Bilan

Des scooters genevois qui carburent à l’hydrogène

La start-up genevoise Stor-H est sur le point de clôturer une levée de fonds de 10 millions d’euros pour déployer ses cartouches remplies d’hydrogène vert. Elle espère séduire tous les amateurs de deux ou trois roues dès 2022.

Les premiers véhicules pilotes roulant à l’hydrogène seront proposés dans le courant du mois de juin au sein de quelques entreprises

Crédits: DR

Stéphane Aver saisit une sorte de canette et la présente devant la caméra de son ordinateur lors d’une conférence téléphonique. «Elle n’est pas plus grande qu’un stylo bille», compare le président d’Aaqius, la société mère de la start-up genevoise Stor-H.

Cette cartouche ne contient pas de soda mais de l’hydrogène vert, c’est-à-dire fabriqué à partir d’un processus d’électrolyse de l’eau. Le procédé est dit vert car il est réalisé à partir d’électricité renouvelable.

L’eau (H2O), décomposée à l’aide d’un courant électrique, permet d’obtenir de l’hydrogène qui est stocké dans ces cartouches. Celles-ci s’insèrent dans des véhicules de 2, 3 ou 4 routes de moins de 12kW. Autrement dit, des vélos, scooters, trottinettes ou petits véhicules utilitaires. «Il en suffit de deux cartouches pour qu’un scooter puisse parcourir 100 kilomètres», poursuit Stéphane Aver.

Nouveau modèle d'affaires

Pour déployer des flottes de véhicules à propulsion hydrogène, financer l’industrialisation et poursuivre son développement en Europe, au Maroc et en Chine, la start-up genevoise a lancé une nouvelle levée de fonds de 10 millions d’euros auprès d’investisseurs historiques suisses, plusieurs family offices ainsi que des groupes industriels. Ce tour de financement sera clôturé durant l’été. Fin 2022, une nouvelle levée de fonds de 22 millions d’euros est déjà prévue.

La start-up genevoise qui compte actuellement 22 collaborateurs et qui prévoit de doubler ses effectifs d’ici 2022, veut mettre en place un nouveau modèle d’affaires, en proposant un système de forfait aux utilisateurs. Un abonnement mensuel - variant de moins de 100 francs à près de 400 francs par mois - permettra de choisir le véhicule de son choix, avec tous les services compris.

Les cartouches pourront être remplacées et rechargées, via un réseau de distributeurs. Un système de recharge à domicile sera également prévu. «L’hydrogène est stocké à très basse pression, ce qui rend la manipulation des cartouches totalement sûre, simple et bon marché», assure Stéphane Aver.

Premiers essais en juin

Tout est fabriqué localement. L’hydrogène est acheté au sein des SIG. Les cartouches sont produites chez Jean Gallay à Genève. Et l’électronique est réalisée dans une entreprise du canton de Vaud. «Ainsi, par rapport à l’électrique, le coût au kilomètre sera de 10 à 15% moins cher pour un client européen et jusqu’à 30% de moins pour un client asiatique», ajoute Stéphane Aver qui s’appuie sur une équipe opérationnelle constituée d’Alain Diboine (ancien responsable de la production chez Renault), Frédéric Touvard (ex-directeur des opérations chez Air Liquide) et Anne Mandron (ancienne directrice commerciale chez Solar Impulse).

La jeune entreprise travaille avec différents fabricants, à l’exemple de Cycleurope pour les vélos ou mob-ion pour les scooters. Les premiers véhicules pilotes roulant à l’hydrogène seront proposés dans le courant du mois de juin au sein de quelques entreprises, à l’exemple d’Hitachi ABB ou les SIG. Il s’agira de véhicules d’entreprises.

Puis, Stor-H espère séduire tous les amateurs de deux ou trois roues dès 2022. «250'000 véhicules devraient être équipés de notre technologie d’ici 2025», prévoit Stéphane Aver qui espère enregistrer un chiffre d’affaires pour Stor-H de 1 million en 2021 et 135 millions d’ici 2025.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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