui permettent de stimuler le corps en entier et non pas que les zones génitales.»

Dans l’ensemble, le marché connaît en ce moment des vagues d’engouement remarquables. Le fameux Womanizer, vibromasseur révolutionnaire qui garantirait l’orgasme aux 98% des heureuses utilisatrices, fait notamment un carton. Chez kisskiss.ch, début février, on décomptait plus d’une centaine de pièces vendues par jour. Effets collatéraux de la sortie du long-métrage Fifty Shades of Grey, couplés à une période de Saint-Valentin? «Une bonne partie de nos clients a choisi notre option d’emballage cadeau.» Une certitude: la liaison chaud bouillant de Christian et d’Anastasia aura mis le secteur du joujou sexuel en ébullition.

 

* Prénom d’emprunt

Camille Destraz

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."