Bilan

Des pizzas à l’assaut de la Suisse romande

Figurant parmi les leaders helvétiques de la livraison de pizzas, la société 10’dieci basée dans le canton de Zurich veut séduire une nouvelle clientèle de ce côté-ci de la Sarine.

10’dieci livre quelque 2,2 millions de pizzas par an.

Crédits: Dr

L’histoire du service de livraison de pizzas 10’dieci tient déjà de la légende. A la fin des années 1970, l’Italien Rocco Delli Colli quitte la région de Rome pour la Suisse avec le projet d’y exercer sa profession de monteur électricien. Le jeune homme s’installe à Rapperswil (SG) et constate que l’on n’y mange guère de pizzas, du moins à l’époque.

Après avoir notamment lancé un des premiers vidéoclubs de Suisse consacré au cinéma italien, cet entrepreneur dans l’âme fonde le 10’dieci bar & pizza, en 1990. Pour les ingrédients de ses pizzas, il sollicite des fournisseurs italiens de son réseau de fils de paysan. Afin d’éviter l’attente de la clientèle venue commander, il embauche des livreurs qui sillonnent la ville en Vespa. Le succès est tel qu’il lui faudra vite se tourner vers des Fiat Panda à la capacité de 60 pizzas par course.

700 à 950 collaborateurs en fonction de la saison

Aujourd’hui, 10’dieci partage le leadership helvétique de la livraison de pizzas avec deux chaînes internationales: l’américaine Domino’s et l’espagnole Telepizza qui a acquis en 2017 la marque helvétique Pizza Blitz. La croissance passe maintenant par la Suisse romande. «Nous y avons commencé notre expansion il y a trois ans, explique Anthony Feinberg, responsable pour la région francophone. Nous venons d’ouvrir une enseigne à Lausanne-Ouest. A Genève, deux nouveaux points de vente doivent venir s’ajouter à notre filiale des Eaux-Vives. Nous sommes aussi présents à Pully, Morges et Fribourg.»

La firme occupe 700 à 950 collaborateurs en fonction de la saison dans 37 établissements et livre quelque 2,2 millions de pizzas par année. Elle mise sur l’italianité avec des produits importés frais, des gelati al limone maison et de spécialités de pâtes. «L’objectif est d’ouvrir entre 10 et 15 succursales de ce côté-ci de la Sarine. Nous envisageons d’inaugurer quatre filiales par an dans l’idée d’en exploiter au total entre quarante et cinquante. Une expansion vers les pays voisins n’est pas exclue», reprend Anthony Feinberg.

Les franchises et le bouche-à-oreille

Rocco Delli Colli, fondateur en 1990  du premier 10’dieci. (Crédits: Dr)

CEO de la compagnie depuis 2011, Patrick Bircher est celui qui a mis 10’dieci sur les rails d’une croissance à deux chiffres. Ce spécialiste en économie diplômé de l’Université de Zurich a déployé l’offre de l’entreprise sur internet et sur smartphone. La plupart des établissements sont gérés par un franchisé qui travaille comme indépendant d’après les directives de 10’dieci.

Passionné de football, Rocco Delli Colli est de son côté depuis plus de dix ans le président du FC Rapperswil-Jona. Dans une interview accordée au magazine en ligne Watson, il confie qu’au milieu des années 1990, 10’dieci est passé tout près de la faillite. «Durant les premières années, je dirigeais moi-même toutes les filiales, ce qui était une erreur. Car l’affaire est devenue une réussite dès que nous avons introduit le système de franchise.»

La compagnie affiche ainsi une longueur d’avance en 2002, lorsque le marché de la livraison de repas connaît un énorme boom, dopé par internet. Au journaliste de Watson qui lui demande pourquoi il ne médiatise pas davantage son histoire de laveur d’assiettes devenu un entrepreneur à succès, il répond: «Je souhaite que l’histoire de la firme fonctionne indépendamment de ma personne. Nous misons sur le bouche-à-oreille. Nous ne voulons pas que le public fasse notre connaissance sur la base d’un argument publicitaire.» 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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