Bilan

Debiopharm finance une chaire à l’IMD

Pour favoriser la formation de philanthropes et encourager la recherche, la société biopharmaceutique investit plusieurs millions. Interview de son coprésident.
  • Thierry Mauvernay a choisi d’axer la chaire sur les besoins des entreprises familiales.

    Crédits: Hélène Tobler
  • Crédits: Hélène Tobler

L’IMD, une des business schools les plus réputées du monde, va prochainement étendre ses activités d’enseignement et de recherche. Grâce au soutien de la société biopharmaceutique Debiopharm, active dans le développement et la fabrication de médicaments, cette haute école de Lausanne créera une chaire de philanthropie axée sur les besoins des entreprises familiales dans ce domaine. Coprésident de Debiopharm Group, Thierry Mauvernay explique ses motivations.  

Pour quelles raisons avez-vous décidé de financer la création d’une chaire de philanthropie pour plusieurs millions de francs sur une durée de quinze ans? 

Beaucoup de personnes ou d’entreprises s’engagent sur des coups de cœur pour des causes qui les touchent en versant des dons, mais leur action n’est souvent pas axée suffisamment sur le long terme. Or, ce raisonnement peut entraîner une mauvaise utilisation de l’argent. Gaspiller un franc en Suisse, c’est déjà un peu stupide, mais le faire en Ouganda, par exemple, c’est dramatique. Je suis persuadé que la philanthropie pourrait gagner en efficacité et profiter à un plus grand nombre de bénéficiaires si elle était mieux structurée.  

Quels objectifs cette chaire doit-elle atteindre?

A la différence des autres institutions déjà actives dans ce domaine, cette chaire concentrera ses activités de formation et de recherche sur les entreprises familiales actives qui représentent 70 à 80% du tissu économique. Comment professionnaliser cette activité qui relève trop souvent d’une sorte d’amateurisme? Comment en faire un outil pour rassembler les actionnaires familiaux, intégrer les nouvelles générations ainsi que les collaborateurs d’une entreprise autour des mêmes valeurs? Comment organiser et améliorer l’efficacité des activités philanthropiques au sein d’une famille? Ce sont là quelques exemples parmi d’autres. 

Votre famille est active dans la philanthropie par le biais de la Fondation Next (lire ci-dessus) que vous présidez. Quelle est votre motivation personnelle?

Aider les autres, c’est fabuleux. Je reconnais que c’est une motivation teintée d’un peu d’égoïsme puisque cette activité m’enthousiasme. Cette fondation devrait permettre non seulement de soutenir des activités caritatives, mais aussi d’intégrer la troisième génération au sein de l’entreprise, tout en leur montrant la valeur des choses et de l’argent.

L’Etat ne doit-il pas encourager la philanthropie en défiscalisant entièrement les dons?

Ce n’est pas primordial. Le plus important actuellement, c’est de faire de la philanthropie une activité beaucoup plus professionnelle: sélection des projets, planification de l’aide et suivi des réalisations en fonction des objectifs, etc.  

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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