Bilan

En France, le retour à trois opérateurs inquiète

Un retour à trois opérateurs de téléphonie mobile, qui découlerait de la fusion Bouygues-SFR, "peut inquiéter le consommateur".

Une fusion Bouygues-SFR déboucherait sur un retour à 3 opérateurs, contre 4 actuellement avec Orange, Bouygues, SFR et Free.

Crédits: Reuters / AFP

Un retour à trois opérateurs de téléphonie mobile, qui découlerait de l'offre faite par Bouygues sur SFR, "peut inquiéter le consommateur" car elle pose des risques de hausse des prix et pour la qualité de service, a estimé dimanche l'association de consommateurs UFC Que Choisir.

"Passer de quatre à trois opérateurs est quelque chose qui peut nous inquiéter si des garanties ne sont pas mises en oeuvre", a indiqué Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir à l'AFP.

L'opérateur Bouygues Telecom, qui a déposé mercredi une offre de prise de contrôle majoritaire sur SFR, a indiqué dimanche qu'il était prêt à céder l'intégralité de son réseau mobile et certaines fréquences à son concurrent Free afin d'augmenter ses chances d'obtenir un feu vert de l'Autorité de la concurrence. Une fusion Bouygues-SFR déboucherait sur un retour à 3 opérateurs, contre 4 actuellement avec Orange, Bouygues, SFR et Free.

Si cette hypothèse se réalise "on va avoir d'un seul coup sur le seul réseau de SFR, tous les clients SFR plus ceux de Bouygues" et l'on peut se demander "quelle est la capacité d'absorption de ce réseau, il y a une question de mise en oeuvre et donc de qualité de service", a souligné le responsable.

D'autre part "on peut avoir la crainte que les prix n'augmentent, ce n'est pas une hypothèse farfelue c'est ce qu'ont connu les Autrichiens" quand leur marché est passé de 4 à 3 opérateurs, a-t-il noté.

M. Bazot a rappelé que "les clients en France ont beaucoup souffert de l'existence d'un cartel de trois opérateurs, qui avait réalisé une entente illicite" condamnée avec l'aide de l'UFC, et rappelé que l'arrivée de Free en janvier 2012 avait dynamisé la concurrence et fait baisser les prix.

Dans le cadre d'une recomposition à venir du marché français des télécoms, l'UFC va demander que les conditions de l'accès des opérateurs sans réseaux propres (MVNO), comme La Poste Mobile, au marché de gros soit revues afin de permettre une offre alternative aux opérateurs disposant de réseaux et dynamiser le marché, a-t-il précisé.

François Carlier, délégué général de la CLCV, voit dans cette possible recomposition du secteur "une solution risquée car avant il y avait trois opérateurs (...) ils ont été condamnés pour entente sur les prix, les prix étaient trop élevés. Et l'issue, cela a été une 4è licence qui a permis de faire baisser les prix".

"Si on revient à trois opérateurs, on risque d'avoir de l'entente, on risque d'avoir des prises de marge et une tarification trop élevée", a-t-il dit à BFMTV.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."