Bilan

De grosses inquiétudes pour l’industrie des machines

Les difficultés de la branche de l'industrie des machines en Suisse se confirment comme le montrent les résultats de plusieurs entreprises. L’année 2020 s’annonce aussi difficile, d’autant que le franc s’est apprécié.

Comme d'autres acteurs de la branche des machines, Tornos a souffert l'an dernier.

Crédits: Keystone

Les résultats de plusieurs entreprises actives dans l’industrie des machines confirment les craintes émises l’an dernier par leur organisation faîtière Swissmem. La situation devient de plus en plus périlleuse comme le montrent les baisses des chiffres d’affaires et des entrées de commandes. En 2019, la restructuration de l’industrie automobile, les conflits commerciaux, le Brexit et les incertitudes politiques et économiques se sont répercutés négativement sur les affaires de la branche.

Les marges bénéficiaires reculent

Les difficultés des constructeurs automobiles et le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine ont joué un mauvais tour à Komax. Installé à Dierikon, le fabricant lucernois d'installations de fabrication de câbles a enregistré un chiffre d’affaires en baisse 13% à 415 millions de francs et des entrées de commande en recul de 18% à 409 millions de francs. De son côté, la marge opérationnelle (Ebit) a dégringolé à 5,5% contre 14% en 2018.

La chute de la rentabilité s’explique par des charges supplémentaires liées au développement de nouvelles technologies destinées à des clients de l’industrie automobile. Résultat: Komax n’exclut pas de devoir procéder à des licenciements dans le cadre de la révision de ses structures. Pour l’heure, elle introduira dès le mois mars le chômage partiel pour 550 salariés sur les 700 qui travaillent sur ses sites helvétiques.

En raison d’un environnement difficile, Rieter a annoncé la suppression de 87 emplois dans le montage des machines à son siège de Winterthour. Soit l’équivalent de 9% de ses effectifs helvétiques qui s’élèvent à 980 collaborateurs. La production sera délocalisée en Chine et en Inde. Selon le patron de Rieter, l'origine suisse des produits importe peu dans l'industrie de la filature, même pour des machines haut de gamme.

L’an dernier, le fabricant zurichois de machines textiles a enregistré une diminution de son chiffre d’affaires de 29% à 760 millions de francs. Celui-ci a même plongé de 42% dans sa principale division (machines & systems). Les ventes ont baissé dans toutes les régions, mais surtout en Asie qui est un important débouché.

Chômage partiel à Moutier

A Moutier, Tornos a été elle aussi pénalisée par la transformation de l’industrie automobile. «De nombreux projets d’investissement de ce secteur ont été stoppés ou reportés. Le manque à gagner s’est également traduit par une palette de produits plus défavorable», indique la société. En 2019, son chiffre d’affaires a reculé de 4,4% à 205 millions de francs, alors que les entrées de commandes ont chuté de 45% à 135 millions de francs. La rentabilité, qui sera communiquée prochainement, s’annonce inférieure à celle de 2018. Pour faire face à la situation, l’entreprise du Jura bernois compte introduire le chômage partiel à partir du mois de mars.

Dans le canton de Vaud, Bobst prévoit un chiffre d’affaires 2019 plus ou moins identique à celui de l’année précédente (1,6 milliard de francs) et une marge opérationnelle (ebit) inférieure à 5%. La situation du fabricant de machines d’emballages installé à Mex ne devrait pas s’améliorer en 2020 en raison du recul des ventes et de la hausse des dépenses de marketing.

Le franc s'apprécie

L’appréciation de la devise helvétique depuis le début de l’année autour de 1,07 franc pour 1 euro risque d’affecter encore davantage la rentabilité des entreprises. Dans cet environnement, Swissmem juge préoccupante la pratique partiellement très restrictive de certains cantons en matière d’octroi d’une autorisation de chômage partiel. L’organisation faîtière de l’industrie des machines exige que le délai d’attente pour le chômage partiel soit ramené à un jour et que la durée d’indemnisation grimpe de 12 à 18 mois.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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