Bilan

Séjours sportifs: Decathlon vise le combiné gagnant

La chaîne de magasins sportifs cherche à étendre son offre. Elle met au point des partenariats de manière à proposer forfait de remontées mécaniques, hébergement et location de matériel. Le projet sera lancé à l’automne.

Intérieur du Decathlon de Brétigny-sur-Orge.

Crédits: Lionel Allorge - Wikipédia.

Une plateforme et surtout une multitude d’activités: Decathlon a pour objectif de développer ses expériences à l’automne. La chaîne de magasins d’articles de sports va dans un premier temps s’implanter sur le marché de l’hébergement et des tickets de remontées mécaniques. Ensuite, elle proposera la location de VTTs, de skis et snowboards.

Decathlon Expérience prend donc la forme d’un tour-opérateur. «Il y a de grosses parts de marché à aller chercher. Et pour cela, il faut se réinventer», affirme Gregory Barbezat, directeur du développement international de Decathlon.ski. Concrètement, cela se traduit par des partenariats passés entre les établissements des différentes stations, les remontées mécaniques et Decathlon.

La chaîne de magasins suit un développement logique du côté des forfaits de ski, puisque la famille détenant Decathlon possède des parts dans la société e-Liberty. L'entreprise est notamment présente en Suisse, à Neuchâtel, et figure parmi les leaders des solutions de vente d’abonnements.

Sur le site Decathlon.ski, le client indique ce qu’il recherche: dans quel pays il souhaite skier, quelle région l’intéresse, son niveau lattes aux pieds, et ensuite il sera redirigé vers les offres pouvant le séduire. Les stations jouent le jeu, à l’image de Saas-Fee. «Nous sommes prêts à travailler avec Decathlon. Les tour opérateurs représentent une partie importante de nos ventes, surtout à l’étranger», confie Yolanda Bond, porte-parole de Saastal Tourismus.

Surtout, les grandes stations ont largement développé leur offre d’hiver au cours des dernières décennies. De quoi encourager les nouveaux venus à proposer autre chose. «Crans-Montana possède encore un potentiel de développement dans le cadre existant de ses capacités d’accueil. En effet, la destination peut encore se développer avec l’offre actuelle. Cependant, certaines périodes sont déjà fortement remplies, et par conséquent, nous recherchons des tours opérateurs qui souhaitent développer une offre aussi en dehors de ces périodes de fortes affluences», affirme Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme et Congrès.

Crans-Montana cherche donc à attirer des touristes toute l'année, et pas seulement aux périodes habituelles.

Tout schuss

La partie sports d’hiver sera lancée en premier. Elle a pour but de simplifier le processus de réservation, qui se révèle parfois pénible lorsqu’il faut réserver tous ingrédients d’un séjour à ski séparément. Ensuite, en 2021, Decathlon lancera la partie été, avec notamment des offres combinées VTT.

Le territoire est grand, et Gregory Barbezat parle de quelque 100’000 hébergements entre la Suisse et la France.  Des investissements ont permis d’employer des personnes à Chamonix, de réaliser le développement du site à Barcelone et d’aussi compter sur une petite équipe à Neuchâtel.

Une offre logique

Stratégiquement, devenir un voyagiste fait du sens pour Decathlon. D’une part, parce la marque jouit d’une très belle réputation dans le monde. En France, en Suisse mais aussi en Europe, Decathlon s’est assuré une bonne image. Divers classements en témoignent.

Source: Rankingthebrands.com
Source: RepTrak CSR 2018.

Fort de sa réputation, Decathlon s’est également construit une base de données conséquente. Une base qui lui permet d’affiner ses recommandations. «Quand on va en magasin, on sait qu’on aura des conseils. On vise à redonner la même expérience lorsque l’on réserve ses vacances» explique le directeur du développement international de la marque.

A titre d’exemple, Decathlon compte plus de 350’000 clients ayant acheté un masque de ski, soit autant de skieurs potentiellement intéressés par des offres combinées. Les partenariats passés avec les différentes stations serviront notamment à s’assurer que l’offre et la demande soient en adéquation.

Yolanda Bond évoque les réglementations précises présentes à Saas Fee et dans les alentours. Le but est de ne pas laisser construire n’importe quoi et le principe de «nature avant le tourisme» est de mise. «Il n’y a par conséquent pas d’inquiétude à avoir sur le fait que notre destination de vacances puisse être trop fréquentée.» A noter que tant du côté de Saas Fee que de Crans-Montana, les offices du tourisme font état d’une clientèle plutôt sportive. Ski, VTT, golf ou encore randonnée sont autant d’activités que recherchent les visiteurs. Tous ces sports nécessitent des équipements que Decathlon possède et vend. De quoi créer des synergies intéressantes.

Sur Twitter également, Decathlon se montre proche de son public. Le compte est très bien géré, et Yann figure au panthéon des community managers.

La concurrence, comme Airbnb ou Booking.com, sont à des stades plus ou moins avancés de leurs offres. «Decathlon n’a pas de l’avance, mais a les capacités pour devenir un leader», affirme Gregory Barbezat. La partie conseil et personnalisation est primordiale, et Decathlon y met beaucoup de forces. Un call center, un service client en plusieurs langues et également la possibilité de retirer le forfait en magasin ou de se le faire livrer. «On a les données», assure encore le directeur.

Désormais, il s’agit de travailler l’ergonomie et l’interface utilisateur du site, afin de le rendre accessible sur toutes les plateformes. Le lancement est programmé pour le mois d’octobre, mais il dépend de la crise sanitaire. En cas de seconde vague, les stations pourraient bien fermer leurs portes au moment du lancement.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."