Bilan

Etes-vous un «leader communicationnel»?

A l’ère du tout-communication, le livre du spécialiste Jérôme Koechlin offre des outils pour avoir un impact et toucher son public-cible.

Jérôme Koechlin, spécialiste de la communication politique et d’entreprise.

Communiquer est sans doute l’un des mots les plus galvaudés. Trop de communication tue la communication, on le sait, et pourtant l’information n’a jamais été aussi pléthorique. Dès lors, communiquer et se faire entendre est devenu l’un des enjeux majeurs pour les acteurs politiques et économiques. La plupart des choses dites ou écrites manquent leur cible et leur impact, constate Jérôme Koechlin, spécialiste de la communication politique et d’entreprise dans des secteurs comme la biotech, et actuellement actif dans la banque et la finance (UBP). Le Genevois de 51 ans vient de publier un livre, « La communication professionnelle, les clés pour réussir », édité aux Presses polytechniques et universitaires romandes.

«Le citoyen est un géant en matière d’information et un nain en matière d’action », souligne Jérôme Koechlin, reprenant le constat de Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication. L’intellectuel français, que cite Jérôme Koechlin dans son ouvrage, a expliqué que lorsqu’on fait de la communication, on veut faire trois choses en même temps : partager, convaincre, séduire. Souvent, de manière concomitante.

Or il s’agit de façonner sa communication de manière à utiliser la fonction conative du langage pour agir ses son public cible, poursuit l’auteur genevois, qui s’appuie ici sur la théorie du philosophe anglais John Austin (« Dire, c’est faire »). Conative vient du latin "conari" qui veut dire agir sur l'autre.

Pour ce faire, il faut se doter des outils adéquats pour être ce que Jérôme Koechlin appelle un bon « leader communicationnel ». Il explique : « Il faut avoir quelque chose à dire. Comme on est dans le tout-communication, l’enjeu est d’avoir une communication politique ou économique qui soit impactante sur les publics-cibles ».

Mais d’abord, il faut comprendre quel type de leader on est. Son livre recense trois types de leaders : le  leader directif, le leader narcissique, et le leader paternaliste. « Le bon leader doit être l’un des trois types, en fonction des circonstances, souligne le spécialiste. Parfois, il doit être directif assertif. Parfois, il doit être narcissique, en prenant l’image ou la réputation sur ses épaules et monter au front, notamment lors d’une gestion de crise. Enfin, le leader doit être paternaliste lorsqu’il faut motiver et souder les équipes. Il s’agit donc d’adapter son mode de leadership communicationnel.

Une règle d’or : « Le message perçu est plus important que le message émis », rappelle Jérôme Koechlin. Quand on est dans l’acte de la communication, il faut avoir la capacité de se mettre à la place des récepteurs, et de comprendre les outils que l’on utilise (si on tweete par exemple, on doit savoir qu’on aura moins d’impact que si l’on publie une grande interview dans un magazine).

Le livre de Jérôme Koechlin cherche à répondre à ces défis, en offrant des techniques permettant d’améliorer l’impact de la communication. « Le but étant de toucher les publics que l’on vise, avec l’intention claire, le bon ton, le bon message, tout en étant prêt à répondre aux questions désobligeantes ».

 

«La communication professionnelle, les clés pour réussir», Jérôme Koechlin, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 2015.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante et responsable de la Filière communication au CFJM (Centre de formation au journalisme et aux médias). Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale" qui lui vaut le prix Schweizer Journalist. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale", puis en 2011 "La fin du dollar" qui prédit la fin du statut de monnaie de réserve du billet vert. En 2016 elle signe «La finance de l'ombre a pris le contrôle».

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