Bilan

«Créer de la valeur ajoutée pour le patient»

Pour Daniel Liedtke, CEO du groupe Hirslanden, basé à Zurich, le domaine de la santé doit rationaliser son fonctionnement dans le but d’optimiser la qualité des soins.

  • «Hirslanden ne cherche pas à accumuler le plus grand nombre de cliniques.»

    Crédits: Hirslanden
  • Crédits: Hirslanden

Vous croyez fermement au développement des soins médicaux tout au long du cycle de vie d’une personne. De quoi s’agit-il?

Pour nous, la santé et les besoins individuels concernant le bien-être des personnes sont au centre de chaque situation, tout au long du cycle de vie. Nous prenons en considération chaque individu non seulement en tant que patient mais surtout comme personne en bonne santé. Dans cet objectif, nous élargissons donc continuellement notre gamme de services, que ce soit dans les domaines du bien-être, de la prévention, du diagnostic, le traitement ou du suivi du patient, de manière physique ou digitale. Nous avons nommé «continuum of care», cette prise en charge complète à travers toute la Suisse pour toutes les questions de santé au sein de notre réseau ambulatoire et stationnaire.

En tant que filiale de Mediclinic International, société cotée à la Bourse de Londres, Hirslanden est également attendu sur la qualité de ses résultats financiers. Au début de cette année, Hirslanden a conclu un partenariat avec Medbase, réseau de cabinets médicaux du groupe Migros. Quels sont les avantages de cette coopération du point de vue des revenus?

Avant tout, l’objectif de toute coopération est d’ouvrir nos compétences de base à un public encore plus large et de le convaincre de la haute qualité de nos services. La coopération avec Medbase ne vise pas principalement à atteindre des objectifs financiers à court terme, mais plutôt à assurer notre avenir en établissant des soins intégrés basés sur le partenariat. Cette alliance crée une valeur ajoutée pour les patients, qui reçoivent des soins appropriés sur de longues périodes du parcours de soins intégrés. C’est aussi un avantage pour la société dans son ensemble, car la mise en réseau cohérente d’un large éventail d’offres de services complémentaires est essentielle pour un système de soins de santé abordable, efficace et fonctionnel.

Le principal concurrent de Hirslanden est Swiss Medical Network, avec le Romand Antoine Hubert comme administrateur délégué. De l’extérieur, on a l’impression que les deux groupes se battent pour acquérir le plus grand nombre possible de cliniques. Est-ce vraiment le cas?

Non, ce n’est pas le cas de Hirslanden. Nous ne cherchons pas à accumuler le plus grand nombre de cliniques. L’acquisition d’un nouvel établissement n’a de sens pour nous que s’il s’intègre dans un réseau de soins régional existant. Dans ce contexte, on parle de «Hub and Spoke». Dans un tel hub, nous déployons une médecine complexe complète incluant les soins intensifs. Dans un spoke, les services médicaux sont limités à la médecine d’urgence, au diagnostic et à la médecine interne, y compris certains domaines spécialisés comme l’orthopédie. L’interaction entre le Hub et le Spoke crée une offre médicale régionale complète pour les patientes et les patients. Ce qui n’a plus de sens du point de vue actuel, c’est d’acheter et d’exploiter un hôpital de petite ou moyenne taille sans possibilité d’intégration dans notre concept de «Hub and Spoke». Le modèle d’augmenter le portefeuille de cliniques sans se soucier de leur complémentarité ne fonctionne plus aujourd’hui.

Hirslanden travaille avec des institutions publiques telles que les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Hôpital cantonal de Bâle-Campagne (KSBL). Comment fonctionne cette coopération?

A Genève, nous travaillons avec les HUG à la construction d’une très grande clinique de jour pour la chirurgie ambulatoire. Nous répondons ainsi à la demande croissante de nos patients pour des services chirurgicaux ambulatoires, tout en satisfaisant les exigences de la société et des autorités politiques en matière de médecine économiquement viable et efficace.

Nous avons conclu un partenariat avec KSBL dans le domaine de l’appareil locomoteur. Ce partenariat public-privé permettra de créer une gamme complète de services hospitaliers et ambulatoires dans le domaine de l’appareil locomoteur, de la traumatologie gériatrique et de la réadaptation musculo-squelettique dans le nord-ouest de la Suisse.

Dans quelle mesure ces coopérations avec le secteur public sont-elles intéressantes pour Hirslanden?

Nous sommes convaincus que de telles coopérations permettront de regrouper les compétences et d’éviter les doublons. Il existe également de nombreuses études qui montrent que le regroupement des compétences a un effet positif sur la qualité. C’est crucial pour nous, car la satisfaction de nos patients quant à la qualité du traitement est supérieure à la moyenne suisse en la matière. Cet automne, par exemple, la Clinique des Grangettes a remporté un prix de la CSS, l’assureur maladie suisse, dans la catégorie satisfaction et recommandation des patients.

Une des façons de contenir l’explosion des coûts du système de santé est de favoriser les soins ambulatoires au détriment des séjours à l’hôpital. Est-ce également une tendance chez Hirslanden?

Oui, le développement des soins ambulatoires est une tendance importante et justifiée. Hirslanden s’engage activement dans ce sens en mettant en place un réseau de centres de chirurgie ambulatoire à l’échelon national. En avril de cette année, nous avons repris un centre à Zumikon dans le canton de Zurich, complétant ainsi les centres existants Bellaria à Zurich et St. Anna im Bahnhof à Lucerne. Un centre à Saint-Gall est en phase d’ouverture et un autre est prévu à Berne. En collaboration avec les HUG, nous allons construire à Genève le plus grand centre de chirurgie ambulatoire de Suisse.


Daniel Liedtke

CEO du groupe Hirslanden depuis 2019, Daniel Liedtke a occupé différents postes à responsabilités dans l’entreprise. Ce Suisse Alémanique présente un parcours professionnel atypique. Il a commencé sa carrière par un diplôme d’électronicien en automobiles. Puis il décroche un diplôme en physiothérapie, avant de s’engager dans une formation dans l’ostéopathie. Il effectue ensuite diverses formations en gestion, dont un Doctor of Business Administration de l’université Charles-Sturt (Australie).

Ce père de cinq enfants siège également depuis une année au comité d’economieSuisse, association faîtière de l’industrie helvétique.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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