Bilan

EXPLORiT: «Nous voulons un lieu vivant et qui combine de nombreuses activités»

Et si les enfants pouvaient apprendre en s’amusant dans un lieu conçu spécialement pour cela en Suisse romande? Avec EXPLORiT, au coeur d’Y-Parc à Yverdon-les-Bains, Jean-Christophe Gostanian, entrepreneur originaire de Marseille et installé depuis de nombreuses années à Zürich, entend offrir un outil sublime où combiner activités économiques, pratiques ludiques et pédagogiques, services et restauration.

Jean-Christophe Gostanian, entrepreneur à succès, va ouvrir EXPLORiT à Yverdon cet hiver.

Crédits: DR

Comment est né le projet EXPLORiT?

Jean-Christophe Gostanian: Tout a commencé par mon engagement avec ma femme pour la Cité des sciences, KinderCity. En 2000, il y avait peu de choses dans ce domaine. La démarche MINT-Frühförderung visait à pousser le plus tôt possible les petits vers les sciences, la technologie, le bricolage,… On a fait ça pendant 10 ans avec 250’000 visiteurs par an. Davantage qu’une expérience unique, nous avions fidélisé le public avec une moyenne de sept visites par an par visiteur. Nous avions réuni sciences, cinéma, restauration, kids club (ateliers, camps de vacances…) sur 4’000m2.

Cette expérience rencontre ensuite votre parcours dans le domaine des robots humanoïdes…

Exactement. Je me suis lancé dans la robotique avec le robot NAO, à travers le projet AvatarKids qui a séduit les hôpitaux cantonaux et universitaires. Nous avons créé une fondation pour les enfants atteints de maladies rares. Nous aurons d’ailleurs sur le site d’EXPLORiT à Yverdon-les-Bains la première crèche de Suisse qui va mêler enfants valides et handicapés. Et je vais également créer la Cité des Robots: 18 robots en action qui vont travailler avec nous (nettoyage, service,…). Après NAO, je me suis lancé dans l’humanoïd-robotics, et ensuite Avatarion. Je suis devenu l’un des leaders du pays dans ce domaine.

Et concrètement, en quoi va consister EXPLORiT? Que va abriter ce grand bâtiment?

Nous aurons 5’500m2 pour les loisirs, 600m2 pour la gastronomie, 1’000m2 pour un maker space et du coworking, 1’500m2 pour des commerces et des services, 2’000m2 pour la santé et le bien-être, 600m2 pour une crèche. Et le tout sans compter les bureaux. Nous allons concentrer toutes les startups non technologiques et des sociétés tech ayant besoin du maker space. Comme vous le constatez, il y a une palette extrêmement vaste d’activités réunies sous l’oriflamme EXPLORiT. Nous voulons un lieu vivant et qui combine de nombreuses activités sur près de 14’000m2.

Quelles sont les parties accessibles au grand public?

Evidemment, il y a toute la partie dévolue aux commerces, aux services et au coworking. Mais pour les familles, la partie la plus attrayante sera sans doute les espaces de découverte pédagogique et ludique. C’est un peu comme une mini Cité des sciences et de l’industrie, comme il en existe une à la Villette à Paris. Avec deux étages consacrés aux jeunes adolescents et aux plus jeunes enfants, avec des focus sur les sciences, la technologie, les énergies, l’exploration spatiale, ou encore les milieux naturels et l’écologie.

Quels sont vos objectifs de fréquentation?

Venant du loisir, si l’on obtient 50’000 visiteurs, je suis heureux. Si c’est davantage, ce sera du bonus. KinderCity est devenu une facette des attractions ici.

Et pourquoi avoir choisi Yverdon-les-Bains pour implanter ce lieu?

Nous avions envisagé d’autres lieux, plus proches de Lausanne. Finalement, c’est ici que nous avons pu développer notre projet. Et ce n’est pas plus mal: à Y-Parc, nous sommes au coeur de la Suisse romande et plus près de Berne, de Bienne, de Lausanne ou de la France voisine. Nous avons une localisation optimale, et de la place pour développer notre projet.

Vous êtes actif à Zürich, votre premier projet KinderCity était en Suisse alémanique. Pourquoi ne pas avoir choisi de développer EXPLORiT en Suisse alémanique?

Nous avons été actifs depuis plusieurs années à Volketswil (ZH). Mais je souhaitais un lieu idéal pour déployer ce projet dans toutes ses dimensions. Nous l’avons trouvé ici et je suis très heureux que ce soit en Suisse romande, tout en étant facilement accessible depuis les grandes villes de Suisse alémanique. Cependant, cet EXPLORiT à Yverdon-les-Bains ne sera sans doute pas un projet unique et isolé. A long terme, j’aimerais créer quatre EXPLORiT: à Bâle, à Zurich, ici à Yverdon-les-Bains et au Tessin. Ce sont des ImpactHub mais en version XXL. L’idée est d’être le plus près possible des parcs technologiques et des universités. Aujourd’hui, il y a quantité d’initiatives pour les jeunes. J’essaie de fédérer et d’être pragmatique pour réunir des initiatives variées, comme sur le projet futur du Innovationspark Technopark Dübendorf (ZH) où il y avait une volonté d’avoir un musée et j’ai proposé de prendre cette offre à mon compte.

Comment ce lieu mixte avec des bureaux, des commerces et un espace de loisirs éducatifs va-t-il vivre?

Nous allons l’animer dès que possible avec des concerts chaque semaine dans la grande aula. Nous ne voulons pas d’un lieu qui soit figé. Nous tenons au contraire à ce qu’il y ait de la vie. A moyen terme, nous voudrions aussi que les expositions tournent sur les différents sites, afin d’amener de la diversité et du renouvellement.

Vous insistez beaucoup sur la dimension écologique de ce lieu. Pouvez-vous nous en dire davantage?

La dimension environnementale sera évidemment présente avec une partie des espaces de loisirs pédagogiques, celle dévolue aux plus jeunes enfants. Mais dans le bâtiment lui-même, il y a une réelle réflexion sur la prise en compte de ces enjeux. Par exemple, le bois provient de forêts du piémont jurassien et c’est une entreprise installée à 20m du site EXPLORiT qui a coupé les arbres et les a façonné pour nos besoins. Et évidemment, il y a l’installation Smart Grid, avec des panneaux photovoltaïques et fleurs solaires qui vont transformer les rayons du soleil en électricité, que nous allons injecter dans le réseau ou stocker grâce à des batteries selon les moments de la semaine. L’idée est que ce bâtiment et ses activités aient un impact le plus bas possible sur notre environnement.

Qu’en est-il des investissements consentis pour ce projet?

70 millions ont été investis de mon côté, et aussi les investissements des locataires, soit 80 millions en tout avec ceux-ci. Pour la partie des 70 millions, il y a 88% que j’ai investi personnellement, 8% issus du Canton, et 4% de la structure Y-Parc. Tout est financé via un crédit à la construction. Je vais vendre à terme le bâtiment avec la partie services et entreprises, et je vais garder la partie loisirs. Amener des choses non finançables portées par des choses finançables : c’est cela le modèle pour lequel j’ai opté. Car le loisir n’est pas là pour être rentable et faire du rendement, mais pour attirer du monde et avoir un apport.

Comment concilier ces enjeux pour les locataires?

On essaie de rester humbles et pragmatiques pour les prix. Quand on paie 100 francs le m2, on a une autre marge de manoeuvre que lorsqu’on paie des loyers élevés. Cela permet d’amener des prix humains pour les visiteurs. Cela permet aussi de se satisfaire de peu de visiteurs, afin de ne pas avoir besoin d’enregistrer des centaines de milliers de ceux-ci chaque année pour atteindre le break even.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."