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De l’eau de rose dans l’empire Murdoch

Avocat, aventurier du Grand-Nord, marchand de fourrure, comptable: né en 1903 à Manitoba au Canada, Richard Bonnycastle a déjà mené plusieurs vies lorsqu’il fonde les publications Harlequin en 1949 avec deux professionnels de la presse, Jack Palmer et Doug Weld. Basé à Toronto, l’éditeur développe son business model autour de la réimpression de romans bon marché. Au départ, le catalogue de la maison propose des histoires policières (Agatha Christie, Sir Arthur Conan Doyle), des feuilletons divers (Somerset Maugham) ainsi qu’une section consacrée à la littérature culinaire. Le tout premier livre publié par Harlequin s’intitule «The Manatee», de Nancy Bruff, une étrange romance entre un marin maudit et une quaker innocente. («The Manatee», le tout premier livre publié en 1949 par Harlequin, raconte une étrange romance entre un marin maudit et une quaker innocente.)
1975Actif sur le marché américain dont il tire 70% de son chiffre d’affaires, Harlequin ne publie pourtant que des écrivains anglais. En 1975, l’éditeur sort un roman de Janet Dailey, sa première auteure américaine, mais sans trop y croire, ne voyant pas la différence entre une lectrice de Dallas et de Bristol. Harlequin rompt sa collaboration avec ses distributeurs américains qui vont illico s’enfiler dans la brèche de la romance made in USA. Simon & Schuster lance Silhouette Books et fait un carton. Richard Bonnycastle Jr. admet avoir loupé le coche et crée Harlequin Super Romance, une collection faite par et pour les Américaines. D’autres éditeurs tentent alors l’aventure de la littérature à l’eau de rose. La guerre des romans d’amour est déclarée. (La guerre des romans d’amour est déclarée. La collection Harlequin Super Romance est créée en 1975.)
2014Harlequin vend chaque année 130  millions de livres dans 109 pays et ses revenus atteignent le demi-milliard. Pris dans le marasme de la crise de la presse, son propriétaire cherche alors à se séparer de cette machine de guerre pour régler ses dettes. Le magnat des médias Rupert Murdoch s’offre ainsi le roi du roman d’amour pour 455  millions de dollars canadiens (360 millions de francs). Le patron de News Corp prévoit de l’intégrer à sa division d’édition HarperCollins avant la fin de l’année 2014. Dans quel but? Murdoch, n’achetant rien à la légère, va ainsi profiter d’une entreprise hautement rentable, capable de sortir plus de 100 livres par mois. Surtout, il va pouvoir étendre son réseau de diffusion. Les romans Harlequin sont traduits dans une trentaine de langues alors que ceux édités par HarperCollins restent destinés à une population strictement anglophone.(Son nouveau propriétaire, le patron de News Corp, prévoit de l’intégrer à sa division d’édition HarperCollins.)
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1951-1953

1967-1971

1973

1981-2012 -