Bilan

Dona Bertarelli passe à la vitesse supérieure

La navigatrice a dévoilé les projets de l'écurie Spindrift Racing. Zénith, mais surtout Mirabaud, la suivent dans l’aventure.

Dona Bertarelli

Grand mystère et petits fours mercredi matin 29 janvier à Genève. La cinquantaine d’invités et journalistes convoqués à 10h au Théâtre des Salons poireautent depuis trente minutes en regardant tomber la neige lorsqu’un employé agite une clochette. Fin de l’entracte et début du spectacle. Par paquet de dix, le public est invité à descendre au sous-sol, traverser une cour intérieure, entrer dans un autre bâtiment, prendre le monte-charge (maximum 10 personnes) pour se retrouver finalement accueilli dans les salons cossus de la banque Mirabaud.

Et là, on se dit que Dona Bertarelli n’a pas organisé tout cela juste pour dévoiler le programme de la deuxième saison nautique de son écurie de course.

«Spindrift Racing, ce n’est pas juste une équipe, c’est une entreprise d’une trentaine de personnes, dont quinze navigants», annonce d’entrée la sœur d’Ernesto. Et une entreprise, ça se fixe des objectifs. A côté des régates lémaniques du Vulcain Trophy, où Dona Bertarelli barrera son Ladycat, l’écurie de course se tournera vers l’océan et trois objectifs majeurs: le record de la Traversée de l’Atlantique nord d’ouest en est, le record de distance en 24 heures, et la Route du Rhum.»

Principal atout de Dona Bertarelli et de Yann Guichard, l’homme qui partage sa vie et ses rêves, un bateau géant: le Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), un monstre de 40 mètres de long, 23 mètres de large, doté d’un mat de 47 mètres de haut. Les amateurs de chiffres resteront sur leur faim. Aucun détail financier sur le budget de cette aventure hors norme n’a été dévoilé.

Pour les spécialistes de voile, l’étonnement survient lorsque le skipper français Yann Guichard confirme son intention de prendre le départ de la Route du Rhum le 2 novembre prochain sur Spindrift 2. Guichard, une sorte de Richard Virenque doué d’élocution, entend s’élancer seul sur un bateau initialement conçu pour un équipage de 14 personnes à l’assaut de cette prestigieuse course transatlantique reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. «Une folie!», pour beaucoup, «un énorme défi, un risque calculé», selon lui. A ses côtés, Dona ne semble pas effrayée.

Mirabaud et Zenith à bord

Les observateurs de la place financière genevoise sont eux surtout surpris de découvrir la banque Mirabaud dans un projet d’une telle ampleur. Certes, l’établissement bancaire est très actif dans le monde de la voile, avec notamment le sponsoring de Dominique Wavre ou du Bol d’or qui porte désormais son nom, mais à l’image de son CEO Antonio Palma, qui préfère naviguer sur un petit Surprise (le voilier populaire par excellence), sa participation restait sinon modeste du moins raisonnable.

Cette fois, il s’agit d’un défi d’une toute autre dimension et, bien sûr, d’un tout autre coût. Dominique Wavre n’a jamais seulement rêvé d’un tel budget, mais nul doute que Dona Bertarelli a des arguments pour convaincre Mirabaud. «Nous nous sommes engagés pour trois ans, avec pourquoi pas la possibilité de poursuivre», a précisé Antonio Palma.

Le second sponsor est Zénith. Pour Jean-Frédéric Dufour, président de la marque horlogère du Locle, soutenir Dona Bertarelli est comparable au sponsoring de l’aventurier autrichien Félix Baumgartner, premier homme à atteindre la vitesse du son en chute libre. «L’idée est d’être associé à ce qui aujourd’hui se fait de mieux en terme de voile». La question (posée en conférence de presse) de savoir si Zénith allait offrir à Spindrift ce qui se fait de mieux en matière de smartwatch pour les équipages hauturiers est restée sans réponse.

Peu importe pour Dona Bertarelli, surtout satisfaite d’avoir pu monter «un projet suisse, avec des sponsors suisses». Spindrift Racing sera toutefois basée à Saint-Philibert, dans le Morbihan (Bretagne), «puisqu’il est difficile de faire de la course au large depuis la Suisse», précise avec humour la cadette des Bertarelli. Entre les exploits du frère et les ambitions de la sœur, on l’avait presqu’oublié.

 

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