Bilan

Entreprenez, vous serez filmés

La RTS s’associe avec NewBiz pour filmer le concours d’entrepreneurs qui récompensera en septembre un des six finalistes.
  • La journaliste Romaine Jean produit cette nouvelle série, qui suivra le Grand Prix Generation Entrepreneur.

    Crédits: Jay Louvion/RTS
  • Cédric Borboën, président de Forom: «Mon intérêt ici est dans le plaisir de transmettre.»

    Crédits: Dr
  • Jean-Louis Gourbin: cet ancien haut cadre de Kellogg a déjà lancé un concours similaire.

    Crédits: Dr

La Télévision suisse romande (RTS) met le cap sur l’entrepreneuriat et l’innovation. Ce début d’année, la RTS s’est associée à NewBiz, une association qui a pour vocation d’aider au développement d’entreprises, pour sélectionner des candidats qui participeront à une série télévisée, au terme d’un concours: Generation Entrepreneur.

«Depuis quelques années, explique Romaine Jean, rédactrice en chef des magazines société, la RTS a lancé, par l’entremise de Chantal Bernheim, l’opération «Inventer demain», qui démarrait avec un appel à projets suivi de la diffusion de capsules et d’une émission spéciale dans le cadre de TTC.»

Le succès de cette expérience, qui assure aux lauréats une grande visibilité, a incité la RTS à aller plus loin. En 2015, elle en parle à plusieurs acteurs du monde économique, dont Cédric Borboën, président de Forom, un événement économique qui a lieu chaque année à Yverdon. Ce dernier lui présente à son tour Jean-Louis Gourbin, qui avait déjà lancé un concours d’entrepreneurs.

L’idée émerge de lancer Génération Entrepreneur et de développer un partenariat avec la RTS pour la récolte et la sélection des dossiers. Jean-Louis Gourbin, Cédric Borboën, Monica Malcarne et une quatrième associée créent pour l’occasion la société NewBiz, organisatrice du Grand Prix Generation Entrepreneur. Bilan s’associe également à la démarche comme partenaire média.

Un guide pratique et divertissant

Comment se déroule le concours? Un comité, composé de professionnels romands de l’économie, sélectionnera 24 candidats, assurant le sérieux du choix.  Les candidats devront avoir au moins 18 ans, et leur entreprise pas plus de 3 ans de vie. Ils seront conseillés par 24 dirigeants d’entreprises, ou «conseillers». Puis ils devront présenter leur projet devant un jury de professionnels de l’économie. Les six finalistes retenus participeront à une série de la RTS et auront ainsi l’occasion de faire connaître leur projet au grand public. Actuellement, l’opération est en phase d’appel à projets: ils sont à déposer d’ici au 4 mars prochain. Les six finalistes seront connus en mai, et la finale aura lieu en septembre.

Le service public, fan d’entrepreneurs et de start-up? Pour Romaine Jean, qui produit la série, «la Suisse romande est un terreau fertile en matière d’innovation et de créativité. La RTS, comme service public, a pour vocation d’en rendre compte».

Elle explique que la série se déclinera sur le code de la télé-réalité positive, tout en étant didactique: «comment s’y prend-on lorsqu’on veut lancer son entreprise, quels écueils, quel business plan, quel réseau, quel plan de communication, quel pitch pour les investisseurs». Bref, un guide qui se veut aussi pratique que divertissant.

Pour Cédric Borboën, l’aspect le plus intéressant est «l’enrichissement apporté par les conseillers aux entrepreneurs». 

En effet, chaque conseiller doit lui-même initialement défendre, devant les 23 autres, le dossier de son candidat. Lors de ce processus, le candidat accède à des apports de tous les conseillers. «Une sorte de spontanéité se manifeste durant ce type d’opération», témoigne le président de Forom qui travaille chez Lombard Odier dans la prévoyance professionnelle. Ici, il œuvre dans un but non lucratif.

«Nous avons tous bénéficié d’une aide à nos débuts, mon intérêt ici est dans le plaisir de transmettre.» Aider la PME de demain, plutôt que des sociétés en quête de valorisation élevée visant à décrocher le jackpot final en se vendant à un investisseur: les concepteurs de Generation Entrepreneur préfèrent des projets suffisamment terre à terre et bénéfiques au tissu économique local. «Ce concours est ouvert à M. et Mme Tout-le-Monde», résume Cédric Borboën

Jean-Louis Gourbin, qui a une expérience de plus de quarante ans dans l’industrie de la grande consommation alimentaire (Kellogg, Danone) et des marchés de matières premières agricoles (Bunge) sur les cinq continents, s’est inspiré d’autres concours pour la mise en place de celui-ci. Notamment celui, en France, de «BFM Business», qui utilise des chefs d’entreprise pour accompagner de jeunes entrepreneurs.

L’objectif est d’avoir des candidats venant de secteurs variés et de ne pas se confiner au secteur technologique: le concours est ouvert à tous ceux qui font l’économie régionale. «Nous avons souhaité avoir une approche économique large, poursuit-il. Peu importe l’activité, ils ont tous besoin d’un coup de pouce. Aujourd’hui, la focale est sur le hi-tech, qui est plus spectaculaire, mais nous estimons que l’économie générale aura toujours besoin de jeunes entrepreneurs dans tous les domaines de la société.»

Jean-Louis Gourbin souligne que l’objectif est d’arriver à la mi-mai avec six projets et six candidats «suffisamment uniques, pertinents, intéressants, de façon à ce que chacun d’eux ait une chance de devenir une entreprise profitable dans les années qui viennent». Pour ce concours, pas de prix financier, seulement un partage de connaissances. «J’ai un grand respect pour les conseillers qui donnent de leur temps, c’est d’une certaine manière de la philanthropie», selon Jean-Louis Gourbin.

L’engouement pour l’entrepreneuriat est bien réel en Suisse romande.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

Du même auteur:

L'INSEAD délivre 40% de MBA en Asie
La bombe de la dette sera-t-elle désamorcée ?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."