Bilan

Des dance floor d'altitude veulent s'implanter dans les stations suisses

La Suisse est un marché difficile pour "La Folie Douce" venu de France. Crans Montana pourrait être la première station de ski à adopter ce concept de festivités d'altitude.
  • Les DJs enflamment un dancefloor glacé.

    Crédits: Image: DR
  • La Folie Douce est implantée dans cinq stations de ski dont Megève, Méribel ou encore Val d'Isère.

  • Crédits: La Folie Douce, un concept de dance-floor sur les pistes de ski

Le concept fait fureur dans les stations les plus branchées de France voisine : Megève, Meribel, Val d’Isère, Val Thorens ou encore l’Alpe d’Huez vibrent toutes durant la saison de ski, au rythme de "La Folie Douce", ces restaurants de piste qui accueillent DJs, artistes, danseuses de cabaret et font se trémousser jusqu’à 3000 personnes certains après-midis d’hiver. Lancés dans les années 1980 par Luc Reversade (66 ans), ces établissements entendent recréer l’ambiance des nuits chaudes d’Ibiza en plein jour et à plus de 2000 mètres d’altitude.

Depuis quelque temps, le roi des dance floor sillonne l’Europe pour exporter son concept. Il est en repérage en Suisse, un pays qu’il connaît bien. A peine rentré de Davos après un court séjour à St Moritz, il repart cette semaine sur les routes suisses, direction Gstaad puis Crans Montana.

« Je rencontre les offices du tourisme, les mairies ou encore les exploitants de remontées mécaniques. Malheureusement, la Suisse est un marché compliqué. Ce n’est pas le pays le plus porteur, ni le plus dynamique en termes de lifestyle ou de festivités », pointe l’homme d’affaires français. « Il n’y a pas d’ambiance, ni d’après-ski fun. Rien n’est moderne. Sans compter le franc fort qui porte préjudice au rapport qualité/prix. Par ailleurs, les infrastructures, dont les remontées mécaniques, sont vieillottes et la restauration, tout comme le service sur les pistes laissent à désirer. »

« Crans Montana, une vision moderne »

A l’inverse de la Suisse, les stations de sports d’hiver autrichiennes, notamment Ischgl, ont retenu l’attention du Français. Elles sauraient faire des affaires, notamment en investissant des millions de francs chaque année dans leurs infrastructures.

Dès lors, « les remontées mécaniques sont modernes, comme ces télésièges chauffants avec bulles, les forfaits de ski meilleur marché, les domaines sont tous reliés, la qualité des pistes est extraordinaire. Par ailleurs, l’accessibilité des stations est facilitée grâce à la proximité d’aéroports ou de gares. Les pistes terminent dans le cœur des stations, qui ont toutes des rues piétonnes. Mais aussi la capacité hôtelière, la qualité du service et de la restauration en altitude sont exemplaires. Il y a des magasins de sport, des écoles de ski, des crèches en haut des pistes avec des escalators partout, plus besoin de porter ses skis. Sans compter bien sur l’après-ski, avec une ambiance folle, des milliers de personnes qui dansent. Il y a de la vie », exulte l’ancien moniteur de ski.

En Suisse, ce sont surtout les mentalités qui sont difficiles à faire évoluer, selon Luc Reversade. « Nous avons démarché plusieurs stations pour leur présenter notre concept. Pour l'instant, Verbier et Gstaad n’en veulent pas. Crans Montana est la seule station suisse qui a une vision moderne. Nous sommes en négociations pour y ouvrir un établissement. Par contre, il y a une bonne dynamique dans les stations grisonnes de Davos et Arosa. Nous pourrions y investir un jour. »

L’homme d’affaires, connu pour ses spectacles à ciel ouvert, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il projette aujourd’hui de lancer des hôtels en France et en Suisse sur la base du concept de ses restaurants, soit festifs et haut de gamme. « Nous avons déjà des investisseurs, reste maintenant à concrétiser les différents projets. » Avec toujours comme objectif : en faire « the place to be ». 

A travers les cinq établissements dont il est propriétaire, Luc Reversade emploie 400 collaborateurs pour un chiffre d’affaires avoisinant les 20 millions de francs.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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