Bilan

Entreprises: les langues les plus demandées

Sans surprise, l’anglais et le suisse allemand sont les deux langues les plus recherchées par les recruteurs en Suisse.
  • Maîtriser le suisse allemand? Un atout indéniable en Suisse.

    Crédits: Gaetan Ball/Keystone
  • L’école de Riversdown à Warnford, près de Londres: jouer au golf entre deux cours d’anglais business entièrement personnalisés.

    Crédits: Dr

Bonne nouvelle pour l’unité suisse: les langues nationales sont les plus demandées dans les écoles de langues du pays. Ainsi, le français serait l’une, voire celle qui serait le plus recherchée en Suisse alémanique. Et même si la langue de Goethe a toujours rebuté pas mal de Romands, elle continue à avoir la cote de ce côté-ci de la Sarine. 

Car la maîtrise de l’allemand reste très demandée par les entreprises suisses et internationales. Et, sans surprise, plusieurs professionnels du recrutement admettent que trouver des candidats parfaitement bilingues français-allemand devient très complexe. La perle rare étant celui qui parle parfaitement le français et le suisse allemand.

«Nous avons beaucoup de peine pour ce type de profil, même lorsque nous nous déplaçons pour recruter du personnel à Zurich, explique Zohra Karmass, responsable de l’agence de ressources humaines Albedis à Genève. L’une des raisons, c’est aussi parce que les Suisses allemands qui maîtrisent le français ne veulent pas forcément venir s’installer en Suisse romande.»

Le dialecte d’outre-Sarine est en effet un atout indéniable pour les entreprises dont le siège est en Suisse. «De grands groupes comme L’Oréal ou des marques horlogères sont constamment à la recherche de collaborateurs maîtrisant les deux langues nationales», indique l’un des experts interrogés. Ainsi, Robin Gordon, CEO d’Interiman Group, spécialisé dans le recrutement et le placement de personnel suisse, conseille vivement à la jeune génération d’aller faire des stages ou, par exemple, son école de recrues en Suisse alémanique.

«Ils auront plus de facilité à trouver un poste de travail s’ils maîtrisent le dialecte alémanique, souligne le CEO d’Interiman. S’ils veulent voyager et travailler à l’étranger, ils doivent parler l’anglais. Mais s’ils veulent faire une carrière en Suisse, ils doivent idéalement maîtriser le suisse allemand ou, en tout cas, l’allemand.» Quoi qu’il en soit, il reste fortement conseillé d’étudier quelques années à l’étranger afin de revenir avec une deuxième langue.

L’anglais reste indispensable

Maîtriser d’autres langues étrangères reste un atout indéniable, l’anglais étant bien évidemment indispensable pour trouver un travail dans une multinationale ou dans une grande entreprise de la région. «Sans l’anglais, cela ne vaut même pas la peine d’envoyer son CV», analyse Richard Aeschmann, du bureau de recrutement Alexander Hughes à Genève.

«Et il vaut mieux parler un excellent anglais plutôt que de baragouiner trois langues étrangères», souligne Robin Gordon. De plus, maltraiter la langue de Shakespeare peut être un véritable frein à toute évolution au sein de la hiérarchie. Sans compter qu’il faudrait idéalement connaître le vocabulaire en anglais qui correspond au secteur où le candidat compte travailler, les termes n’étant pas les mêmes dans les domaines bancaire, pharmaceutique ou aéronautique.

En dehors de l’anglais, l’espagnol ou le portugais sont des atouts incontestables dans certains secteurs, comme le négoce par exemple. D’autres entreprises peuvent exiger des langues spécifiques comme le russe ou le chinois, mais cela reste épisodique, estime Robin Gordon. Le plus important, selon Richard Aeschmann, c’est surtout de connaître les codes et la culture des pays que l’on visite pour ses affaires. «Même si vous ne maîtrisez pas parfaitement la langue, ce qui est important c’est de comprendre ce que l’interlocuteur veut dire. Ce n’est pas une question de grammaire. D’autant que l’étranger apprécie toujours si la personne en face de lui fait l’effort de parler quelques mots dans sa langue.»

Et pour les cadres surchargés?

Pour les cadres et autres professionnels qui ont peu de temps à consacrer à l’apprentissage d’un nouvel idiome, l’idéal est de suivre un programme intensif à l’étranger. «En effet, une immersion totale durant une, voire deux semaines, permettra à l’apprenti de se perfectionner efficacement», confirme Max Wey, directeur commercial de Boa Lingua Business Class.

«Ces séjours sont recommandés aux professionnels qui doivent améliorer leurs connaissances rapidement.» Il peut s’agir aussi de politiciens suisses qui ne parlent pas l’autre langue nationale ou qui ont un mauvais anglais. L’Angleterre, les Etats-Unis, le Canada, mais également l’Allemagne et l’Espagne sont des destinations très prisées pour ce type de séjours linguistiques.  

Chantal Mathez

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