Bilan

En 10 ans, Raiffeisen a fermé 271 agences

Le 3ème groupe bancaire helvétique poursuit le redimensionnement de son réseau. Avec 880 points de vente, celui-ci reste toutefois le plus dense des acteurs de la branche.

Les Banques Raiffeisen ont supprimé un quart de leurs agences entre 2008 et 2018.

Crédits: Keystone

La fréquentation des agences bancaires ne cesse de reculer. «70% de nos clients n’utilisent plus nos guichets, 87% des paiements sont saisis directement dans l’e-banking et 91% des transactions passent par un autre canal. Aujourd’hui, le guichet n’est plus la seule porte d’entrée de la banque.» C’est par ces constats que les dirigeants de la Banque Raiffeisen Moléson ont justifié la fermeture de quatre agences dans les villages gruériens d’Albeuve, d’Avry-devant-Pont, de Broc et d’Hauteville au 30 novembre 2019.

A l’aspect financier s’ajoute aussi une question de sécurité.  La présence d’une seule personne dans ces locaux constitue «un facteur de vulnérabilité par rapport aux risques de braquage/brigandage.»

Digitalisation croissante

Depuis plusieurs années, le 3ème groupe bancaire helvétique revoit sa présence sur l’ensemble du territoire. «La taille, mais surtout la manière d'organiser le réseau de distribution, sont largement influencées par la digitalisation croissante, le développement des canaux électroniques et les besoins des clients en pleine évolution», relève Philippe Thévoz, porte-parole de Raiffeisen en Suisse romande.

Entre 2008 et 2018, 271 points bancaires ont disparu. Ce qui représente un recul de 23,5%. En Suisse romande, la baisse dépasse la moyenne nationale dans les cantons du Jura (-39,5%), de Neuchâtel (37,5%) et du Valais (-28%).

En revanche, elle est plus faible dans les cantons de Fribourg (-18%), de Vaud (-17%) et de Genève (-9,5%). En Suisse alémanique et au sud des Alpes, les fermetures d’agences sont aussi importantes. Dans les Grisons et au Tessin, la diminution atteint respectivement 49% et 42%.

Une décision locale

«Il appartient à chaque Banque Raiffeisen d’évaluer constamment son marché et d’analyser si son réseau de points de vente et de bancomats répond toujours aux besoins de ses clients. La décision de fermeture est prise localement par le conseil d’administration de l’une des 246 Banques Raiffeisen», explique Philippe Thévoz.

Avec 880 points de vente, le groupe bancaire reste tout de même très bien implanté dans tous les cantons. «Même après avoir mis en œuvre ces mesures d'optimisation, Raiffeisen disposera toujours du réseau d'agences le plus dense de Suisse. Un point bancaire sur trois porte les couleurs Raiffeisen», constate Philippe Thévoz.

Organisées sous forme de coopératives juridiquement indépendantes, les Banques Raiffeisen ont également procédé à de nombreuses fusions pour des questions d’organisation, d’amélioration de l’offre de services bancaires et de taille critique. De 373 en 2008, elles ont chuté à 252 en 2018. Soit un recul de 32%.

Leurs dirigeants expliquent que ces fusions n’ont aucun lien avec les fermetures d’agences. La dernière alliance en date en Suisse romande remonte à ce printemps. Dans le canton de Neuchâtel, les Banques Raiffeisen du Vignoble, de Val-de-Travers et de Val-de-Ruz ont fusionné pour donner naissance à Raiffeisen Neuchâtel et Vallées. Avec un bilan de 1,6 milliard de francs, elle est la troisième plus grande banque romande du groupe.

Les sociétaires augmentent

Malgré le préjudice porté à l’image du groupe Raiffeisen par l’enquête pénale ouverte à l’encontre de Pierin Vincenz, l'ancien président de la direction, et par la procédure administrative de la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), le nombre de sociétaires a continué de progresser. A fin 2018, il s’élevait à 1,9 million. Soit une hausse de plus de 7000 par rapport à 2017.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Du même auteur:

Comment l’Institut de Glion se développe en Gruyère
Le nouveau défi de Bernard Lehmann

Bilan vous recommande sur le même sujet

Les derniers Articles Entreprises

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."